Abraham en Égypte

 


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Le départ d'Abraham
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Abraham en Égypte

«Or, il y eut une famine dans le pays. Abram descendit en Égypte pour y séjourner, la famine étant excessive dans le pays. Quand il fut sur le point d'arriver en Égypte, il dit à Saraï, son épouse : «Certes, je sais que tu es une femme au gracieux visage. Il arrivera que, lorsque les Égyptiens te verront, ils diront «c'est sa femme», et ils me tueront, et ils te conserveront la vie. Dis, je te prie, que tu es ma soeur; et je serai heureux par toi, car j'aurai, grâce à toi, la vie sauve(1)

Abraham quitte la maison paternelle, son pays natal et sa famille sur l'ordre de D'ieu. La destination d'Abraham est le pays de Kénaâne. Cette épreuve n'est pas de toute simplicité car elle exige un sacrifice énorme, celui de tourner le dos à tous ses souvenirs, à tous ceux qu'il aime pour se lancer dans l'aventure. Le déplacement est dramatique en soi. Quitter ses habitudes, son confort et son environnement pour se lancer sur les routes, voilà de quoi préoccuper Abraham, Sara et tous ceux qui l'accompagnent. Confiant en D'ieu, Abraham obéit. Mais, à peine arrivé en Kénaâne, une autre épreuve l'attend : la famine l'oblige à s'éloigner de Kénaâne; il descend en Egypte.

Le Midrache Tanhouma, citant(2) :

«Or, il y eut une famine dans le pays. Abraham descendit en Egypte pour y séjourner, la famine étant excessive dans le pays», dit : «Qu'est-il écrit plus haut : «L'Ét'ernel avait dit à Abraham». Que soit loué le nom du Saint béni soit-Il qui, mettant à l'épreuve ce juste, voulut faire connaître ses bonnes actions au monde. Aussitôt le monde fut frappé de famine [de sorte] qu'il a trouvé la famine en Èrèts Israël. Il dit à sa femme Sara : «la famine sévit dans ce pays.» Nos Maîtres enseignent : ce fut une famine sans pareille dans le monde. Il reprit : «le pays d'Égypte est fort (agréable). Allons-y! Nous disposerons suffisamment de pain et de viande.» Ils partirent tous deux. Arrivés aux portes d'Égypte, au bord du Nil, Abraham, notre père, vit le reflet de Sara dans la surface de l'eau comme l'éclat du soleil à son lever. Aussi nos sages affirment-ils que toutes les femmes, face à Sara, sont comparables au singe face à l'homme. Il lui fit remarquer : «Certes, je sais que tu es une femme au gracieux visage». On pourrait donc déduire qu'il ne le savait point auparavant comme c'est le cas pour toutes les femmes. Il lui dit : «Les Égyptiens s'adonnent à la débauche, tel qu'il est dit(3) : «...[Les Égyptiens] ont une chair comme celle des ânes et dont la lubricité égale celle des chevaux», je vais donc te placer dans un coffre que je fermerai, car j'ai peur même pour ma personne lorsque les Égyptiens te verront». Ayant fait comme convenu, il passa devant les percepteurs d'impôt qui lui demandent : «Que transportes-tu dans ce coffre?». Il répondit : «de l'orge». «Ce ne peut être que du blé», répliquent-ils! «Alors, encaissez l'impôt pour du blé», concède-t-il. Ils se ravisèrent : C'est du poivre!

-Encaissez pour du poivre!

-C'est certainement des louis d'or, lui disent-ils.

Comme ils le pressèrent d'ouvrir le coffre et virent [Sara] belle comme l'éclat du soleil, ils se sont dit : «Celle-ci ne saurait servir à un homme commun(4) : «Puis les officiers de Parô la virent et la vantèrent à Parô». Abraham se mit aussitôt à pleurer et à prier le Saint béni soit-Il. Il dit : «Maître du monde! Est-ce là toute la confiance que j'ai placée en Toi? Fasse que par Ta miséricorde et par Ta grâce je ne sois point déçu dans ma foi!» Sara priait également : «Maître du monde, je ne savais rien. Mais, comme il m'avait fait part de Ton ordre «va pour toi», j'ai cru en tes paroles. À présent, je suis seule privée de mon père, de ma mère et de mon époux. Est-il permis que ce méchant puisse m'outrager? Agis pour Ton grand Nom et pour ma foi en tes paroles». Alors le Saint béni soit-Il répondit : «Par ta vie, aucun mal ne sera fait ni à toi ni à ton époux, tel qu'il est écrit(5) : «Aucune calamité ne surprend le juste; mais les méchants sont accablés de maux». Parô et sa cour, j'en ferai un exemple, ainsi qu'il est écrit(6) : «Mais l'Ét'ernel affligea de plaies terribles Parô et sa maison, à cause de la parole de Saraï». Que veut dire «à cause de la parole de Saraï»? À ce moment, un ange descendit du ciel un bâton en main. Parô voulant la déchausser, il le frappa sur la main. Voulant toucher à ses habits, il le frappa. L'ange prenait l'avis de Sara pour chaque coup [qu'il infligeait à Parô]. D'où le savons-nous? Il est ainsi écrit : «sur la parole de Saraï», . Il n'est point dit à propos de la parole de Saraï ou pour l'affaire de Saraï, ni à cause ni au sujet de Saraï, mais sur l'ordre de Saraï. Et si Saraï lui disait de frapper, il le faisait; si au contraire elle lui demandait d'attendre quelque peu, il obtempérait. Même les princes, les officiers et tous les membres de sa maison furent atteints. «Mais l'Ét'ernel affligea de plaies terribles Parô et sa maison». Toutes les plaies ayant atteint l'homme dans le passé, ou celles qui sont appelées à le frapper l'avaient atteint lui «et sa maison», incluant les esclaves, les murs, les colonnes et les objets conformément au texte «aucune calamité ne surprend le juste; mais les méchants sont accablés de maux». À propos d'Abraham, il est dit(7) : «Le juste fleurit comme le palmier; comme le cèdre du Liban, il est élancé».

Ce midrache tente de cerner les motifs d'Abraham qui, placé devant la première difficulté, fait preuve de non confiance en D'ieu. Abraham est en Èrèts Kénaâne, la destination voulue par D'ieu. Mais, aussitôt arrivé, la famine l'oblige à le quitter. N'aurait-il pas dû, au contraire, comme tant d'autres qui sont restés en Kénaâne, résister à la famine et montrer sa foi absolue en D'ieu? Est-ce là la réaction normale d'un être humain qui, fort des promesses divines, chercherait à trouver ailleurs ce qu'il n'a pas dans le pays indiqué par D'ieu?

Pour le midrache, le départ en Égypte est une des dix épreuves d'Abraham. Rachi souligne que la famine n'avait frappé que ce pays et non un autre. Ce fut dans le but d'éprouver Abraham : aurait-il un geste, un acte de révolte contre la parole de D'ieu? L'ayant obligé à aller au pays de Kénaâne, D'ieu l'oblige maintenant à en sortir. Pourquoi avoir choisi l'Égypte? En effet, si la famine subsistait juste en Kénaâne, n'importe quelle autre destination aurait fait l'affaire!

D'ieu dirige ses pas vers l'Égypte pour lui imposer une nouvelle épreuve, celle de Sara. Sara est d'une beauté remarquable. Les Égyptiens, noirs et laids, frères des Éthiopiens, recherchent la débauche et n'ayant jamais vu une femme aussi belle que Sara, ils tenteraient de la lui ravir. Voilà une seconde épreuve pour Abraham.

Mais, là aussi, nous ne pouvons que marquer notre surprise face à l'attitude d'Abraham qui semble sacrifier la vertu de Sara dans l'espoir de vivre et tirer un bénéfice matériel! N'est-ce point aussi révoltant de constater qu'Abraham et Sara, loin de respecter la loi sur les ârayot, impudicités, recommandant le sacrifice de la vie plutôt que de transgresser cet interdit, se permettent une telle ruse! Pour le midrache, nul doute que D'ieu aidera Abraham et Sara à s'en sortir puisque les dispositions prises en vue de cacher Sara à la vue des Égyptiens, le furent dans le but de donner un contexte ordinaire et naturel au miracle qui se réalisera.

La prière d'Abraham, celle de Sara, n'ont d'autre intention que de rappeler à D'ieu la confiance absolue qu'ils placent en Lui. Cette confiance ne sera pas déçue; D'ieu répond par l'envoi de son messager qui inflige des plaies terribles à Parô et sa maison pour avoir enlevé Sara. Ainsi donc, le passage d'Abraham en Egypte constitue-t-il une double épreuve qui grandira Abraham et l'élèvera à un niveau de perfection morale justifiant, aux yeux de l'humanité, une fois de plus l'attachement qui lie Abraham à D'ieu.

Or, il y eut une famine dans le pays. Abram descendit en Égypte pour y séjourner, la famine étant excessive dans le pays.

Or il y eut une famine dans le pays.

Étant en Èrèts Kénaâne, Abraham fut surpris par la grande famine qui y sévissait. Pour quelle raison donc Abraham descend-il en Egypte alors que D'ieu pouvait bien, si seulement sa confiance était absolue en Lui, lui fournir de quoi subsister même s'il décidait de rester en Kénaâne?

Abraham descendit en Égypte.

Rambane condamne Abraham, notre père, pour avoir perdu toute sa confiance en D'ieu à cause de la grande famine qui sévissait en Kénaâne. Ayant pris la route pour l'Égypte, il expose Sara au risque d'être prise par les Égyptiens. Abraham, habitué à voir le miracle divin venir à son secours, puisqu'il fut délivré de la fournaise ardente où le jeta Nimrod, aurait dû garder toute sa foi en D'ieu qui le sauvera de la famine. Il voit, dans la descente en Égypte, le prélude à l'asservissement d'Israël en Egypte. Cette faute, pour Rambane, constitue la cause de l'exil égyptien. Nous retrouverons la même condamnation dans le Zohar(8).

Faut-il compter cette descente comme faisant partie des dix épreuves d'Abraham, ou alors, faire son procès car, comme le soulignent Rambane et le Zohar sur la sidra, Abraham n'a pas suffisamment fait confiance à D'ieu puisqu'il a cherché à sortir du pays que D'ieu lui a recommandé d'habiter?

Le Yalqout sur la sidra énumère, parmi les dix épreuves, la descente en Egypte et la prise de Sara par Parô. En effet, Rachi et, plus tard, Mèâm Loêz considèrent que cette descente en Égypte est en soi une épreuve. D'ieu ordonne à Abraham de quitter son pays, sa patrie et sa famille pour un autre pays où il devra connaître un meilleur avenir. Mais, à peine arrivé, le voici confronté à une famine excessive. Devra-t-il se plaindre? Bien plus, dès qu'il se voit contraint de quitter ce pays, Abraham serait en droit de réclamer du Saint béni soit-Il de prendre soin de lui sans être obligé de partir ailleurs. Sa foi est inébranlable. Il part mais garde intacte sa confiance en D'ieu. Cependant, pourquoi D'ieu ne subvient-Il point à ses besoins vitaux tout en le gardant en Kénaâne? C'est uniquement pour faire l'économie d'un miracle. Là où D'ieu peut recourir à des phénomènes naturels, Il le fait. Bien mieux, les miracles divins empruntent souvent des voies naturelles. Abraham trace la voie aux tsaddiqim futurs : le bonheur n'est pas de ce monde. Aussi, doivent-ils être prêts à subir les épreuves de ce monde.

La descente en Égypte s'explique également par la vocation exceptionnelle d'Abraham, celle de ramener ses contemporains à la foi en D'ieu et ce, par l'hospitalité qu'il offre à tous les voyageurs et surtout aux pauvres. Voyant que la famine l'empêche d'y rester, il préfère partir en Egypte où il pouvait, grâce à l'abondance qu'il y trouverait, accomplir sa mission.

Pour Rav Alchikh toute cette épreuve prend une dimension historique pour le destin d'Israël. La descente d'Abraham annonce le séjour d'Israël en Égypte. Israël, de ce fait, doit être sûr que l'issue de l'exil sera heureuse et que Parô et les Égyptiens seront contraints par les châtiments qui les frapperont, à le laisser sortir et ce, avec une richesse considérable. La raison réside dans le fait que les femmes hébreues préserveront leur pureté comme Sara qui n'avait point eu à subir l'outrage de Parô.

Rambane cite le midrache(9) qui rapporte les propos de Rabbi Pinhas, fils de Rabbi Ochâya :

«Le Saint béni soit-Il dit à Abraham : sors conquérir le chemin devant tes fils. Tout ce qui affecte Abraham affectera également ses descendants. Pour Abraham, «il y eut une famine dans le pays». Pour Israël(10), «voici deux années que la famine règne au sein de la contrée». Pour Abraham, «et cette femme fut enlevée pour le palais de Parô». Pour Israël(11), «laissez vivre toute fille». À propos d'Abraham, «mais l'Ét'ernel affligea Parô et toute sa maison de plaies terribles». À propos d'Israël(12), «il est une plaie encore que j'enverrai à Parô et à l'Égypte». À propos d'Abraham, «Parô manda Abraham et dit :...reprends ta femme et retire-toi». À propos d'Israël(13), «[Parô] manda Mochè et Aharone, la nuit même, et dit: «allez! partez du milieu de mon peuple». A propos d'Abraham, «Parô lui donna une escorte qui le reconduisit avec sa femme et toute sa suite». À propos d'Israël(14), «les Égyptiens firent violence au peuple en se hâtant de le repousser du pays». Pour Abraham, il est dit : «Abraham était puissamment riche en bétail, en argent et en or». Pour Israël(15), «ils demandèrent aux Égyptiens des vases d'argent, des vases d'or et des vêtements». À propos d'Abraham, il est écrit(16) : «Il repassa par ses pérégrinations» alors que pour Israël(17), «les enfants d'Israël partirent de Raâméssès dans la direction de Soukkot.»

Voici donc Abraham préludant en quelque sorte selon le Bérèchit Rabba, cité par Rambane et Rabbènou Béhayè, l'histoire de ses descendants. L'épreuve du départ en Égypte s'inscrit donc dans l'économie générale de l'histoire d'Israël.

Quand il fut sur le point d'arriver en Égypte, il dit à Saraï, son épouse : «Certes, je sais que tu es une femme au gracieux visage.

Je sais que tu est une femme au gracieux visage.

Il est étonnant qu'Abraham ne se soit aperçu qu'à ce moment de la beauté de Sara! Cependant, Abraham, ayant pris conscience du danger qu'il courait à cause de la beauté de Sara, aurait pu rebrousser chemin et ne point s'exposer inutilement. Pourquoi n'a-t-il pas pensé au danger de voir Sara prise par les Égyptiens?

Rachi explique qu'en raison de sa pudeur Abraham ne s'était pas rendu compte jusqu'alors de la beauté de Sara. Maintenant en présence de cet état de fait, Abraham prend conscience de la beauté de sa femme.

Cependant Il y a deux sortes de beauté pour une femme : la première artificielle et l'autre naturelle. L'artificielle est due à l'usage de tous les produits de beauté qui ne sont accessibles qu'en ville. Quant à la naturelle, il n'est possible de s'en rendre compte qu'après un voyage de deux ou trois jours. Il est alors difficile pour une femme de recourir aux produits de beauté. Sara est belle de beauté naturelle. Abraham constate, en effet, que le voyage n'a pas altéré la beauté de sa femme qui, plus est, n'a jamais eu à recourir aux soins de beauté.

Dis, je te prie, que tu es ma soeur; et je serai heureux par toi, car j'aurai, grâce à toi, la vie sauve.

Dis, je te prie, que tu es ma soeur.

Comment Abraham, ce faisant, n'a-t-il pas pensé qu'il exposait Sara à être impurifiée par les Égyptiens? Ne valait-il pas mieux dire la vérité et s'appuyer sur l'aide divine? Comment pouvait-il être sûr qu'il serait tué? Au contraire, les fils de Noah avaient, parmi les sept devoirs, de ne point commettre ni de meurtre ni d'impudicité!

La prise de conscience de la beauté exceptionnelle de Sara conduit Abraham à se soucier du danger qu'il court, sachant que, pour une femme aussi belle, les Égyptiens n'hésiteraient pas à tuer. Abraham prit des précautions pour ne point exposer Sara à un enlèvement certain en la cachant dans un coffre. C'est déjà un geste fait pour montrer que, malgré sa confiance en la protection divine, il voulait agir de telle sorte qu'il n'ait point à compter sur le miracle. En outre, dès qu'ils se sont mis en route, Abraham avait demandé à Sara de l'appeler «mon frère» afin qu'elle s'habitue à l'appeler ainsi de telle sorte qu'une erreur révélatrice de leur lien véritable soit évitée.

Cependant, Abraham, après une analyse de la situation, craint que malgré les deux interdits des Bénè Noah,   , le meurtre et la débauche, les Égyptiens ne prennent la résolution de le tuer afin que, transgressant un seul interdit, ils n'aient pas à enfreindre l'autre, le mari étant mort(18). De plus, en le laissant en vie, ils courent le risque de le voir un jour se plaindre au Roi.

Et je serai heureux par toi car j'aurai, grâce à toi, la vie sauve.

Comment Abraham peut-il échanger sa femme contre des biens matériels? Qui plus est, Abraham n'a jamais été tenté par les biens matériels comme ce fut le cas pour le roi de Sédome qui avait proposé, sans succès, à Abraham de garder tout le butin en guise de récompense pour l'avoir délivré de ses ennemis. En outre, à quoi serviraient les biens si jamais les Égyptiens devaient le tuer? L'essentiel est donc d'avoir la vie sauve!

Pour Chaâr Bat Rabbim, Abraham ne cherche nullement des présents matériels. Tout son souci était d'avoir la vie sauve. Seulement, en demandant à Sara de dire qu'elle était «sa soeur», Abraham cherchait avant tout à éviter les soupçons des Égyptiens. En effet, la voyant de loin avec lui, penseraient-ils qu'elle est sa femme. Néanmoins, se déclarant «sa soeur» sans être interrogée, les Égyptiens, devinant sa ruse, ne se laisseraient pas abuser. Aussi Abraham lui demande-t-il, en faisant cette déclaration, de bien faire comprendre à ses interlocuteurs égyptiens qu'elle le dit dans l'unique but que son frère puisse recevoir des présents. Le but véritable consiste toutefois à assurer à Abraham la vie sauve.

Cependant, le bien pour Abraham demeure, nous semble-t-il, spirituel. Abraham quitte, certes, un pays où sévit la famine parce qu'il n'a aucune chance de faire des adeptes et de propager auprès de ses contemporains la foi et la croyance en D'ieu. En effet, les gens qui font face aux problèmes de la famine n'ont-ils point le temps de penser aux problèmes de morale, de philosophie et de religion. Les soucis immédiats sont économiques et les besoins les plus urgents sont d'ordre alimentaires. En allant en Égypte, Abraham prétend avoir plus de chance à retenir l'attention de ses auditeurs. Cependant, comme les problèmes de débauche priment, il entend contourner cela en utilisant Sara comme prétexte pour entrer en contact avec celui qui demande sa main. Là, il aura un champ plus fertile puisque nombreux seront ceux qui voudraient la marier. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre et mon âme vivra grâce à toi, c'est-à-dire la vie de l'âme qui se nourrit uniquement de sa mission toute spirituelle.

Mais les officiers de Parô n'osaient prétendre à une femme aussi belle puisque, l'ayant vue, ils la vantèrent à Parô, neutralisant ainsi la mission d'Abraham. En effet, se rendant compte du danger que constitue Abraham sur le plan de la croyance, Parô le renvoya le lendemain sans attendre.

Voilà donc le but avoué d'Abraham en descendant en Egypte. Il n'est heureux que lorsque chaque jour il augmente le nombre des adeptes du D'ieu Un. La famine fut pour lui une épreuve puisqu'elle le privait d'accomplir sa mission essentielle.

1. Bérèchit 12, 10-13.

2. Bérèchit 12, 10.

3. Yéhèzqèl 23, 20.

4. Bérèchit 12, 15.

5. Michelè 12, 21.

6. Bérèchit 12, 17.

7. Téhillim 92, 13.

8. Zohar I, 81b.

9. Bérèchit Rabba 8, 6.

10. Bérèchit 45, 6.

11. Chémot 1, 16.

12. Chémot 11, 1.

13. id. 12, 31.

14. ibid. 12, 33.

15. Chémot 12, 35.

16. Bérèchit 13, 2.

17. id. 12, 37.

18. cf. Mèâm Loêz et Zéqènim Mi-Baâlè ha-Tosséfot.


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