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Chronique du : 6 septembre 2002
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David Sabbah
Grand Rabbin


Roche ha-chana et Kippour 5763.
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Le coeur plein de joie et d'espoir, je formule à tous et à toutes mes voeux ardents de Chana Tova ou-mborèkhète, bonne et heureuse année 5763.

L'année 5762 tire à sa fin nous laissant face à nos succès comme à nos échecs, emportant nos moments de joie et de bonheur comme les instants de frustration et de peine. La satisfaction d'espoirs et de promesses réalisés ne saurait effacer définitivement l'amertume et la déception de projets non concrétisés. Aussi est-il temps, au seuil de la nouvelle année, de tirer les enseignements importants et prendre les bonnes résolutions qui s'imposent à partir de l'examen de nos erreurs comme de nos réussites.

Il est cependant un besoin essentiel de renouer avec notre véritable nature qui exige de nous un retour parfait à D'ieu. Les soucis matériels de l'homme, les tentations de la vie et les appétits physiques voilaient toute aspiration morale. Et dès lors qu'approchent les fêtes de Roche ha-chana et de Kippour, l'homme est soudain pris du besoin de se rallier à D'ieu, de retrouver l'harmonie et l'unité.

Ce réveil, précédé de la lente préparation des 30 jours du mois d'Éloul employés à implorer le pardon de D'ieu le jour de Roche ha-chana, prend toute son importance avec la sonnerie du Chofar, corne de bélier, qui remue l'homme jusqu'au tréfonds de son âme pour le rapprocher de D'ieu.

Le Chofar, en ce jour du jugement, Yom ha-dine, vient rappeler à D'ieu le geste de confiance et de fidélité absolues d'Abraham qui n'a point hésité de sacrifier son fils Lui exprimant ainsi son amour indéfectible. Au nom du sacrifice de Yitshaq, la corne du bélier qui s'est substitué à lui exprime déjà une allusion directe, le Maître du monde serait enclin à accorder Son pardon aux descendants d'Abraham et de Yitshaq.

Le Chofar, comme son nom l'indique, nous invite également à embellir, à donner un souffle nouveau à notre conduite morale qui désormais devra se conformer aux préceptes de la Tora. Le danger pour l'homme consiste à tomber dans la monotonie, la routine et l'habitude qui émoussent tout sentiment de ferveur dans l'accomplissement des Mitswot, monotonie qu'exploite si bien le yètsèr ha-râ pour exercer son emprise néfaste. L'appel du chofar est là pour inciter l'homme à faire une véritable conversion en se réconciliant avec D'ieu et les hommes.

Si le repentir souhaité n'intervient pas avant Roche ha-chana l'homme garde toujours la possibilité de profiter des dix jours de pénitence, Âssèrète yèmè téchouva, et surtout le jour de Kippour, pour implorer le pardon divin afin de repartir sur de nouvelles bases.

Nul n'ignore l'intensité des sentiments de ferveur qu'inspirent ces jours. Il suffit de ne point rester indifférent à cet appel. C'est le seul espoir de voir l'homme réussir sa mission sur cette terre, être le partenaire de D'ieu.

Kétiva va-hatima Tova.
Tizkou lé-chanim rabbote néîmote wé-tovote, puissiez-vous mériter une longue et heureuse vie
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David Sabbah
Grand Rabin