Pacte avec le diable.

En provenance d’Israël, plus rien ne nous étonne. Le journal Maariv révèle que des hommes politiques de gauche demandent, conseillent à Arafat de tuer les colons juifs en vue de sauver les habitants de l’intérieur du pays. Cela relève de la courte-vue politique si ce n’est de la lâcheté ou de la démence pure et simple. Car, comment comprendre une telle position?

Cette attitude nous fait penser à ces chefs des communautés juives qui, du temps des nazis, pour être épargnés, avaient sacrifié vieillards et faibles. Tout le monde a su par la suite que l’appétit sanguinaire des Allemands avait fini par broyer ceux-là mêmes qui les ont aidés et qui leur ont facilité la tâche. Combien il est redoutable de faire un pacte avec le diable.

Tempête orchestrée.

Toujours en Israël, l’interdiction à l’orchestre philharmonique allemand sous la direction du chef israélien Daniel Birnbaum de jouer une oeuvre du compositeur allemand anti-sémite Wagner semblait faire l’unanimité de la Knèssèt et de tous les organismes publics. Seulement, le chef d’orchestre en a décidé autrement. Ne tenant aucun compte de la sensibilité des rescapés des fours crématoires et de leurs familles, surtout des avis hostiles et contraires exprimés au sein de la société israélienne, il a dirigé une oeuvre de Wagner. Il est vrai qu’il avait pris le soin d’inviter les intéressés à rester et les autres sortir. Au demeurant, ce coup de force n’a servi finalement qu’à diviser une fois de plus la société israélienne.

Pinhas.

Sur le conseil de Bil’âm, Balaq avait lâché les femmes midyanites dans le but de séduire les Israélites et les inciter à adorer la divinité de Péôr. Ce conseil fit des ravages, et les morts atteints par l’épidémie fut de 24.000.

Zimri Bèn Salou, prince de la tribu de Chimôn, insensible au malheur frappant Israël, succombe aux charmes de Kozbi, la propre fille de Balaq. Il demande à Mochè, en présence de tout le Sanhédrin : cette midyanite est-elle permise? Si elle est interdite qui t’a permis la fille de Yitro? Devant tant d’impudence, Mochè ne réagit pas. Mais Pinhas, intervenant, rappelle à Mochè la halakha : quiconque cohabite avec une aramite, une idolâtre, les zélés doivent le frapper à mort. Sur l’ordre de Mochè, Pinhas exécute la sentence, arrêtant aussitôt l’épidémie qui décimait le peuple et rétablissant ainsi la paix entre D’ieu et Israël. Par cet acte de bravoure, D’ieu contracte Son Alliance avec Pinhas qui eut le mérite d’être Kohène et, s’incarnant en Èliyahou, il annoncera la délivrance d’Israël.

Où va la politique israélienne?

Depuis que Sharon est premier ministre d’Israël, peu de changements ont été enregistrés sur le terrain. Les attaques et les attentats se poursuivent. Les réactions et les ripostes continuent. Absence ou peu d’initiative politique et militaire. L’impression est que le gouvernement d’union nationale est l’otage du ministre des affaires étrangères Shimon Péres en raison de son esprit d’indépendance face aux décisions majeures. L’autre impression, non moins importante, laisse entrevoir le souci constant de Sharon de protéger l’équilibre politique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Israël.

La situation est loin d’être simple et les décisions à prendre nécessitent, il est vrai, la prise en compte de l’opinion d’Israël et de ses intérêts vitaux sans oublier l’opinion des nations amies ou ennemies.

Comment s’en sortir? Il ne reste qu’une voie à explorer et qui demeure la plus efficace. Face à la complexité de cette situation, il nous semble que le gouvernement devrait démontrer plus de confiance en D’ieu. Nombreux sont ceux qui aujourd’hui comprennent que l’issue ne saurait dépendre que de D’ieu. Qu’attendent donc ceux qui résistent encore à faire ce pas décisif?

La dernière mission de Mochè.

À la suite du conseil de Bil’âm, les femmes midyanites se sont livrées à la débauche entraînant Israël à adorer la divinité de Péôr. La colère divine frappe Israël, faisant périr 24.000. Pinhas venge l’honneur de D’ieu et arrête cette épidémie.

Bil’âm, de retour à Midyane, demande le salaire dû pour avoir, sans coup férir, provoqué la mort de 24.000. Alors D’ieu dit à Mochè : Exerce sur les Midyanites la vengeance due aux enfants d’Israël; après quoi tu seras réuni à tes pères. Mochè réalise donc que sa mort dépend de cette vengeance. C’est dire qu’il aurait pu continuer à vivre tant qu’il ne remplit pas cette mission. Plutôt que de laisser attendre la vengeance due à Israël, il décide de l’exécuter rapidement et, pour mieux s’assurer de la collaboration d’Israël, il lui transmet l’ordre divin en prenant soin de souligner de combattre Midyane pour exercer sur lui la vindicte de l’Ét’ernel.

Israël, conscient de la mort imminente de Mochè reliée à l’exécution de cette mission, refuse de livrer ce combat. Il fallut toute la pression exercée par Mochè pour qu’Israël acceptât d’exécuter l’ordre divin.

Voilà donc un peuple merveilleux, digne de louanges. Toutes les occasions pour contester Mochè et se révolter contre lui étaient bonnes. Mais dès qu’il apprend que la mort de Mochè dépend de son exécution de l’ordre divin, il refuse toute obéissance.

Tich’â bé-Av.

Il y a 1933 ans, le second Temple fut détruit et suivi de ce long exil des Juifs à travers le monde. Les maîtres du Talmoud affirment : toute génération n’ayant pas vu la reconstruction du Temple en son temps se considérera comme responsable de sa destruction.

Aujourd’hui, la situation est plus grave. En effet, les autorités du Waqf poursuivent leur politique de destruction systématique de tout vestige et de toute trace témoignant de l’existence du Temple. Ces travaux se font sous les yeux des autorités policières et politiques d’Israël. Nul ne saurait ignorer, ni ne pourrait invoquer l’ignorance, l’existence de ces travaux et l’objectif avoué qu’ils visent. Mais l’appareillage lourd servant à l’exécution de ces travaux échappe apparemment à la vigilance des autorités!

Le jeûne du 9 Av.

Cette année, le 9 Av tombe dimanche 29 juillet. Afin d’éviter de porter des chaussures pour Tich’â bé-Av (espadrilles ou autres...) et de transporter les siddourim pendant le chabbat, il est vivement conseillé de les avoir déjà au Bèt ha-Knèssèt dès vendredi, avant l’entrée du Chabbat.

Le Chabbat, veille de Tich’â bé-Av, la consommation de la viande et du vin est permise. Pour Séôuda chélichit qui est également le repas précédant le jeûne, il n’y a pas de restriction. Donc la viande et le vin sont permis. Le repas, servi à table, prendra fin avant 20h30.

Minha aura lieu vers 18 heures afin de pouvoir repartir et faire Séôuda ha-mafsèqèt, le repas précédant le jeûne, et revenir pour Ârbit débutant à 21 heures.

Chahrit de Tich’â bé-Av débutera à 7h.

Étude de texte concernant la destruction du Temple à 18h et Minha à 19h30. La fin du jeûne est à 21h10.

Fasse le Saint béni soit-Il que ce Tich’â bé-Av soit le dernier et la fin de l’exil. Amen.

Dévarim.

Le cycle de lecture de la Tora entre dans le cinquième livre Dévarim ou Deutéronome. Il est également appelé Michenè Tora, Répétition de la Tora. Mochè, 36 jours (wé-èllè, et voici, premier mot de Dévarim, a pour valeur numérique 36) avant sa mort, adresse son dernier message à tout Israël. Voilà donc un dirigeant qui, arrivé au terme de sa mission, plutôt que de prendre une retraite bien méritée se soucie du bien-être moral et spirituel de son peuple. Il s’emploie donc à instruire, à enseigner, à éduquer et s’il le faut à réprimander Israël pour ses manquements à bonne conduite morale. Il se tient devant tout Israël réuni pour la circonstance pour lui faire part de ses reproches pour les fautes les plus graves : la révolte sur la Mer rouge, pour la manne, le veau d’or, la révolte de Qorah et la médisance des explorateurs.

C’est à juste raison que Mochè a attendu la fin de sa vie pour adresser ses reproches à Israël. Ne pouvant être taxé de partialité puisqu’il ne vise aucun intérêt personnel, ses reproches seront pris au sérieux pour atteindre l’objectif final, le réhabilitation morale du peuple, et aspirer à une fidèle attachement à D’ieu.

Aussi le Midrache affirme-t-il avec force : Les reproches de Mochè visent mieux [le bien-être d’Israël] que les bénédictions de Bil’âm.

Incidents sur le Mont du Temple.

Précisons, il s’agit bien du Mont du Temple et non comme certains le désignent l’esplanade des Mosquées. Est-il nécessaire de rappeler que la première mosquée ne fut construite que 1500 ans après que le Temple fut érigé à la place même où elle se tient actuellement?

En vérité, les juifs s’interdisent, conformément à la halakha, de pénétrer dans le périmètre du Mont du Temple par crainte de se retrouver dans l’emplacement du Qodèche ha-Qodachim, le Saint des Saints, mais de là à leur nier toute appartenance à tout ce qu’il a de plus saint et vénéré ne saurait se justifier. À moins qu’on ne veuille une fois de plus occulter l’histoire et la corriger à sa guise.

Sans doute, est-ce dans cette perspective qu’il faut voir les dernières manifestations de violence des Palestiniens en ce jour de Tichâ bé-Ab. Encouragés et soutenus par des Députés arabes, ils ont eu recours à des démonstrations de force face aux Fidèles du Temple qui, pour exprimer ou pour susciter un intérêt pour la reconstruction du Temple, se sont contentés, suivant les limites imposées par la décision de la Cour Suprême, de procéder comme à leur habitude à la pose symbolique de la pierre angulaire du 3ème Temple. Les manifestants n’ignoraient nullement que la cérémonie de la pose devait se tenir loin de la mosquée. Ce qui ne les a point empêchés d’attaquer par des jets de pierres les nombreux fidèles venus prier en ce jour de Tichâ bé-Ab, 1933ème anniversaire de la destruction du second Temple. On ne le sait que trop : la violence engendre la violence. Certes, ces moyens éloignent encore la paix de nous.

La prière de Mochè.

Mochè arrive au terme de sa mission. Il vient de conquérir les territoires de Sihone et Ôg. Peut-être estimait-il que D’ieu, parce qu’Il lui avait déjà permis de conquérir la première partie du pays de Qénaâne, lui aurait également permis d’achever la conquête du reste du pays ou, tout au moins, d’y entrer. Que ce soit en tant que chef dirigeant la conquête ou en tant que simple sujet sous les ordres de son disciple Yéhochouâ.

Mochè adresse ses prières à D’ieu, elles sont au nombre de 515, valeur numérique de téfilla, wa-èthannane, chira. La prière intense, sincère et poignante de Mochè déchire tous les cieux si bien que D’ieu, dérangé certainement par cette prière insistante, lui intime l’ordre de cesser de prier. Le Midrache affirme que D’ieu aurait exaucé le voeu de Mochè s’il avait seulement ajouté une prière de plus. En lui disant : «Assez! Ne me parle pas davantage à ce sujet.», D’ieu entend souligner combien la position des deux serait jugée inconvenante et inconfortable. On ne manquera pas de penser : combien le Maître est dur et le disciple insistant.

C’est tout de même surprenant de voir Mochè tant insister à entrer au pays de Qénaâne! Pourquoi tant d’insistance? Est-ce pour jouir de la beauté du pays, de ses fruits? Le Midrache répond : l’objectif de Mochè ne vise rien d’autre que la possibilité d’accomplir les prescriptions divines rattachées au pays de Qénaâne. La réponse de D’ieu tombe coupante : Assez! Si c’est la récompense rattachée à l’accomplissement de ces prescriptions qui est au centre de sa préoccupation, point de souci à se faire, la récompense est grande, rav, assez.

Cependant la prière de Mochè ne fut point complètement rejetée. Si elle n’a pu être exaucée en totalité, elle fut exaucée à moitié. À la demande de traverser le jourdain et de voir le pays, il lui fut permis seulement de voir.