Yaâqov combat l'ange

 


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Yaqov envoie des messagers ssaw
Yaqov rencontre ssaw
La rencontre de Yaâqov et Êssaw

Yaâqov combat l'ange

Trente-quatre ans après son départ de Béèr Chévâ, Yaâqov décide de se rendre chez son père. En chemin, il envoie des messagers à Êssaw pour demander son pardon et se réconcilier avec lui. Ces messagers sont en fait des anges divins. Êssaw, fortement impressionné, a des élans de fraternité à l'égard de Yaâqov.

Cependant, la veille de sa rencontre avec Êssaw, Yaâqov engage, bien malgré lui, une lutte durant toute la nuit avec l'ange protecteur de Êssaw.

Le Midrache exprime une opinion différente. Citant le texte :

"Yaâqov étant resté seul, un homme lutta avec lui, jusqu'au lever de l'aube, rapporte :

"Certains disent : il s'agit de Mikhaèl. Il dit [à Yaâqov] : Déjà, moi qui suis parmi les anges de premier rang, tu m'as traité de cette manière, craindrais-tu alors Êssaw ?

Rabbi Tarfone dit : Mikhaèl ne pouvait bouger de sa place sans l'autorisation de Yaâqov tel qu'il est dit :

"Laisse-moi partir, car l'aube est venue.

Il lui répond : es-tu un voleur ou un brigand que tu appréhendes le matin ?

De nombreux groupes d'anges serviteurs se présentent et s'adressent ainsi à Mikhaèl : Monte car :

"Le moment des cantiques est venu !

Si tu ne donnes pas le signal, le cantique sera annulé. Alors, suppliant Yaâqov, il lui dit : Je te prie, laisse-moi partir afin que les anges serviteurs situés dans Âravot, un des sept cieux, ne me brûlent à cause du retard du cantique. Il lui répond : "Je ne te laisserai point que tu ne m'aies béni.

Qui est mieux, lui réplique-t-il, le serviteur ou le fils ? Je suis le serviteur et tu es le fils. Aurais-tu [vraiment] besoin de ma bénédiction ? Oui, malgré tout, lui assure-t-il. Aussitôt, il lui dit :

"Yaâqov ne sera plus désormais ton nom, mais bien Yisraèl.

Il lui dit : Sois heureux, enfant de la femme, qui, bien qu'entré dans le palais céleste, en sort sauf.

Pendant que Yaâqov et Mikhaèl luttaient, des anges accompagnant Mikhaèl voulurent porter atteinte [à Yaâqov]. Mais le Saint béni soit-Il se révèle à eux. Mikhaèl, l'ayant vu, perdit toute sa force, tel qu'il est dit :

"Voyant qu'il ne pouvait le vaincre, il lui pressa la cuisse. Le Saint béni soit-Il dit à Mikhaèl : Est-ce bien d'agir ainsi, rendant mon Kohène infirme ? Il répondit : Maître du monde, ne suis-je pas ton Kohène ? Tu es mon Kohène dans le firmament, réplique-t-Il, et lui, il est mon Kohène sur terre. Aussitôt Mikhaèl fit signe à Réfaèl lui disant : Je te prie, mon ami, aide-moi dans cette situation pénible car tu es le responsable des guérisons. Celui-ci descendit et guérit Yaâqov !."

Ce midrache bouscule toutes les idées reçues. En effet, il contredit d'autres leçons qui situent la lutte entre Yaâqov et l'ange protecteur de Êssaw. Vue sous cet angle, cette lutte se justifie. L'ange de Êssaw combat Yaâqov pour l'affaiblir et l'obliger à se soumettre à Êssaw. En revanche, le midrache Avkir, nous surprend lorsqu'il affirme que l'ange Mikhaèl fut l'adversaire de Yaâqov.

Pourquoi Mikhaèl aurait-il intérêt à lutter contre Yaâqov ? N'est-il pas justement l'ange protecteur d'Israël ? Il est évident que, dans la perspective du midrache, Mikhaèl voulait à tout prix éviter à Yaâqov le désagrément d'avoir à lutter contre son frère. Le seul fait que Yaâqov ait à combattre Mikhaèl pourrait donner à penser à l'ange de Êssaw de renoncer à le protéger. Car Mikhaèl est déjà de la première classe des Mal'akhim. La victoire de Yaâqov aurait sûrement des répercussions telles que l'ange protecteur de Êssaw n'oserait rien entreprendre pour porter atteinte à Yaâqov.

Vaincre un ange revient à lui imposer sa volonté. Mikhaèl ne pouvait bouger sans l'autorisation de Yaâqov, même lorsqu'il s'agit du cantique. Le devoir d'un ange est d'être au service du Créateur. Le chant, pour le mal'akh, constitue son seul privilège. Combien d'années devrait-il attendre avant que n'arrive son tour de servir D'ieu par le cantique ?

Pourtant Mikhaèl est de service en ce jour. Il devait donner le signal de servir D'ieu par le chant, autrement le service sera annulé. La coïncidence entre le tour de chanter le cantique et la rencontre Yaâqov et Êssaw, n'est pas fortuite. Mikhaèl atteint alors son apogée puisqu'il dirige le cantique. C'est le moment choisi pour montrer à Yaâqov qu'il n'a rien à craindre de la part de son frère Êssaw. Agissant ainsi, D'ieu rappelle à Yaâqov sa promesse de le protéger jusqu'à son retour à la maison paternelle.

Mais Yaâqov ne se contente pas du rappel. Il veut l'entendre de la bouche de l'ange qui lui confirme sa supériorité sur Êssaw. L'ange admet que Yaâqov, grâce à sa pureté et sa perfection morale, possède une puissance dépassant celle des mal'akhim. Il ne saurait dans ce cas craindre un homme tel que Êssaw qui, par sa conduite, a perdu tout l'appui de D'ieu. Sans doute, Êssaw peut-il se prévaloir du mérite du kibboud ab wa-ème, le respect des parents, qu'il a appliqué à la lettre, alors que Yaâqov l'avait négligé durant les vingt années d'absence. Yaâqov craint en fait que cette négligence ne soit la cause de tous ses déboires avec Êssaw.

Mikhaèl est prisonnier de Yaâqov. Il ne le lâcherait qu'à la seule condition de le bénir. Mikhaèl se défend : D'ieu Lui-même bénira Yaâqov. La bénédiction de l'ange est une reconnaissance ; Yaâqov est supérieur. Par sa conduite, il accède à un degré supérieur à celui du mal'akh. La bénédiction aurait pour objectif de confirmer cette supériorité.

Peut-être est-ce là la raison de la lutte de Mikhaèl avec Yaâqov. Jaloux de sa supériorité, il le blesse. Le midrache rappelle que les anges, voyant D'ieu au ciel et Yaâqov sur terre ressemblant au Créateur, assis sur son trône de gloire, voulaient porter atteinte à Yaâqov, n'était la protection de D'ieu. C'est donc la perfection de Yaâqov qui provoque l'agression de Mikhaèl.

Mais D'ieu fait remarquer à Mikhaèl qu'il a blessé son Kohène qui, non seulement remplit les fonctions de serviteur de D'ieu, mais s'emploie plus encore à réaliser un rapprochement entre D'ieu et les hommes. Yaâqov, en tant que Kohène, est appelé à former un peuple entier au service de D'ieu. L'ange Mikhaèl fait remarquer à D'ieu que lui aussi est Kohène. À ce titre, D'ieu devrait se suffire d'un. D'ieu ne saurait accepter un déséquilibre dans le monde. Mikhaèl est Kohène dans le ciel, Yaâqov est Kohène sur terre. Autrement, l'harmonie entre les deux mondes serait rompue. Bien plus, le Kohène du ciel ne peut remplir sa fonction que si, sur terre, Yaâqov réalisait sa mission.

Certes, Mikhaèl déhanche Yaâqov faisant de lui un infirme. Pour certains commentateurs, Yaâqov, pour maintenir son existence spirituelle, a besoin de s'appuyer sur le support matériel de tous ses sympathisants, de tous ses adeptes. L'ange a voulu frapper ce point vulnérable. L'appui est toujours remis en question. Et si cette base est branlante, c'est toute l'existence de Yaâqov qui est atteinte. Mais la remarque divine fait reculer Mikhaèl qui accepte de déléguer Réfaèl et guérir Yaâqov. La guérison est aussi la reconnaissance du phénomène de Yaâqov qui ne saurait manquer au monde car l'existence du monde elle-même serait en jeu. Voilà Yaâqov confirmé dans son rôle, mais surtout béni par celui qui cherchait à le contester.


Yaqov envoie des messagers ssaw
Yaqov rencontre ssaw
La rencontre de Yaâqov et Êssaw