Biographies

Normal 0 false false false EN-US X-NONE X-NONE

 

ABELI HA-LEVI,
Abraham
, Né
à Gombin en 1683 I   I

son commentaire sur le
Choul’hane Âroukh, le Maghène Abraham, en fait l’un des principaux maîtres de
la Halakha après Rabbi Yossèf Qaro. Autres ouvrages : Zèt Raânan, commentaire
sur le Yalqout Chimôni.

ABEN DANANE, Mochè, (Rambam Elfassi) 1300 I 
 I

fils de Mimoune, établi à
Fès en 1391, célèbre rabbin connu sous le nom de Rambam Elfassi, souvent
confondu avec Rambam Maïmonide. Auteur de Hidouchim sur le Talmoud. Danan,
nom d’une fraction de la Tribu de Milan au nord de la Mésopotamie, porté par
une famille venue s’établir en Espagne.

ABEN DANANE,
Saâdya 

à Fès, où il meurt en 1493 I   I

fils de Mochè, rabbin
talmudiste, médecin, poète et grammairien espagnol de l’époque de l’Expulsion.
Auteur de Al-Darouri fi al-Logha al-Ibraniyi, Les Règles
nécessaires à la langue hébraïque, dictionnaire hébreu-arabe; un traité
philosophique sur la forme des lettres de l’alphabet; Séfère hé-Âroukh,
lexique talmudique; Maâmar âl-Sédère ha-Dorot, généalogie allant d’Adam
jusqu’au Rambam, d’un ouvrage en langue arabe sur la grammaire hébraïque, d’un
commentaire sur Yéchâya et d’un traité de prosodie hébraïque; Qassida,
, poésie en l’honneur du Guide des Égarés de Maïmonide.

ABIHSERA,
Abraham 
Meknès
1868, 1948 

descendant d’une branche
illustre, ayant pour ancêtre Rabbènou Chémouèl Abihsera de Damas (Syrie). Il
fait à Meknès de solides études auprès des professeurs renommés de l’époque.
Guide éclairé, juriste et notaire de premier ordre, il s’installe à Casablanca
en 1903. Il y est nommé juge au Tribunal Rabbinique dès sa création en 1918. Il
exerce ses fonctions pendant 30 ans.

ABOHAB II, Yitzhaq né à Tolède (Espagne) en 1433,
décédé à Oporto (Portugal) en 1493 I   I

élève de R’ Yitshaq
Kanpanton, le Gaon de Castille, il est rabbin de Tolède où il dirige une
académique talmudique. Parmi ses disciples, citons R’ Yaâqov Bè-Rab, R’ Abraham
Zacout, auteur du Séfère Youhassine, , et R’ Yitshaq Abrabanèl.
R’ Yossèf Qaro le cite comme la lumière de la Diaspora juive. Après le décret
d’expulsion de 1492, R’ Yitshaq fait partie de la délégation de notables Juifs
qui demandent au roi Jean II du Portugal la permission pour les Juifs de
s’installer au Portugal. Sa demande agréée, plusieurs Juifs se réinstallent à
Oporto et d’autres villes qui les reçoivent avec bienveillance. Son oeuvre
comporte Nahar Pichone (1538), , un livre de sermons; un
merveilleux commentaire sur le Commentaire de la Bible de Ramban intitulé Pèrouche
âl Pèrouche Ha-Ramban âl Ha-Tora
 (1525); , un commentaire sur
le Tour; et hidouchim sur le Talmoud. Une
collection de correspondance halakhique entre R’ Yitshaq et R’ Nessim
Benveniste a été préservée dans l’anthologie Chivâ Ênayim (1745)
.

ABOUHATSÈRA, Yaâqov Tafilalet (Maroc) 1808,
Damanhour (Égypte) 1880 I   I

rabbin qabbaliste, célèbre
à travers l’Afrique du Nord en raison de ses pouvoirs miraculeux. Il accueille
pendant toute sa vie étudiants et malades qui profitent de sa science. Vers la
fin de sa vie, il choisit de se rendre en Terre Sainte, mais la mort le
surprend en Égypte. Sa tombe est devenue depuis un centre de pèlerinage. Il est
l’auteur des ouvrages suivants : Dorèche Tov, , Le bon
Prédicateur
Chaârè Aroukha, , Les Portes de la
Guérison
 sur des leçons de morale; Pitouhè Hotam,
Gravures du Cachet sur la ToraYorou
Michepatèkha lé-Yaâqov
, , consultations juridiques; Bigdè
ha-Sérade
, , Les habits de cérémonie, sur la Haggada; Mahsof
ha-Labane
, , Mise au clairMaâgalè Tsèdèq,
Sentiers de JusticeGuinezè ha-Mèlèkh, , Les
trésors du Roi
Alèf Bina, , Apprendre la sagesse sur
le Psaume 119; Yaghèl Yaâqov, , Yaâqov se réjouit,
recueil de chants et cantiques; Chabbat Qodèche, , Samedi
de Sainteté
 sur le Chabbat. Abouhatsèra, nom arabe signifiant le père
de la natte ou l’homme à la natte.

ABOULÂFIA,
Abraham 

à Saragosse 1240, mort en Grèce en 1291 I 
 I

fils de Chémouèl, rabbin
talmudiste, philosophe et qabbaliste. À son retour en Espagne, après des
visites en Italie, en Grèce et en Palestine, il se concentre passionnément sur
les études mystiques de la Qabbale et devient maître dans l’art de l’étude de
la signification mystique des lettres et des équivalences de mots en gematria,
pensant que les différentes combinaisons de lettres et de mots détiennent les
forces de création. Il rédige son premier ouvrage à Patras en Grèce en
1279; Sèfère ha-Yachar, , Livre de l’intègre. En
1280, il se dirige à Rome dans l’espoir de convertir le Pape Nicolas III.
Cependant, une fois arrivé à Suriano où se trouvait le Pape, Aboulâfia apprit
le décès de Nicolas III d’une crise d’apoplexie. Plus tard, il se fait passer
comme Prophète et Messie en Sicile. Toutefois, une lettre du rabbin de
Barcelone Chélomo Bèn Adérèt adressée à la population de Palerme met fin aux
prétentions messianiques d’Aboulâfia. Auteur de Séfère ha-Ot, le
Livre du signe, Wé Zot li-Yéhouda, , Et Voici Pour Judah, réponse
à la lettre de Bèn Adérèt, Chébâ Nétivot ha-Tora, , Les Sept
Voies de la Tora, Imrè Chéfère, , Paroles de Beauté, Otsar
Êdèn Ganouz
, , Le Trésor Caché de l’Éden.

ABRABANÈL, Don Yitshaq né à Lisbonne 1437, mort à Venise
1508 I 
 I

fils de Yéhouda, célèbre
rabbin talmudiste et qabbaliste, philosophe, exégète et commentateur, homme
d’État, ministre des finances et conseiller du Roi Alphonse V du Portugal, de
même que d’Isabelle et Ferdinand d’Espagne, des Deux Siciles et de la
République de Venise. À la prise d’Arzila par les Portugais en 1471, les Juifs
de cette ville sont capturés et vendus comme esclaves. Don Yitshaq organise une
souscription et, en grande partie de ses propres moyens, obtient le rachat de
250 juifs captifs. En plus d’une brillante carrière d’homme d’État, Abrabanèl
apporte beaucoup aux sciences rabbiniques comme l’attestent ses nombreux
écrits. Don Yitshaq est le premier à accorder un appui financier à Christophe
Colomb dans l’entreprise qui aboutit à la découverte de l’Amérique. Mais ses
talents financiers ne lui épargnent pas les tribulations et les exils, et
notamment il ne parvient pas à empêcher Ferdinand et Isabelle, à qui il avait
rendu de grands services, d’expulser les Juifs en 1492. En quittant l’Espagne
il se rend à Naples puis à Corfou et finalement à Venise. Abrabanèl est versé à
la fois dans le savoir talmudique et les sciences profanes, et dans son long
commentaire sur le Pentateuque et les Prophètes, il utilise les oeuvre
d’auteurs classiques et d’exégètes chrétiens, révélant aussi une profonde
méfiance vis-à-vis de la monarchie. Dans ses ouvrages philosophiques, il
souligne les différences entre l’espérance messianique d’Israël et le
messianisme chrétien. Son commentaire de la Bible cherche à actualiser le
message divin et à en tirer des règles de foi et de conduite applicables à ses
contemporains, en s’appuyant sur l’expérience politique de son temps. Par ses
introductions à chaque livre biblique et par ses séries de questions, il place
les problèmes d’exégèse dans une perspective logique et historique fort éclairante,
et il est le premier commentateur juif à insérer des éléments sociaux et
politiques dans ses explications du texte biblique. Outre son commentaire de la
Bible, ses oeuvres sont : Mayênè ha-Yéchouâ, , Sources de
Rédemption, Yéchouôt Méchiho, , La Rédemption de son
Messie, Machemiâ Yéchouâ, , Proclamation de Rédemption, tous
trois sur le Messianisme; Âtèrèt Zéqènim, , La couronne des
vieillards; Niflaot Èl’ohim, -, Les merveilles de D’ieu; Mirkèbèt
ha-Michenè
, , Le second Chariot; Nahalat Abot, l’Héritage
des Ancêtres; Roche Émouna, Le Sommet de la Foi; Chamayim Hadachim,
Les Cieux Nouveaux; Tsourot ha-Yéssodot, Les Formes des Éléments.
Son fils aîné, Yehoudah Abrabanèl (1460-1535), est connu en Italie comme Leone
Ebreo, auteur d’un ouvrage philosophique influent, intitulé Dialoghi
di Amore
, composé sur le modèle des dialogues platoniciens dans lequel
D’ieu est identifié à l’Amour.

ABRAHAM, Bèn Daoud
(Ravad II) 

à Montpellier en 1110, mort à Narbonne en 1179 I 
 I

fils de Yitshaq, il étudie
avec R’ Yitshaq ben Mervane Ha-Lewi à Narbonne. Il se rend ensuite en Espagne
où il étudie avec R’ Yéhouda de Barcelone. À son retour à Narbonne, l’éminent
leader communautaire, R’ Todros ben Mochè, le nomme Av Bèt Dine (chef du
tribunal rabbinique) de Narbonne, d’où le surnom Ravad (R’ Abraham ABèt Dine).
Il dirige l’académie talmudique de Narbonne et plusieurs étudiants de Provence
le rejoignent. Parmi eux se trouvent Ravad III, qui devient son gendre, et R’
Zérahya Ha-Levi. Auteur de Séfère Ha-Maor, ; Séfère
Ha-Echkol
, ; son oeuvre, essentiellement sur le rituel quotidien, a eu un
grand impact sur les générations suivantes. De son commentaire du Talmoud,
seulement quelques passages de ses écrits de Baba Batra, , lui
ont survécu, mais on retrouve ses idées dans les oeuvres de Razah, Rambane et
Rane. Il rédige également plusieurs responsa dont il ne reste que quelques
unes. Séfère Haîttour, ; cite Ravad II sous le nom de Ha-Hassid
Ha-Qadoche
 (le Saint Rabbi) à cause de sa grande piété. Il est réputé
étre un des premiers qabbalistes devant qui le Prophète Èliyahou est apparu et
a révélé l’enseignement de la Qabbale.

ABRAHAM, Ibn Êzra,
(Rabaâ)
 né
à Tolède (Espagne) en 1089, mort en 1164 I 
 I

fils de Méir, rabbin,
poète, philosophe, mathématicien, astronome, grammairien et exégète, une des
figures les plus remarquables du judaïsme espagnol et le plus sagace des
commentateurs de la Bible, qu’il interprète selon la grammaire et la
linguistique sans tenir compte de la littérature homélitique. Il excelle dans
tous les genres, en philosophie comme en poésie, mais c’est son commentaire sur
la Bible qui est surtout célèbre par son style brillant, ses remarques
profondes et même critiques. Sa poésie est teintée d’amertume et de poésie. Au
cours de sa vie mouvementée, qui le mène de son Espagne natale en Italie, en
France, en Angleterre et en Terre Sainte, il compose de nombreux poèmes
didactiques et des traités d’astronomie, de mathématiques, de linguistique et
de théologie, il vit au début de sa vie à Cordoue, mais décide de quitter
l’Espagne pour Rome. Initiateur des études grammaticales de l’hébreu en Italie,
il part pour Lucques, après un assez long séjour à Rome. Là-bas, il se
concentre à l’étude de l’astronomie et de l’astrologie. Il est l’auteur
de Sèfèr ha-Yachar, , des commentaires sur le Pentateuque, les
livres des Psaumes, Job et Danièl; , Sèfèr ha-Yéssod; , Séfat
Yètèr
; , Sèfèr Ha-Chèm; , Yéssod Mispar, des
ouvrages sur la grammaire hébraïque; , Sèfèr ha EhadLouhot,
, sur l’astronomie et les mathématiques; Kéli Ha-Néhochète, , sur
l’astrolabe…

ABRAHAM BÈN
HA-RAMBAME
, né
au Caire, en 1186, décédé au Caire en 1237 I 
 I

fils de Maïmonide, Rambame
a enseigné personnellement à son fils unique, nommé sur notre Patriarche,
Abraham. À l’âge de 19 ans, R’ Abraham, qui est né alors que son père avait 51
ans, lui succède comme médecin personnel du Sultan et de sa cour royale, et
assume le leadership de la communauté juive égyptienne en qualité de Naggid,
poste qui place toutes les cours juives sous sa juridiction et le rend
responsable de la nomination de rabbins et dayanes. Sa nouvelle position lui
permet d’améliorer considérablement les affaires communautaires. Il supprime la
pratique habituelle des excommunications énoncées par n’importe quel petit
fonctionnaire à l’encontre de ses vrais ou supposés adversaires pour la plus
petite atteinte à son prestige. R’ Abraham, à ce sujet, institue un panel de
trois dayanimes autorisés par le beth dine de la ville. Pour renverser
l’honneur et le prestige de certains officiels, il institue une loi interdisant
à quiconque de s’asseoir dans la synagogue en donnant le dos à l’arche, face à
la congrégation, considérant cette position irrespectueuse envers la Tora.
Comme son père avant lui, R’ Abraham est interrogé sur les pratiques
religieuses par des organisations d’Èrets Yisraèl, du Yemen, de la Provence, de
Bagdad, de Syrie et, bien sûr, d’Égypte. Seulement 130 de ses innombrables
responsa ont été préservées en manuscrits et dans des travaux halakhiques
d’autres auteurs. Certaines de ses responsa présentent des exégèses bibliques,
des questions d’éthique et des défenses des décisions de Rambame sur son code.
Lorsque R’ Abraham entend parler de la grande polémique contre les vues
philosophiques de son célèbre père, il prend sa défense dans un essai intitulé
Milhamat Ha-Chem dans lequel il rapporte que plusieurs enseignants français
(parmi lesquels des Tossafistes) qui ont visité l’Égypte, sont capables de
comprendre le Morè Nébouchim grâce à la traduction de R’ Yehuda al-Charizl.
Dans une lettre à son disciple, R’ Yossef ibn Aknin, Rambame confirme
l’élégance d’expression, la profondeur de pensée et la force du style de son
jeune fils en disant : qu’il est le plus humble, en plus de ses autres nobles
traits de caractère. Avec l’aide de D’ieu, in deviendra indubitablement fameux
parmi les plus grands. R’ Abraham démontre une forte austérité et de
l’ascétisme ainsi que les avantages d’une solitude introspective. Par des
exemples pratiques, il démontre aussi que la foi doit guider les actions du
croyant véritable. De son commentaire de la Bible, seuls la Genèse et l’Exode
ont survécu. Un essai sur la Aggada, connu comme le Maâmar al Ha-Derachot, a
été imprimé plusieurs fois. Son fils David lui a succédé comme Naggid.

ABRAHAM DE
POSQUIERES (Ravad III)
 né à Narbonne en 1120, décédé à Posquières (France) en 1197 I   I

fils de David. Talmudiste
et halakhiste, il étudie avec R’ Mochè ben Yossèf Ha-Levi, R’ Mechoullam ben
Yaâqov de Lunel et Ravad II qui, par la suite, devient son beau-père. Très jeune,
il devient une autorité rabbinique à Lunel, et dirige une académie talmudique à
Nîmes qui devient la plus importante yéchiva de Provence. Plus tard, à
Posquières, il crée une importante académie et prend à sa charge les dépenses
des étudiants pauvres. Parmi ses disciples se trouvent R’ Yitshaq Ha-Kohen de
Narbonne, R’ Avraham Ha-Yarchi, R’ Meir de Carcassonne et R’ Asher de Lunel.
Bien que très riche, pour écarter les mauvais penchants, Ravad vit une sainte
existence. En 1172, Elzéar, le Lord de Posquières, qui enviait la richesse de
Ravad, le remet aux autorités publiques qui l’emprisonnent. Cependant, le Comte
Roger II de Carcassonne obtient sa libération et fait bannir de Carcassonne le
Lord de Posquières. Très jeune, Ravad commence son oeuvre, d’abord en rédigeant
l’enseignement de ses mentors puis, étant devenu lui-même un penseur
indépendant, il repousse certaines de leurs interprétations et offre ses
propres commentaires. Auteur de Êdouyotes (Talmoud) , Kinnim
(Talmoud et Michna), et Bava Kamma. Il écrit également ses
commentaires sur le Midrachim halakhique de la Tora. Meiri le cite comme le
plus grand des commentateurs et le place au même niveau que Rif, Rachi et R’
Yehuda de Barcelone en tant que patriarches du Talmoud. Auteur également
de Issour MashehuTorat Ha-Bayit sur les lois
diététiques, Tamim Deim sur tous les aspects pratiques et
affaires religieuses, Téchouvot ou-Pessaqim La-Ravad, décisions
et responsa, Derashah L’Roche Ha-Chana, écrits halakhiques
sur les fêtes de Roche Ha-Chana et Yom Kippour. Vers la fin de sa vie, il
écrit Baalei Ha-Nefesh, contenant les lois de pureté familiale,
et des lois sur la construction d’un mikvé. Qabbaliste renommé, Ravad reçoit
une instruction mystique de Ravad II et du Prophète Eliyahou qui lui est apparu.
Il transmet ses connaissances qabbalistiques à son fils, Rabbi Yitshaq Sagi
Nahor.

ABRAHAM, Ibn Daoud,
(Ravad I)
 Né
à Cordoue en 1110, tué à Tolède en 1180 I 
 I

connu sous le pseudonyme
de Ravad I pour le distinguer du Ravad de
Posquières, auteur des gloses sur le Rambam et du Séfer ha-Qabala.
Médecin, historien et philosophe. Son ouvrage traite de l’histoire du peuple
juif depuis les origines. Il tente particulièrement d’y démontrer, face aux
Caraïtes, la chaîne ininterrompue qui relie le judaïsme rabbinique à Mochè. À
noter une mise au point remarquable sur la datation de l’époque du Nazaréen
selon les sources de la Guémara.

ABRAHAM HA-NASSI,
(Rabah)
 né
à Barcelone en 1140 I 
 I

fils de Hiya, l’un des
plus grands Sages d’Israël de l’Espagne médiévale, auteur de nombreux ouvrages
de mathématiques, d’astronomie et d’éthique, né au sein d’une famille princière
à Barcelone connue sous le pseudonyme de Ha-Nassi, le prince. Il
est souvent mentionné sous le surnom de Ha-Sefaradi (l’Espagnol)
ou de Ha-Bartseloni. On sait très peu de sa vie et de son
histoire, et on le situe chronologiquement par les dates de parution de ses
livres (1116, 1133). Il jouissait du respect et de la considération des grands
de ce monde. Dans la littérature chrétienne de l’époque, on l’appelle Abraham
le Juif, et ses ouvrages scientifiques sont aussi célèbres que ses écrits
hébraïques. Auteur de Hegyion HaNefech, ouvrage sur la
morale; Megilla HaMegaleh, calcul de l’année de la
rédemption messianique; son traité sur l’astronomie est d’un grand intérêt à
cause du calcul du calendrier juif; Tzuras HaAretzHalbbur,
calcul sur les dates de la nouvelle lune, le début des années, des mois et des
saisons; Chibur HaMeshichah VehaTishbores, sur la
géométrie. R’ Abraham est seul parmi les auteurs espagnols de son ère à avoir
utilisé l’Hébreu au lieu de l’Arabe, même dans ses traités scientifiques (afin
qu’ils soient étudiés également par des Juifs français). R’ Abraham a joué un
rôle important dans la transmission de la science grecque aux Chrétiens
d’Europe en traduisant les textes originaux de l’Arabe au Latin. Quelques
ouvrages de R’ Abraham ont également été traduits en Latin et en d’autres
langages européens.

ACHÈR BEN YÉHIÈL
Roche ou Achéri 
Né en Allemagne en 1250, décédé à Tolède en 1327 I   I

talmudiste et codificateur,
il est l’élève de Rabbi Méir de Rothenbourg, puis, après la mort du maître, il
assume la direction du judaïsme allemand. En 1303, le gouvernement voulant
s’emparer de sa fortune, il quitte l’Allemagne et se rend en Espagne. Il vit un
an à Barcelone, puis est nommé grand rabbin de Tolède sur la recommandation de
Chélomo Adéret. Destiné à y devenir l’autorité spirituelle du judaïsme
espagnol, il reçoit du gouvernement un pouvoir juridictionnel complet. Il
introduit en Espagne l’optique stricte et étroite de l’école franco-allemande.
Il répand en Espagne les enseignements et les méthodes des tossafistes,
réorientant ainsi les travaux scientifiques vers l’étude talmudique. Il
s’oppose à la connaissance profane, particulièrement la philosophie, et écrit
des commentaires sur quatre traités du Talmud, et des gloses connues sous le
nom de Tosséfot ha-Roche (Additions de Rabbi Acher)
sur dix-sept traités. Il est aussi l’auteur de commentaires sur la Michena, et
écrit plus de mille responsa, source privilégiée pour
l’histoire du judaïsme espagnol. Son code, Pisqè ha-Roche (Décisions
de Rabbi Acher), démontre comment une décision de droit peut être déduite
directement du Talmoud. Il omet toutes les lois non observées hors d’Israël.
Acceptées par les générations suivantes comme faisant autorité, les Pisqè
ha-Roche
 forment la base du code Tour de
son fils, Yaâqov ben Acher. Hanhagat ha-Roche est
une des oeuvres les plus connues de la littérature éthique juive.

ACHKENAZI, Tsvi
Hirsch, (Hakham Tsvi)
Né en Moravie en 1660, décédé à Lvow (Lemberg) 1718 I   I

fils de Yaâqov, formé par
son père et par son grand-père maternel, tous deux échappés de Vilnius vers la
Hongrie pendant la rébellion cosaque. Achkenazi écrit son premier responsum à
l’âge de seize ans, et étudie ensuite pendant trois ans (1676 à 1679) à
Salonique et Belgrade, y apprend les coutumes et procédures séfarades dont il
adopte certaines. Les Séfarades l’honorent du titre de hakham qu’il fait
suivre du surnom Achkenazi. En 1686, pendant le siège autrichien de Buda, sa
femme et son enfant sont tués, et lui-même se réfugie à Sarajevo où il est
nommé hakham. Sa seconde femme, Sarah, est la fille de R. Mechoullam
Zalman Neumark-Mirels, qui dirige le tribunal rabbinique d’Altona, Hambourg et
Wandsbeck. Père du rav Yaâqov Emden, il est successivement rabbin à Offen et
Altona. En 1710, il est nommé grand rabbin de la communauté achkénaze
d’Amsterdam. Sa collection de responsa y suscite de
chaleureux éloges de la part des rabbins portugais. Ayant pris une part active
dans la lutte contre le sabbatianisme, ses opposants l’obligent à démissionner.
Après un intermède à Londres, il devient rabbin de Lvow en 1718 jusqu’à ses
derniers jours, quatre mois plus tard. Oeuvre principale, Responsa
du Hakham Tsevi.

ACHKENAZI, Éliêzer
ha-Rofè 

en 1513, mort à Cracovie en 1586 I 
 I

Élève de R’ Yossèf Qaro et
ami intime de R’ Mochè Alchèkh, durant 22 ans. Réputé par sa piété, il est
Maître de la Tora en Égypte, à Chypre, à Venise, puis à Prague, à Poznan et à
Cracovie. Outre ses connaissances traditionnelles, il est versé dans la médecine,
les langues et les humanités. Auteur de Yossèf Lékha, sur la Méguillat Esther,
Maâssè Ha-Chèm, sur les significations profondes des histoires de la Tora, de
nombreuses responsa faisant autorité.

ADLER, Nathan ha-Kohen 1741, 1800 I   I

maître du Hatam
Sofère
; personnalité brillante et originale; rabbin à Francfort; rédige un
commentaire sur la Michena.

AHAÏ DE CHABHNé en Babylonie en 680, décédé en
Èrets Yisraèl en 752 I 
 I

Talmudiste de l’époque des
Guéonim. Né et éduqué en Babylonie, il émigre en Israël vers 750 lorsqu’il perd
son élection au siège de Gaon de Poumbedita en faveur d’un de ses disciples. En
Israël, il compose les Chéïltot, premier ouvrage halakhique
rédigé après la clôture du Talmoud, comportant 182 commentaires halakhiques et
aggadiques, en araméen, sur les lectures hebdomadaires de la Tora. Les
citations de son ouvrage sont tirées du Talmoud de Babylone, et l’auteur a,
d’ailleurs, puisé uniquement à des sources babyloniennes. Un seul gaon cite cet
ouvrage, c’est le dernier Haï Gaon, ce qui prouve qu’il est resté inconnu
en Babylonie pendant plusieurs siècles.

ALACHEQAR, Mochè né en Espagne en 1466, décédé
en 1544 I 
 I

il rejoint l’Afrique du
Nord après l’Expulsion. Dayane au Caire, il correspond avec
les grandes autorités de l’époque, R’ Eliyahou Capsali, R’ Yaâqov bèn-Habib et
R’ Yaâqov Bèrav.

ALÂMI,
Chélomo 
5120,
1360 I 
 I

Ibn Lahmiche, dans son
ouvrage Iguérèt ha-Moussar, R’ Chélomo Alami décrit les défauts
de la société espagnole de son temps, fustigeant la dissolution des moeurs de
la société juive qu’il constate autour de lui, tant chez les riches que chez
les pauvres.

ALBO, Yossèf né en Aragon 1360, mort en Espagne
en 1444 I 
 I

rabbin théologien et
prédicateur, disciple de R’ Hasdaï Crescas et selon certains de R’ Nissim
Gérondi (Rane). Ce grand maître du judaïsme espagnol est très versé dans les
systèmes philosophiques aristotéliciens des Arabes et dans la médecine,
notamment au travers des écrits de Thomas d’Aquin. Il fait reposer la croyance
sur la seule révélation divine et attribue ainsi une importance primordiale à
l’accomplissement minutieux des préceptes traditionnels. Il défend sa religion
au Concile de San Mateo, sous la présidence de Benoît XIII, ce qui l’incite à
rédiger le célèbre ouvrage Sèfèr ha-Îqarim, , Livre des principes,
ouvrage qui expose les grands principes de la religion juive. Pour lui, le
judaïsme se fonde sur trois principes, six doctrines et huit dogmes
corollaires. Les trois principes sont l’existence de D’ieu, la révélation
divine et le principe de la rétribution et du châtiment. Les six doctrines sont
: la création du monde à partir du néant; dans la suprématie de Mochè, le plus
grand des prophètes; dans la valeur éternelle de la loi de Mochè; dans la
capacité de l’homme à se perfectionner par l’observance de la loi divine; dans
la résurrection des morts; dans la venue du Machiah. Les huit dogmes
corollaires développent les trois principes cardinaux. Malgré les critiques,
son ouvrage connaît un grand succès. Albo en ancien castillan signifie blanc.

ALCHÈKH, Mochè,
(Alchikh)
 né
à Andrinople en 1508, mort à Safed vers 1600 I 
 I

fils de Hayim,
s’établit à Safed où il reçoit la sémikha, , (l’ordination
rabbinique rétablie par R’ Yaâqov Bérab) des mains de R’ Yossèf Qaro, il est
rabbin qabbaliste à Safed, décisionnaire et commentateur de la Bible.
Prédicateur de talent, il influence plusieurs générations de prêcheurs. Il
écrit des commentaires sur presque toute la Bible et publie un recueil de 140
de ses responsa halakhiques. Auteur de Torat Mochè, , commentaire
sur la ToraMar’ot ha-Tsobéot, , Visions
réunies
, sur les prophéties; Romémot Èl, -, Louanges
de D’ieu
, sur le Livre des Psaumes; Rab Péninim, , Multitude
de Perles
, sur les Proverbes; Hèlqat Méhoqèq, , La
part du juriste
, sur Iyob; Chochanat ha-Âmaqim, , Le
Lys des vallées
, sur le Cantique des Cantiques; Ênè Mochè,
Les yeux de Mochè, sur Rout; Débarim Nihoumim,
Les paroles de consolations, sur les Lamentations de
Yirmiya; Mass’at Mochè, , Don de Mochè, sur le
livre d’Esther; Habatsèlèt ha-Charone, , La rose de Charone, sur
le livre de Daniel; Liqoutè Mane, , Récolte de Manne,
commentaire sur les Haftarot; Yarim Mochè, , Mochè
élèvera
, commentaire sur le Traité Abot; il est aussi l’auteur d’un poème
sur l’Exil d’Israël contenu dans la prière du matin, Chaârè Tsione,
Les portes de Sion. Alchèkh, nom arabe de fonction ou de
dignité : l’ancien, le chef.

ALFANDERI Chélomo
Eliézer
 né
à Constantinople (Istambul) en 1815, décédé à Jérusalem en 1933 I 
 I

R’ Chélomo Elézer rayonna
sur quatre ou cinq générations et fut reconnu comme un exemple d’érudition et
de sainteté par les sages les plus illustres d’Orient et d’Occident. Sa
renommée franchit toutes les frontières du monde. Sa longévité exceptionnelle
(il est décédé à l’âge de 118 ans) lui permet de connaître les plus grands
maîtres en Halakha, et il est nommé à la tête de tous les Rabbanim de
Constantinople et de Damas, puis devient le guide spirituel des Rabbins de
Safed et de haute Galilée. Son père, R’ Yaâqov Alfanderi était issu d’une
lignée d’éminents Rabbanim qui, selon la tradition, serait descendue de
Betsalèl ben Ouri, de la tribu de Juda. Son grand-père, R’ Yaâqov, dont il
porte le nom, était l’auteur du livre Moutzal Méesh. Le père de ce premier R’
Yaâqov était connu sous le nom de son ouvrage halakhique Maguide Mi-Réchit, et
il dirigea, il y a plus de trois cents ans, la grande Yéchiva de
Constantinople. Le Sultan Abdul Hamid de Turquie, impressionné par sa
personnalité, accorde à R’ Chélomo Eliézer le titre de Hakham Bachi sur la
ville de Damas, lui donnant ainsi la possibilité d’édicter des ordonnances et
de prendre toutes mesures utiles à la vie communautaire. R’ Chélomo Eliézer
part pour la Terre Sainte à l’âge de 90 ans. Il est nommé Av Bèt Dine et Roche
Rabbanim à Safed en 1909. Lorsqu’il s’établit à Jérusalem, le Saba Qaddicha,
comme on l’appelle, a déjà plus de cent ans. Ses visiteurs s’émerveillent de
son esprit toujours aussi extraordinairement vif, de la force de ses paroles
fortes, et de l’acuité de sa vue (il ne porte pas de lunettes), de ses mains
agiles qui courent sur le papier pour écrire une multitude de téchouvot. Le 22
Iyar, le grand Sage rend l’âme, et des milliers de personnes vinrent, le jour
même, accompagner sa sainte dépouille jusqu’au Mont des Oliviers.

ALMOSNINO,
Mochè 

à Salonique en 1510, mort à Constantinople en 1581 I 
 I

fils de Baroukh, ses
grands-parents périssent sur le bûcher durant l’Inquisition, et ses parents
s’installent à Salonique. Rabbin de la congrégation Névè Chalom de la
communauté juive espagnole puis de la congrégation Liviat Hène. Réputé
pour son érudition et ses connaissances en Tora et en culture générale; en
1565, il représente les Juifs face au Sultan Sélim II, pour solliciter la
confirmation de leurs droits civils. Apès six tentatives, le sultan accepte sa
requête et rédigee une proclamation garantissant aux Juifs l’égalité des
droits. Il publie des ouvrages en hébreu et en espagnol, certains sont encore
manuscrits et d’autres sont perdus; auteur de Téfilla lé-Mochè, ,
sur le houmache; Pirqè Mochè, , sur le Traité Avot; Mé-âmèts
Koah
, , recueil de sermons et d’oraisons funèbres; Regimento de
la Vida
, homélies traitant de l’origine du bien et du mal, de la
providence, de la vie morale, l’éducation, les enfants, le libre arbitre et un
chapitre sur les rêves; Hanhagat Hayim, , Chemin de la
Vie, Yédè Mochè, , Les Mains de Mochè, sur les cinq méguilot.
Almosnino, nom aragonais, dérivé de l’ancien substantif castillan : Almosnero,
aumônier, ou celui qui aime faire des aumônes.

ALQABÈTS HA-LÉWI,
Chélomo 

à Salonique en 1505, mort à Safed en 1584 I 
 I

fils de Mochè, rabbin
qabbaliste et poète mystique. Il fait de Safed un centre mystique du judaïsme.
Maître et beau-frère de R’ Mochè Qordovéro. Il est l’auteur de Lékha
Dodi
, , poème mystique chanté dans les synagogues le Chabbat au soir, son
nom figure en acrostiche au début de chaque strophe; Manot ha-Léwi,
, (Venise 1585), un commentaire mystique sur le livre d’Esther; Ayèlèt
Ahabim
, , un commentaire sur le Cantique des Cantiques; Chorèche
Yichaï
, , (Constantinople 1561), un commentaire sur le livre de Ruth
et Magid Mécharim.

ALTSCHULER,
David 
17ème
siècle; 1650 I 
 I

avec son fils rav Yehiel
Hillel, originaires de Jaworow, en Galicie, sont commentateurs du Tanakh.
Afin d’encourager l’étude populaire de la Tora, rav David Altschuler écrit un
commentaire simple et facile à lire sur les Prophètes et hagiographes, qu’il
publie en 1753. Rav Yehiel Hillel continue l’oeuvre de son père et publie en
1780 le commentaire complet du Nakh en deux volets :
le Metsoudat Tsione, Forteresse de Sion, explique les mots
difficiles, et le Metsoudat David (Forteresse de David)
élucide le sens général du texte. Ce double commentaire est imprimé au bas de
la plupart des éditions des Miqraot Guédolot.

AMNONE De
Mayence 

à Mayence en 1000 I 
 I

rabbin du Moyen-âge, chef
spirituel de la Communauté de Mayence, célèbre par l’aventure tragique dont il
est le héros. Ayant refusé de se convertir au christianisme, il est soumis à
d’horribles tortures. Peu de temps après avoir subi ces tourments, il demande
qu’on le transporte à la Synagogue de la ville; c’est le jour de Roche
ha-Chana
. Il improvise alors en présence de la communauté l’élégie qui fut
traduite, et, ayant fini de réciter ce texte, il rend l’âme à son Créateur.
L’élégie a été, par la suite, incluse dans la prière du jour de Roche
ha-Chana
. On la trouvera dans tous les rituels des fêtes.

ANQAOUA,
Abraham 

à Salé 1810, 1860 I 
 I

fils de Mordekhaï, rabbin
talmudiste et poète liturgique, fonde une école talmudique à Tlemcen pour
restaurer la communauté de cette ville décimée par les persécutions. Il est
nommé Grand Rabbin à Salé, Mascara Tunis et Livourne. Spécialiste dans les
règles de chéhita (lois sur l’abattage rituel) il est l’auteur de Zékhor
lé-Abraham
, , Souviens-toi d’Abraham, sur les lois
alimentaires; Zébahim Chélamim, , Offrandes de Paix,
ouvrage à l’intention des chohatimKèrèm Hèmèr,
La vigne qui porte le vin, des consultations juridiques; Otsar
ha-Hokhma
, , Trésor de la sagesseHamar Hadat
wé-Âttiq
, , Vin nouveau et ancienÂfra lé-Abraham,
Poussière d’AbrahamMillèl lé-Abraham, , Dires
d’Abraham
, homélies; Chibat Abraham, , Repos
d’Abraham
, sur le Talmoud; Kol bo, , un rituel de prières
pour l’année; Hèssèd lé-Abraham, , rituel de prières avec
commentaires; Chaâr ha-Chamayim, , La porte des cieux,
rites de prières avec dinim; Haggada Chèl Pèssah, , une Haggada
avec traduction arabe. Anqawa, nom allégorique arabe : la pureté, la propreté,
porté par une célèbre famille de Tolède dont les descendants se sont établis au
Maroc, en Algérie et en Orient.

ANQAOUA,
Rafaèl 

à Salé en 1848 mort en 1935 I 
 I

rabbin, Président du Haut
Tribunal Rabbinique du Maroc et juriste réputé partout en Afrique du Nord et en
Israël, chevalier de la Légion d’Honneur, très estimé par les autorités
marocaines et françaises du Maroc. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages
de jurisprudence : Qarnè Réèm, , des consultations et décisions
juridiques; Paâmonè Zahab, , sur le Choulhane Âroukh et
le Hochène Michepat; Séfère Hadad wé-Tèma, , des
nouvelles sur le Talmoud.

ÂRAMA, Yitshaq né en Espagne en 1420, mort à Naples
en 1494 I 
 I

fils de Mochè, rabbin,
philosophe et prédicateur en Castille, en Catalogne et en Aragon, fuit
l’Espagne en 1492 pour aller mourir à Naples. Ses écrits sont inspirés de
l’esprit de l’époque : controverse avec le christianisme, influence de la
philosophie, en particulier de celle de Maïmonide. Son commentaire sur la Tora, Âqèdat
Yitshaq
, , Le Sacrifice de Yitshaq, s’efforce de montrer que
les idées aristotéliciennes figurent déjà dans l’Écriture sainte. Il démontre
que les 6 fêtes symbolisent chacune un des concepts qu’il considère comme
fondamental. Auteur de Yad Avchalom, , commentaire sur les
Proverbes (en mémoire de son gendre, Avchalom, décédé peu après son
mariage), Hazot Qachè, sur les rapports entre la philosophie et
la théologie; Pérouche âl hamèche Méguilot. Les ouvrages
d’Ârama sont appréciés aussi par les étudiants chrétiens et, en 1729
l’Université de Helmatedt, publie en latin une étude sur la section 63 de la Âqèdat
Yitshaq
, sous le titre Dissertatio Rabbinica de Usu Linguae in
Akedat Ischak.

ÂRAMA, Meïr né à Saragosse en 1460, mort à
Salonique en 1566 I 
 I

fils de Yitshaq, rabbin
philosophe, quitte l’Espagne suite à l’expulsion de 1492 et se rend à Salonique
pour y être élu Grand Rabbin de la Communauté aragonnaise. Auteur de Ourim
wé-Toumim
, , commentaire philosophique sur Yirmiya et Yéchâya; Meïr
Iyob
, , commentaire sur le Livre de Iyob; Meïr Téhilot, ,
commentaires sur les Psaumes; Qéhilot Mochè, commentaire sur Chir ha-Chirim;
Ârama, nom d’une localité dans la province de Guipùzcoa, Espagne, ou dérivé de
l’hébreu , tas ou amas de grains.

ÂTTAR, Yéhouda Né en 1655, mort en 1733 I   I

considéré comme l’érudit le
plus illustre de sa génération, personne n’ose le contredire. Bien qu’il
consacrât la majorité de son temps à son poste de Rav et aux autres nécessités
de la communauté, il se dévoua également à l’enseignement de la Tora. En 1704,
il est nommé président du Tribunal. Il a eu comme élève Rabbi Èliyahou
Ha-Sarfaty, Rabbènou.

ATTIA, Êzra Né en 1851 à Alep en Syrie, décédé à
Jérusalem en 1970 I 
 I

fils de Rabbi Yitshaq
(petit-fils de Rabbi Yéchâyahou auteur du Bigdei Yéchâ)
qui émigra en Terre Sainte en 1895 avec ses deux fils, Éliahou et Êzra. Dès son
jeune âge, Rabbi Êzra passe ses jours et ses nuits dans le petit Bèt
ha-midrache
 de Chochanim Lé-David, hors des
murailles de Jérusalem, dans le quartier des Boukharim.
Il est un des premiers élèves de la Yéchiva Ohel Moêde qui
accueille les enfants pauvres et où siègent Rabbi Avraham Adess qabbaliste,
Rabbi Yossef Yédid Ha-Lévi et Rabbi Chélomo Lanyado. Il épouse la fille de
Rabbi Avraham Chalom. Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, les élèves de
la yéchiva, exposés à l’enrôlement dans l’armée Turque, se trouvent en grand
danger et doivent se cacher; mais ils continuent à étudier, et c’est la
Rabbanit Attia qui leur apporte à manger tous les jours. Le groupe se rend
ensuite en grand secret au Caire où, Rabbi Êzra, constatant la désolation
spirituelle qui règne dans cette capitale, donne un nouvel essor à la
propagation de la Tora. Il y fonde la Yéchiva Ahavat Wé-ahva et
l’organisme Kéter Tora qui assure des cours du soir
aux travailleurs et écrit pour eux le traité Âvoda Zara. Par la suite, il est
nommé membre du tribunal rabbinique local. Après la guerre, Rabbi Êzra retourne
à Jérusalem au grand désespoir des Juifs de la capitale égyptienne. Il se
réinstalle dans la yéchiva Ohèl Moêde aux côtés du Roche Yéchiva, Rabbi Chelomo
Lenyado, et du grand méqoubal Rabbi Hayim
Chaoul Douvek. En 1923, la Yéchiva Porat Yossèf ouvre
ses portes et son premier noyau d’élèves et d’enseignants est constitué par un
transfert à partir de l’institution Ohel Moêde, et est
donc dirigée par Rabbi Chelomo Lanyado jusqu’à sa mort en 1935. Rabbi Êzra est
nommé, à l’unanimité, comme son digne successeur. Il dirige cette Yéchiva
malgré les plus grandes difficultés, notamment en 1948 lorsque la Vieille Ville
est conquise par les Arabes et qu’il doit transférer son institution dans la
ville nouvelle. Sa grandeur dans l’étude, dans la Halakha et dans sa forme de
conduite, est remarquable, ainsi que son aptitude à transmettre son savoir en
des termes simples avec les mots qu’il faut. Ses élèves sont restés à jamais
attachés à lui, et ceux qui se sont installés dans un autre pays lui rendent
visite à chaque fois qu’ils reviennent en Erets-Yisraèl. Il est pour eux la
source du Mur occidental. On afflue de tous les coins de Jérusalem pour venir
entendre ses cours. Parmi ses écrits, figurent une série de commentaires sur le
traité talmudique Kétoubot qui disparaît, ainsi que
d’autres fruits de sa plume, lors de la destruction de la Yéchiva Porat
Yossèf
 au cours de la Guerre d’Indépendance, en 1948. Sa modestie
est, durant toute sa vie, une seconde nature. Rabbi Êzra passe la dernière
période de sa vie entouré de milliers d’élèves et de disciples, futurs
propagateurs de la Tora, maîtres réputés, produits raffinés de la Yéchiva Porat
Yossèf
. En 1967, il peut se rendre enfin au Mur Occidental qui vient
juste d’être libéré après vingt années d’assujettissement par les Arabes, et il
en pleure de joie et se répand en prières de louange et de reconnaissance. Le
lendemain de Lag ba-ômer, en 1970, il quitte ce monde, et
ceux qui prononcent les éloges funèbres, exhortent le peuple entier à la téchouva après
cette immense et irremplaçable perte.

AUERBACH,
Mochè 

en 5641, 1881 I 
 I

Rabbin pédagogue et
historien Juif allemand, il dirigea, de 1909 à 1917 et après 1934, des écoles
juives établies en Érèts Yisraèl par l’orthodoxie allemande (Freie
Vereinigung), notamment l’école Netsah Yisraèl à
Pétah Tiqva. En 1949, il prend un poste d’enseignant au Séminaire de jeunes
filles Bèt Yaâqov de Tel Aviv. Il est l’auteur de nombreux
ouvrages d’histoire juive ou de pédagogie.

AVRAMSKI, Yéhezqèl né en Lituanie, 1886, mort Jérusalem
en 1976 I 
 I

il étudie dans différentes
Yéchivot de renom, telles que celles de Novardok et Telz, exerce très tôt des
fonctions rabbiniques dans plusieurs villes de Russie, et s’y distingue
rapidement par l’ampleur de son érudition comme le brillant de sa personnalité.
Expulsé d’URSS, il s’installe à Londres dont il sera de nombreuses années le
président du Tribunal rabbinique. Monté en Èrets Yisraèl en 1951, il s’y
consacre à la publication de ses ouvrages (Hazon Yéhezqèl sur le Talmoud) comme
à des cours dans la yéchiva de Slobodka à Bnei-Braq.

AVRAMSKI, Yéhezqèl Né en Lituanie en 1886, décédé
à Jérusalem en 1976 I 
 I

il étudie dans différentes
yéchivot de renom, telles que celles de Novardok et Telz, exerce très tôt des
fonctions rabbiniques dans plusieurs villes de Russie où l’ampleur de son
érudition et le brillant de sa personnalité le font remarquer. Arrêté en 1930
et déporté en Sibérie, il est libéré deux ans après grâce à des pressions
internationales. Expulsé alors d’U.R.S.S. ils s’installe à Londres où il
assume, pendant de nombreuses années, le poste de président du Tribunal
Rabbinique. Monté en Èrets Yisraèl en 1951, il s’y consacre à la publication de
ses ouvrages (Hazon Yéhezqel sur le Talmud) comme à des cours dans la Yéchiva
de Slobodka à Benei Braq.

ÂZARIA FIGO, (Bina
Laîttim) 

à Venise en 1579, mort à Rovigo (Italie) en 1647 I 
 I

fils de Èfrayim, il passe
sa jeunesse aux études profanes, en découvrant l’étude du Talmoud il réalise
tout le temps perdu, dans la préface de son ouvrage Guidoulè Térouma il
remercie le Tout-Puissant de lui avoir ouvert les yeux. Chef spirituel de la
communauté séfarade de Venise après avoir passé 20 ans à Pise en qualité de
rabbin et dayane. Auteur de Guidoulè Térouma, commentaire
du Séfère ha-Térouma de R’ Chémouèl ha-Sardi, cet important
commentaire sur la halakha à souffert du manque de livres de
référence dû à l’autodafé du Talmoud en Italie sur ordre du pape en 1554, il ne
possède en ce temps que les Traités Baba Qamma, Chévouôt et Nazir lors de la
rédaction de son ouvrage. Célèbre orateur, il compose un recueil de 75 dérachot, sermons,
sur les fêtes et les jeûnes, Bina Laîttim publié à Venise en
1648 inspiré de Qohèlète et des Pirqè Abot. Plus de 50
éditions à ce jour.

AZOULAÏ, Hayim
Yossèf David, (Hida)
 né à Jérusalem en 1724, décédé à Livourne en 1807 I   I

fils de Yitshaq Zeraya,
rabbin, qabbaliste et talmudiste, représentant de la Palestine en Europe, il
fonde une Yéchiva à Livourne et est l’un des auteurs les plus prolifiques de
l’histoire rabbinique. Décisionnaire séfarade de première importance, il est en
contact suivi avec tous les maîtres achekénazes de l’époque, du fait de ses
voyages en faveur de la communauté de Hébrone. Sa mère est d’origine
allemande. La liste de ses ouvrages s’élève à 71 parmi lesquels figurent
Chèm ha-Guédolim, un dictionnaire biographique et
bibliographique; Birkè Yossèf, , des notes sur le Choul’hane
Âroukh
Hayim Chaal, , recueil de responsa; Morè
bé-Ètsbâ wé-Tsiporèn Chamir
, ; Pénè David âl ha-Tora,
Chaâr Yossèf, , sur le Traité Horayot.

AZOULAÏ,
Abraham 

à Fès vers 1570, décédé à Hébron en 1643 I 
 I

fils de Mordékhaï, grand
sage marocain, il quitte le Maroc, à l’âge de 45 ans, pour venir étudier
la Kabbala auprès du Ari, mais celui-ci était
déjà mort à son arrivée en Érèts Yisraèl. Il vécut à Hébron, puis à
Jérusalem, enfin à Haza où il se réfugie lors d’une épidémie qui ravage le
pays. Son petit-fils est le Hida. Ouvrage essentiel : Héssèd
lé-Abraham
Baâlé Brit lé-Abraham; compose un précis de
quatre ouvrages, Qiryat Arba, incluant : Or
ha-Chama
Zoharè ChamaOr ha-Lébana et Or
ha-Ganouz
.

AZOULAÏ, Abraham,
(Ha-Qadoche)
1745 

rabbin de Marrakech. Il est
l’auteur de Miqdache Mèlèkh, , Le sanctuaire du roi,
un ouvrage sur le Zohar. Cependant, Azoulaï était surtout reconnu pour ses
pouvoirs miraculeux, son intervention agissait contre les maladies.

 

BAÂL CHÈME TOV 1698, 1760 I   I

le BECHT, surnom de R’ YISRAÈL Bèn Èliêzer de Miedzyboz, (littéralement Maître du bon nom), titre donné aux maîtres mystiques souvent faiseurs de miracles, thaumaturge et mystique qui vécut en Pologne, fondateur de la secte hassidique. Il recommande à ses adeptes de rechercher la communication directe avec D’ieu, et souligne l’importance de l’enthousiasme religieux et de la prière. Il n’a pas laissé d’ouvrages, mais ses disciples ont consigné son enseignement dans divers recueils.

BAÂLÈ HA-TOSSÉFOT, (Tossafistes) I   I
Avigdor Katz, Autriche 1250.
Abraham d’Orléans, Orléans (France) 1200.
Baroukh bèn Chémouèl, Allemagne, 1221.
Baroukh bèn Yitshaq, Worms (Allemagne, 1170.
Hayim ha-Kohen, Paris (France), 1170.
Hizqiyahou bèn Yaâqov, Allemagne, 1283.
Elhnane bèn Yitshaq de Dampierre, France, 1184.
Éliêzer bèn Natane (Ravane), Allemagne, 1170.
Éliêzer bèn Yitshaq, Prague,1190.
Éliêzer de Touques, Normandie (France), 1280.
Éliêzer de Vérone, Italie, 1225.
Éliyahou Ménahèm de Londres, Angleterre, 1284.
Éliyahou de Paris, France, 1150.
Éliyahou de York, Angleterre, 1190.
Éfrayim de Regensburg, Allemagne, 1175.
Ménahèm de Joigny, France, 1180.
Méchoulam de Melun, France, 1180.
Mochè bèn Chélomo, Allemagne, 1180.
Mochè de Coucy, France,
Mochè d’Evreux, France, 1230.
Mochè de Kiev, Russie, 1150.
Mochè de Pontoise, France, 1180.
Mochè Tachau, Regensburg (Allemagne), 1230.
Natan’èl de Chinon, France, 1220.
Pérèts de Corbeil, France, 1295.
Péeter bèn Yossèf, Autriche, 1146.
Chimchone ha-Zaqène, France, 1140.
Chimchone de Coucy, France, 1200.
Chimchone de Sens, France,1230.
Chémouèl bèn Méïr, France, 1174.
Chémouèl bèn Notrènaï, France, 1197.
Chémouèl de Falaise, France, 1250.
Chémouèl de Joinville, France, 1190.
Simha de Speyer, Allemagne, 1200.
Yaâqov bèn Méïr, Rabbénou Tam, France, 1171.
Yaâqov d’Orléans, France, 1189.
Yaâqov Yisraèl bèn Yossèf, France, 1180.
Yéhièl de Paris, France, 1268.
Yéhouda bèn Qélonimos, Allemagne, 1200.
Yéhouda de Paris (Sir Léon), France, 1130.
Yitshaq bèn Achèr I (Riva) Allemagne, 1130.
Yitshaq bèn Achèr II, Allemagne, 1196.
Yitshaq bèn Abraham (Ritsba), France, 1210.
Yitshaq bèn Méïr (Rivam), France, 1130.
Yitshaq bèn Mordékhaï,Allemagne, 1170.
Yitshaq ha-Lavane, Prague, 1180.
Yitshaq de Corbeil, France, 1280.
Yitshaq de Dampierre, France, 1200.
Yom Tov de Falaise, France, 1250.
Yom Tov de Joigny, Angleterre, 1190.
Yossèf Békhor Chor, Orléans (France) 1175.
Yossèf Porat (Ri Porat) Troyes (France), 1140.

BAHIYA Bèn Achèr, (Rabbènou Béhayè) mort à Saragosse en 1340 I   I

Il fut un des plus éminents élèves de R’ Chélomo ben Adéret (Rachba); excellent exégète du 13ème siècle, qabbaliste, dont on croit qu’il fut rabbin à Saragosse. Son commentaire de la Tora, écrit vers 1291, est imprimé à Naples dès 1492. Son oeuvre Kad ha-Qèmah, , est un répertoire alphabétique des principes de la foi. Son commentaire sur les Pirqè Abot a été conservé grâce à R’ Chélomo Alkabèts qui l’a recopié dans l’un de ses ouvrages.

BAHIYA Ibn Paqoda, (Hovot ha-Lévavot) né à Sarragosse (Espagne) en 1050, mort en 1120I   I

fils de Yossèf, Rabbènou Bahiya, moraliste et auteur de Hovot ha-lévavot, , Les Devoirs du Coeur, ouvrage subdivisé en dix sections appellées, Portes, , écrit en arabe et traduit en français par André Chouraqui, dans lequel il invite le fidèle à retrouver le pur amour de D’ieu par la pratique d’une certaine ascèse et par la soumission à une discipline de tous les instants. Il y donne, pour la première fois, une théorie complète et systématique de la morale juive. Il exerce la fonction de Juge Rabbinique à Saragosse. Pour lui la droiture, l’humilité et la simplicité sont les conditions essentielles de l’accomplissement des préceptes divins.

BAMBERGER, Simha ha-Lewi 1832, 1897 I   I

fils de R’ Seligman Baer (Yitshaq Dov ha-Lewi) Bamberger, rav en Allemagne, né en 5567, 1807 en Bavière, décédé en 5638, 1878. Fut rav à Würzburg. Grand opposant au mouvement de la Réforme, une controverse l’oppose cependant au rav Hirsch quant à la politique à suivre dans cette lutte, ce dernier prônant une politique séparationniste. Son fils, le rav Simha, fut rav à Fisch et Aschaffenbourg. Ouvrages : Hanoukh line harimPéqoudat ha-Léwiim.

BARCHECHAT, Yitshaq, BÈN CHÈCHÉT, Yitshaq, (Rivache) I   I
Né à Barcelone en 1326, décédé à Alger en 1407

Disciple du Rane et du R’ Perets HaCohen, rabbin dans diverses communautés espagnoles, il s’enfuit à Alger lors des persécutions de 1391. Il en devient le rav et y décède. Important décisionnaire et commentateur, très influencé par le Rambam, il s’oppose pourtant à la philosophie d’Aristote.

BASS, Chabbataï, (Bassista) 1641, 1718I   I

(en hébreu méchorer, chantre). fils de Yossèf, rav d’origine polonaise, éditeur et imprimeur, le premier expert juif en bibliographie. Ses parents sont massacrés par les cosaques en 1655 pogrome à Kalisz (Pologne), il s’enfuit à Prague avec son frère aîné. Possédant une voix agréable, il est engagé comme chantre (d’où son surnom de Bass) à la Altneuschul de Prague. Il y acquiert une solide connaissance du Talmoud, doublée d’une vaste culture générale, particulièrement en latin. Il entreprend la compilation d’un catalogue exhaustif d’oeuvres hébraïques et juives, inexistant jusqu’alors. Il parcourt les bibliothèques de Pologne, d’Allemagne et de Hollande. A Amsterdam, il est initié à l’art de l’imprimerie et commence la publication de nombreux ouvrages en hébreu, notamment un Houmache (Pentateuque) avec un surcommentaire de Rachi, le Siftei Hakhamim (Paroles des sages, 1712) qui devient l’inséparable compagnon de Rachi dans la plupart des éditions courantes.

BÈN ZIMRA, David, (Radbaz) né en Espagne en 1479, mort à Safed en 1589I   I

fils de Chélomo, rabbin qabbaliste et talmudiste, il forme la charnière entre les Richonim et les Aharonim, , ces derniers ayant moins d’autorité que les premiers. À la suite de l’expulsion de 1492, il se rend à Fès avec ses parents, puis à Safed. En 1517, il est nommé Grand Rabbin d’Egypte. À l’âge de 90 ans, il démissionne du Grand Rabbinat d’Égypte et va à Safed où il fait partie du Bèt Dine présidé par R’ Yossèf Qaro. Son avis a pesé en particulier dans la discussion sur le renouveau de la sémikha. Il est l’auteur de Divrè David, , Les Paroles de David, un commentaire sur le Yad de Maïmonide; Yéqar Tif’èrète, , Honneur de l’excellence, des réponses à des critiques sur Maïmonide d’Abraham Bèn David; Kélalè ha-Guémara, , Règles de la Guémara, méthodologie du Talmoud; Or Qadmone, , Lumière antique, sur la Qabbale; Maghène David, , Le bouclier de David, une explication mystique de l’alphabet; Mikhtam le-David, , Chant de David, Homélies qabbalistiques sur le Cantique des Cantiques; Chib’îm Panim la-Tora, , Soixante dix méthodes d’explication de la LoiDinè Rabba wé-Zouta, , Grandes et petites décisions, commentaire sur le Choul’hane Âroukh, ; son ouvrage essentiel, Téchouvot ha-Radvaz, .

BEN-ÂTTAR, Hayim, (Or ha-Hayim) né à Salé (Maroc) en 1696, mort à Jérusalem en 1743 I   I

fils de Mochè, un des plus grands qabbalistes du Maroc; pour différentes raisons, il est obligé de quitter sa ville natale et vient s’établir à Fès. Durant ce séjour, il est probablement nommé Roche Yéchiva par Rabbi Chémouèl Elbaz. Rabbénou étudia la Tora auprès de lui à cette époque. Après une période faste, il connait de grands déboires, auxquels s’ajoute la famine de l’an 1730, à la suite de laquelle il décide de quitter le Maroc pour se rendre en Europe où il reçoit le meilleur accueil, il est partout honoré et respecté. Retenu par les notables de la communauté de Livourne où il séjourne de 1738 à 1742, il fonde l’Académie Talmudique de Livourne où il forme de nombreux étudiants; ces derniers lui fournissent les moyens de publier son fameux Or ha-Hayim. En 1742 il se rend à Jérusalem, but qu’il a toujours rêvé d’atteindre; il habite tout d’abord à Acco, puis à Tibériade auprès de R’ Hayim Aboulâfia. Le Hida fut l’un des ses élèves. Son commentaire sur la Tora, , Or ha-Hayim, est l’un des plus appréciés, même parmi les hassidim, et figure dans de nombreuses éditions du Houmache. Ce commentaire accompagne les diverses éditions classiques, Miqraot Guédolot, . Il est l’auteur de nombreux écrits sur le Talmoud, d’ouvrages juridiques, notamment Péri Toar, , sur Yorè Déâ, . Ben-Âttar, nom arabe : fils du parfumeur, droguiste ou épicier.

BENAMOZEGH, Èlie 1823, 1900 I   I

rabbin italien, a voulu, en s’inspirant du Talmoud et de la Qabbale, souligner l’apport du Judaïsme à l’humanité et mettre en valeur l’universalisme juif. En situant la religion juive par rapport aux autres religions, et en particulier par rapport au christianisme, il tente de dégager la véritable mission d’Israël et aspire à rétablir les bases oubliées d’une religion universelle. Ses deux ouvrages principaux, écrits en français, sont Morale juive et Morale chrétienne, ainsi que Israël et l’Humanité.

BENVENISTE, Hayim, (Knesset Ha-Guédola) I   I
né à Constantinople (Turquie) en 1603, mort à Izmir en 1673

fils d’Yisraèl, à 21 ans il est responsable de la kacheroute dans sa communauté, au Rabbinat de Tire près d’Izmir. Il adhère au mouvement du faux messie Chabbétaï Tsvi, et se repent après que ce dernier se soit converti à l’islam. Grand Rabbin de Constantinople puis de Smyrne (1655). Auteur de Kénesset ha-Guédola, la Grande Assemblée, en huit parties; Orah Hayim; Chéyarè; Hochèm Michepat; Êts Hayim; Êts ha-Gane; Êts hadar; Dina dé-Haya, Lois des Vivants, commentaire sur l’ouvrage de Mochè de Coucy; Baê Hayè, Nécessités de Vivants, réponses à des consultations sur Yorè Déâ et le Ébèn ha-Êzer; Pessah Mé-Ôuvine, prières et rituel pour Pessah; Hamra wé-Haya, Vin et Vie, sur le Traité Sanhédrine. Benveniste, nom ancien votif espagnol : Bienvenue.

BERLINE, Naftali Tsévi Yéhouda, (Nétsiv) né à Mir en 1817, mort en 1893 I   I

dès ses jeunes années, il était connu comme un grand savant talmudiste. En 1831, il épousa la fille de R’ Yitshaq de Wolozyn qui était à la tête de l’importante Yéchiva de la ville. Après le décès de son beau-père, il fut nommé directeur, à partir de 1859, de la Yéchiva de Wolozyn qui devint le centre des études talmudiques en Russie. Ses étudiants brillaient par leur profondeur d’esprit et le Netsiv entretenait des relations de parent à enfants avec eux. La Yéchiva alla jusqu’à compter plus de quatre cents étudiants. Il était en faveur d’une approche rationnelle des textes. En 1892, un décret gouvernemental ordonna la fermeture de la Yéchiva. Le Netsiv et sa famille furent exilés. Sa santé en fut si gravement atteinte qu’il ne put réaliser son désir de s’établir en Érets Yisraèl. Il mourut à Varsovie dix-huit mois environ après son départ de Wolozyn. Il avait pour fils R’ Hayim Berlin et R’ Méir Berlin. Son commentaire de la ToraHa-âmèq Davar, , Ha-âmèq Chéèla, , est conforme à ses tendances, ainsi que Rina Chel Tora, un commentaire du Chir Hachirim, et le recueil de ses responsa, Mèchiv Davar (2 volumes).

BIBAS, Abraham 1898, décédé à Jérusalem 1992 I   I

Dayane de Tétouan, il refuse de quitter la célèbre ville de Tétouan, malgré la diminution progressive des effectifs de la communauté. Il occupe dans cette ville les fonctions de dayane pendant plusieurs décennies. Ce n’est qu’après la disparition de son épouse, qu’il accepte de venir à Jérusalem. Personnalité discrète, il sait toutefois se montrer inflexible lorsque la Tora ou les mitswot sont mises en danger. Ses huit enfants sont presque tous engagés dans l’enseignement de la Tora ou dans le rabbinat. Un de ses fils est l’un des responsables de l’École Âqiba de Strasbourg.

BITTON, Chimône Né au Maroc en 1933, décédé à Marseille en 1982 I   I

fils du dayane R’ Hayim, un ouvrage fondé sur ses écrits est édité par son petit-fils de Bné-Brak. R’ Chimône étudie tout d’abord à Tétouan, puis à Sunderland, en Angleterre, au cours de la Seconde Guerre mondiale; il y brille par son assiduité exceptionnelle à l’étude de la Tora, en particulier dans le domaine de la Halakha. Une fois marié, il s’installe à Gateshead, où il est un des piliers de l’ancien Kolel local fondé par R’ Dessler z.l. Il est consulté dans cette communauté sur des questions de halakha, et remplace parfois le rav de la ville. En 1976, il est appelé à Marseille pour occuper les fonctions de dayane qu’il exerce pendant six ans. Il a une influence prépondérante dans le développement religieux de la ville.

BOUNAM, Simha de Pshiskhe 1763, 1827 I   I

fils de rav Tsevi de Wladislaw. Disciple du Hozé de Lublin, il est proche du Yéhoudi ha-Qadoche de Pshiskhe, dont il prend la succession. Cette hassidout compte à son époque des milliers de membres.

BRILL, Yéhièl né en 1816, décédé à Londres en 1886 I   I

gendre du célèbre R’ Yaâqov Sapir. Le R’ Brill est l’éditeur d’un journal en hébreu du nom de Ha-Levanone qui paraît tout d’abord à Jérusalem dans les années 1870, enfin à Mayence sous la direction du R’ Méir Marcus Lehman; cette revue sert de fer de lance au judaïsme orthodoxe d’Europe Occidentale, en particulier au secrétaire de R’ Yitshaq Elhanan Spector, le R’ Yaâqov Lifchitz. Rav Yehiel Brill fait partie du premier groupe d’Ekron. Il raconte l’épopée de la création des premières colonies dans un petit livre intitulé Yessoud ha-Maâla.

CHABÉTAÏ Ha-Kohèn, (Chakh) I    I
né en Lituanie en 1622, mort en Tchécoslovaquie en 1663

fils de Méïr, auteur de responsa publiées avec celle de son père dans Guévourat Anachim; , Siftè Kohène, , abréviation de Chakh sur le Choulhane Âroukh Yorè Déâ; Sélihot wé-Qinot, , élégies pour le 20 Sivane commémorant les massacres des cosaques; Néqoudot ha-Kèssèf, , commentaire du Tourè Zahav, , de R’ David Ha-Léwi. Après son mariage il est nommé dayane au Tribunal rabbinique de Vilna. Indépendant d’esprit il n’hésite pas à contredire ses prédécesseurs et contemporains en rendant des décisions selon ses propres déductions et la logique talmudique.

CHAKH Elhazar Menahem Man Né à Voboïlnik (Lituanie) en 1898 I    I

directeur aujourd’hui de la Yéchiva de Poniewitz en Israël; il se distingue, dès sa plus tendre enfance, par une assiduité hors du commun à l’étude, et fait son apprentissage au héder de Voboïlnik avant d’entrer, vers l’âge de onze ans, à la fameuse yéchiva de Slobodka, dominée alors par le rabbi Nathan Tsevi Finkel, le Saba de Slobodka. Au début de la première guerre mondiale, la yéchiva se réfugie à Slutsk, en Russie, autour du rav Isser Zalman Meltzer. Timide et réservé, le Rav Chakh passe ses jours et ses nuits dans la salle d’étude, n’osant guère se faire inviter par l’habitant, et il lui arrive ainsi de rester plusieurs jours sans manger normalement. Séduit par les qualités intellectuelles et morales remarquables du jeune étudiant, le Rav Zalman Meltzsr le choisit comme époux pour sa nièce. À l’avènement de la révolution bolchevique et des persécutions antireligieuses, la yéchiva fuit à nouveau pour se réfugier en Pologne dans la ville de Kletsk. Il noue aussi des liens étroits d’amitié avec le gendre du rav Meltzer, le rav Aharone Kotler, qui assure plus tard en Amérique l’essor des grandes yéchivot. Le rav Chakh enseigne à la yéchiva de Kletsk et assure pour un temps la direction de la yéchiva hassidique de Karlin. Il se fait connaître et devient l’intime des plus grandes autorités du temps : le Hafets Hayim de Radin, le rav Hayim Ozer Grodziensky de Vilna, et le rav Yitshaq Zeév Soloveitchik de Brisk. Le rav Chakh s’enfuit en 1940 et monte en Èrets Yisraèl où il enseigne à la yéchiva de Lomzé à Pétah Tiqwa. Il se joint, au début des années cinquante, au corps enseignant de la yéchiva de Poniewitz dont il est, jusqu’à ce jour, le directeur. Ses grands maîtres, avant leur disparition, le choisissent pour entrer au Conseil des Sages de la Tora de l’Agoudat Yisraèl, car ils voient en lui celui qui pourrait perpétuer, dans les affaires publiques, la traditions qu’ils incarnent. Son influence et son rayonnement n’ont cessé de grandir dans les vingt dernières années. On vient du monde entier le consulter pour affaires publiques ou privées. Ses liens particuliers avec le monde séfarade, les nombreux disciples qu’il y a formés, son amitié récente avec le rav Ovadia Yossèf, lui confèrent une audience encore plus targe.

CHÉLOMO Èfrayim de Lunchits, (Kéli Yaqar) I    I
né en Pologne, mort à Prague en 1619

fils d’Aharone, il est l’auteur du commentaire sur la Bible intitulé Kéli Yaqar, . Rabbin et prédicateur, chef spirituel d’une Yéchiva à Lemberg (Pologne), il est appelé en 1604 à diriger la communauté de Prague. Outre son commentaire, il laisse des ouvrages de morale religieuse, un recueil de Sermons Ôlélot Èfrayim, ; Îr Guiborim, ; Siftè Daât, ; Orah lé-Hayim,

CHÉLOMO Ibn Virga né en Espagne, mort en Turquie vers 1590 I    I

auteur du Chévet Yéhouda, rédigé 20 ans après l’orage de 1492. Ce livre, où il décrit les nombreux pogromes que les Juifs subirent jusqu’à son époque, fut très répandu. Ibn Virga a vécu l’Expulsion et fut même marrane une certaine période au Portugal, puis réussit à rejoindre l’Italie.

CHÉLOMO Bèn Yitshaq, (Rachi) I    I
né à Troyes (France) en 1040, mort à Troyes en 1105

acronyme de R’ Chélomo bèn Yitshaq de Troyes, père des commentateurs de la Tora et du Talmoud; selon la tradition, la lignée de Rachi remonterait à R’ Yohanan Hassandelar et au roi David; il est le chef et le modèle de l’École française qui fleurit du 10ème au 14ème siècle. Sa clarté et sa concision sont incomparables. Le plus important des commentaires de Rachi est son commentaire sur le Talmoud, une brillante entreprise encyclopédique. Rien ne peut être comparé à l’impact qu’a ce commentaire sur tous ceux qui étudient le Talmoud. Le commentaire de Rachi a ouvert à tous ce qui, autrement, serait resté un livre hermétique. Sans son commentaire, personne n’aurait pu naviguer sur la Mer du Talmoud. Chaque mot est précis et chargé d’une signification intérieure. Les corrections de Rachi sur le texte du Talmoud ont été, pour la majorité d’entre elles, incluses dans les éditions courantes, et c’est ce texte qui fait autorité. Le commentaire de la Bible de Rachi a eu un impact similaire et, en fait, presque toutes les Bibles hébraïques imprimées contiennent ce texte qui se distingue par sa sobriété, sa clarté et sa fidélité à la lettre de l’Écriture. Les études bibliques et talmudiques traditionnelles n’omettent jamais l’explication de Rachi, base de toute exégèse. Humble il n’accepte aucune position rabbinique et continue à exercer son métier de marchand de vins. D’importants travaux ont été influencés par Rachi, tel Sèfèr ha-Pardès, , et le Mahzor de Vitry.

CHÉLOMO, Ibn Adérèt, (Racheba) I    I
né à Barcelone en 1235, mort à Barcelone en 1310

Élève de Rabbènou Yona de Gérone et du Rambane. Personnalité dominante de sa génération, talmudiste, il est consulté par les Juifs de l’ensemble de la gola. Il prend position dans les grandes polémiques de l’époque contre le Rambam et lutte énergiquement contre le qabbaliste Abraham Aboulafia et certaines écoles philosophiques. Auteur des Responsa (7 volumes), un commentaire sur une grande partie du Talmoud, les commentaires sur la Aggada (tradition homilétique) et des chéélot ou-téchouvot (questions et réponses) relatives à nombre de problèmes domestiques.

CHÉLOMO, Ibn Gabirol I    I
né à Malaga vers 1020, mort à Valence en 1058

poète et philosophe espagnol, parmi les penseurs les plus originaux du monde juif au Moyen-Âge. Nombre de ses poèmes ont été introduits dans le Rituel des Prières, en particulier le Kéter Malkhout (Couronne Royale), récité dans certaines communautés le soir du Yom Kippour (Jour du Grand Pardon). Son ouvrage de base est le Mekor Ha-Hayime (Source de vie), manuel de métaphysique pure qui se présente sous la forme d’un dialogue fictif entre un maître et son disciple. Le philosophe espagnol soulève ce problème : Comment D’ieu, pur esprit, a-t-il pu créer le monde matériel? Il répond qu’à l’origine des choses, il y a la volonté divine qui, par essence, est identique à D’ieu, mais qui, sur le plan de l’activité créatrice, s’en distingue. Cet ouvrage, écrit en arabe, a été traduit en latin au douzième siècle et résumé en hébreu moderne et publié en 1926. Ses autres ouvrages comprennent Tikkoun Middot Ha-Nafèche, approche unique sur les vertus et les vices relatifs aux cinq sens, chaque sens devenant l’instrument de deux vertus et de deux vices.

CHÉMARYA bèn Elhanane I    I
né en Italie, décédé au Caire (Égypte) en 1011

talmudiste et halakhiste, un des Quatre captifs, il est vendu par ses ravisseurs à Alexandrie où d’influents membres de la communauté juive payèrent sa rançon. R’ Shmaryah s’installe à Fostat (Vieux Le Caire) où son père, R’ Elchanan, est un des grands rabbins. Il y fonde un florissante académie. Il y est reconnu sous le nom de Av Bèt Dine Ché-lé-Kol Yisraèl (Juge en chef de tout Israël), titre rarement attribué en dehors de la Terre Sainte ou Babylone. R’ Shmaryah est consulté par des rabbins de pays lointains. Malheureusement, aucune de ses Responsa ne lui a survécu. Son fils R’ Elchanan lui succéde au Rabbinat de Fostat.

CHÉMOUÈL Bèn Mèir, (Rachebam) I    I
né à Ramerupt en 1085, mort en France en 1174

fils de R’ Mèir bèn Chémouèl, petit fils de Rachi par sa mère, Yokhéved, et qui, de son village de Ramerupt (Champagne), exerce une grande influence sur le judaïsme français de l’époque. Il était le frère du grand Rabbénou Tam et un collègue de R’ Yossef Kara. Très marqué par l’autorité de son grand-père, il passe beaucoup de temps avec lui à débattre de sujets d’ordre légal et exégétique. En matière d’exégèse, il est rapporté de nombreux exemples où Rachi accepte l’opinion de son petit-fils. Il complète l’oeuvre de son grand-père en terminant les commentaires talmudiques qu’il avait laissés inachevés et en composant un nouveau commentaire sur la Bible, qui accentue encore la tendance à la clarté et le recours au bon sens qui font apprécier Rachi; il commente le Traité Baba Batra, , et le dernier chapitre de Péssahim, , que l’on retrouve dans les éditions du Talmoud. Il est le premier de l’Ecole française à utiliser la méthodologie du Rif.

CHÉMOUÈL Éliêzèr Èdéls, (Maharcha) I    I
né en Pologne en 1555, mort à Ostroh (Russie) 1632

fils de Yéhouda ha-Léwi, gendre de Mochè (Achekénazi) Hélprin, auteur de Zikhrone Mochè, . Auteur de deux importants commentaires du Talmoud, Hiddouchè Halakhot, et Hiddouchè Aggadot, , que l’on retrouve dans la plupart des éditions modernes du Talmoud. Ses mots sont d’une remarquable concision et d’une grande profondeur, il possède l’inspiration divine.

CHÉMOUÈL Ha-Naggid I    I
Né à Cordoue en 993, mort à Grenade en 1055

fils de Yossèf, talmudiste et homme d’état, il reçoit une éducation, depuis sa tendre jeunesse, en études séculaires et religieuses. Son Maître en Talmoud est le R’ Hanokh bèn Mochè, et son professeur en grammaire hébraïque est R’ Yéhouda ibn Hayoug. Dirigé par des mentors arabes, il étudie les sciences, les mathématiques, la calligraphie, la poésie arabe et des langues. En 1012, lors de la guerre civile, le chef berbère Suleiman est victorieux; R’ Chémouèl et de nombreux autres Juifs doivent émigrer car ils ont pris le parti du rival de Suleiman, Mohammed ibn Chashim. Il trouve refuge à Malaga sous la baguette paisible du royaume berbère de Grenade. Il est nommé secrétaire particulier de al-Arif, vizir du roi Chabus de Grenade. Al-Arif est tellement impressionné par son style et ses connaissances, qu’il lui demande de le guider dans toutes les affaires d’état. Après la mort de al-Arif, le roi nomme R’ Chémouèl comme successeur du vizir. À cause de ce poste, il est appelé Ha-Naggid (le Prince) par les Juifs de Grenade, et Ibn Nagdela par les Arabes. Il est très jalousé, mais reçoit le support total du roi. À la mort de ce dernier, en 1037, son fils Badis non seulement le reconduit dans ses fonctions, mais lui donne d’autres responsabilités. R’ Chémouèl devient, virtuellement, le dirigeant de Grenade. En plus d’administrer les affaires domestiques du royaume, il est nommé commandant en chef des armées. Il érige à Grenade une magnifique synagogue qui inclut une académie talmudique. Il laisse de très nombreux écrits talmudiques ainsi que des poèmes sur les Psaumes, les Proverbes, et l’Ecclésiaste. Son fils, R’ Yehosef, lui succéde et reçoit également le titre de Ha-Naggid.

CHIMCHONE d’Ostropol I    I
né et mort à Polnoé en Pologne (aujourd’hui Russie) en 1648

il était le petit-fils (fils de sa fille) de R’ Chimchone ben Betzalel, rabbin de Kremenitz, frère du Maharal de Prague; on sait très peu de choses sur sa vie personnelle, mais on pense qu’il est né aux environs de 1600. Durant sa courte vie, il acquiert une grande renommée et il est considéré, de son vivant, comme une figure légendaire. Grand qabbaliste, maître hassidique, il est considéré comme un saint homme, et des secrets de la Tora lui sont révélés par rouah ha-kodeche (divine inspiration). Il mentionne lui-même que des secrets de la Tora lui ont été révélés dans des rêves par des grands de la Tora décédés. Auteur de Dane Yadine, ; Karnayim, ; Mahanè Dane, . Il connaît une fin tragique de martyr à Polnoé avec dix mille Juifs de sa communauté le 3 Av 5408 (1648), tués par une meute de Cosaques dans leur synagogue.

DELMEDIGO, Eliyahou, (Crétensis) I    I

né à Crête (d’où son surnom) en 1460, décédé en 1496

philosophe, il exerce une grande influence dans le monde non juif de son temps, à Padoue, en Italie, où il enseigne la philosophie juive et celle d’Averroès à Pic de la Mirandole, lui révélant aussi des notions de Kabbala, bien qu’il soit lui-même un des opposants à cette sagesse. Poursuivi sans doute par les Juifs de la communauté de Padoue, dirigée par le R’ Yehouda Mintz, il retourne en Crête où il meurt très jeune. Son ouvrage a été achevé en 1490 mais a été imprimé pour la première fois en 1622 seulement, à Bâle.

DESLER, Èliyahou Èliêzèr I    I
né à Liepaia (ou Libau) Lituanie en 1892 mort en 1953

étudie à Gomel (Russie). Il appartient, dès sa jeunesse à l’école du moussar, au Ténouât ha-Moussar, mouvement qui s’est développé à la fin du siècle dernier en Europe orientale, sous l’impulsion de R’ Yisraèl Salanter et qui a mis l’accent sur le développement des valeurs morales. Devenu rabbin à Londres, il exerce une influence considérable sur divers cercles de la jeunesse juive. Il fonde à Gateshead, en Angleterre, un kolel, et est appelé en 1948 à devenir l’animateur spirituel de la Yéchiva de Poniévitch, à Bnè-Bérak, en Israël. Par son action comme par sa pensée, le R’ Desler a voulu souligner l’importance de l’étude des textes aggadiques pour comprendre la beauté de l’enseignement de nos Sages. Les sermons du R’ Desler ont été recueillis par écrit par ses disciples, et publiés, après sa mort, dans les trois tomes du Mikhtav Mé-ÈliyahouÉcrits d’Èliyahou.

DISKIN, Mochè Yéhochouâ Yéhouda Leib 1817, 1898 I    I

rav Posseq et chef spirituel du vieux Yichouv de Jérusalem. Né à Grodno, en Biélorussie, où il devint célèbre en tant qu’enfant prodige. A partir de 1844, il fut rav successivement à Lomza, Mézéritch, Kovno et Shklov, et, dès 1873, à Brest-Litovsk (Brisk), d’où son titre le rav de Brisk. Après un bref séjour en France, en 1877, il s’installa à Jérusalem où il remplit les fonctions de rav jusqu’à la fin de ses jours. Il est le fer de lance du militantisme orthodoxe, à la tête du combat contre l’assimilation en Érèts Yisraèl, et préconise une dissociation totale des religieux et des non religieux. Il fonde d’importantes institutions communautaires à Jérusalem, et notamment l’orphelinat qui porte encore son nom. Il dirige la yéchiva Ohel Mochè connue de nos jours sous le nom de Tif’erèt Yérouchalayim. Ses oeuvres comprennent des responsa et des commentaires sur la Genèse, l’Exode et la Haggada.

DONACHE bèn Labrate I    I
né à Bagdad (Irak) ou à Fès (Maroc) en 920, mort en 990

disciple de Saâdia Gaone, spécialiste en grammaire hébraïque, en contradiction bien souvent avec son professeur; il a même écrit Téchouvot al R’ Saâdia Gaone dans lequel il dénonce plusieurs définitions avancées par Saâdia Gaone. Les différences principales entre les deux grammairiens se trouvent dans l’origine des racines des divers mots qui pouvaient en changer le sens suivant l’interprétation. Mais ils acceptent d’un commun accord les règles grammaticales en vigueur. La plus grande contribution du R’ Donache en chant et poésie est l’introduction de formes spécifiques empruntées à la poésie arabe. Il est critiqué pour cela, néanmoins sa méthode est adoptée par toutes les générations suivantes de poètes, le mettant au firmament de la poésie séfarade. Il est reconnu comme le père de la rime hispano-hébraïque. Certaines de ses compositions sont devenues de populaires hymnes liturgiques, comme celui du Chabbat Dror Yikra et Dvai Haseir, préface du Birkat Ha-Mazone des festivités de mariages.

DOURANE PROFIAT, Yitshaq, (Ha-Éfodi) 1450 I    I

fils de Mochè Ha-Léwi, philosophe, grammairien, astronome et polémiste juif espagnol du 15ème siècle. Auteur de pamphlets satiriques mordants contre le christianisme (ne sois pas comme tes ancêtres et La honte des nations) qu’il signe du pseudonyme de Éfod (initiales de ani Profiat Dourane, Je suis Profiat Dourane, le éfod était un des vêtements portés par le Grand-Prêtre). Auteur également d’ouvrages de philosophie juive, de grammaire hébraïque, d’astronomie et d’histoire juive.

DOURANE, Chimône, (Rachebats) I    I
né à Palma de Majorque en 1361, mort à Alger (Algérie) en 1444

fils de Tsémah, rav Chimône bèn Tsémah Dourane originaire d’une famille de Provence. Médecin et rabbin, il s’enfuit en 1391 à Alger où il remplace le Rivache à son décès. Oeuvres : Tachbets (des responsa), Maguen Avot (philosophie juive), Zohar ha-Raqiâ sur les Azharot (décompte des 613 mitsvot sous forme poétique) de Ibn Gabirol.

DOURANE, Chélomo, (Rachebache) I    I
né en Algérie en 1438, mort en 1510

fils du Tachebets, R’ Chimône bèn Zérah Dourane. Il remplace son père. Son fils, R’ Tsémah, rédige des responsa consacrés aux problèmes des Marranes, le Yakhin ou-Boaz.

ÉFRAYIM de Regensburg mort en Allemagne en 1175 I    I

fils de Yitshaq, auteur de Arbaâ Panim, commentaire du Talmoud, des piyoutim, pour les sélihot, du 10 Tévèt, signé Abraham Yitshaq Éfrayim en l’honneur de son grand-père et père; disciple de Rabbènou Tam et de Riba.

EIGER, Âqiba 1762, 1838 I    I

né à Eizenstadt et décédé à Poznan. Beau-père du Hatam Sofère, ses ouvrages de Halakha comme ses commentaires du Talmoud sont devenus des classiques.

EIGER, Âzrièl Méir 1873, 1941 I    I

décédé durant la Choa. fils d’Abraham, descendant du Hozé de Lublin, il a pris la place de son père en tant que Admor de Lublin. Vécut à Polav, puis à Varsovie. Ses publications, Ha-Tsaât taqana nehoutsa et Taqanat rabim, concernent les relations commerciales.

ELBAZ, Chémouèl né en 1698, mort en 1749 I    I

Il établit une Yéchiva et instruit de nombreux disciples comme Rabbènou Ha-Sarfaty, Rabbi Abraham Mansano, Rabbi Chem-Tov Ben Amozeg, Rabbi Yossèf Ben-Samoune, Rabbi Chem-Tov Gabaï, et bien d’autres encore. À l’âge de trente-sept ans, il est nommé juge de la ville de Fès, et comme Rabbi Hayim Bèn-Âttar résidait à cette époque dans la ville, Rabbi Chémouèl lui confie la direction de la Yéchiva. Rabbi Chémouèl écrit plusieurs livres; sa méthode d’étude est très appréciée et complimentée par ses contemporains comme le Hida et Rabbi Hayim Bèn-Âttar. Rabbi Chémouèl est également connu pour sa piété et ses bonnes actions. À sa mort, à l’âge de cinquante-deux ans, il laisse de nombreux érudits formés par ses soins.

ELBAZ, Raphaël Mochè I    I
né à Séfrou (Maroc) en 1823, mort en 1896

rabbin talmudiste, savant, poète, et chanteur de Séfrou . Il est l’auteur de Halakha le-Moché (La loi de Moïse), des consultations juridiques; Tsione Ba-Michepat (Sion en justice); Zibhe Tsédeq (Sacrifices de justice), sur les règles de l’abattage des bêtes; Chéqel ha-Qodèche (Sicle saint); Béèr Chévaâ, sur les sept sciences; Poter MayimPérachat ha-Kessef (Chapitre d’argent), un ouvrage de morale et de proverbes; Holat Ahabah (Mal d’amour); Arbâ Chomérim (Les quatre gardiens), un ouvrage de jurisprudence; Séfère Kéritout (Le livre des divorces; Kissé ha-Mélakhim (Le Trône des Rois), histoire; Chir Hadache (Chanson nouvelle), des chants liturgiques; Atert Paz (La couronne d’or pur); Eden Mi-Qedem (Le jardin d’avant l’origine); Ha zerha-mishkan (Le parvis du Temple); Turbez hé-Hazer (La cour du parvis).

ELBRAGLONI, Yitshaq, (El-Bartseloni) né à Barcelone I    I

fils de Yaâqov; il vit dans le sud de l’Espagne. Auteur des piyoutim ainsi qu’une explication du Traité Kétoubot. Le Rambane est son petit-fils.

ELIMELEKH de Lizensk 1717, 1787 I    I

rabbin de Galicie, en Pologne. Il est l’un deux premiers maîtres du hassidisme. Son commentaire sur le Pentateuque, le Noame Elimélekh, est un exemple de lecture hassidique de la Bible.

ELKAIM, Refaël Yéhouda I    I
Né à Casablanca (Maroc) en 1928, décédé en Israël en 1993

il étudie au lycée français de Casablanca où il obtient son baccalauréat, et participe parallèlement aux activités des Éclaireurs Israélites du Maroc. En 1947, encouragé par Robert Gamzon, alias Castor, il rejoint les rangs de l’école de cadres Gilbert Bloch d’Orsay, et poursuit ensuite avec succès des études d’ingénieur en électricité à l’école Ampère de Paris. En 1951, non content d’observer lui-même les commandements de la Tora, il milite ardemment pour que les étudiants juifs puissent, en plein Quartier latin, manger kachère à moindres frais. Il rencontre le rav Abraham Kalmanowitz, préoccupé au plus haut point par l’indigence spirituelle alarmante de la jeunesse juive du Maroc, venu à Paris, bien que ne parlant pas français, afin d’intervenir auprès de l’Alliance Israélite Universelle. Rav Yéhouda l’aide dans ses démarches qui aboutissent après maintes difficultés. En 1950, le futur Rav Elie Rotnemer, ancien d’Orsay, l’invite à passer à ses côtés les prochaines vacances universitaires à la prestigieuse Yéchiva de Gateshead. La découverte du monde des Yéchivot est pour lui une véritable révélation. Il épouse plus tard une des filles du professeur Robert Samuel de la Yéchiva de Colmar. Après son mariage à Paris, il établit son foyer à Gateshead. En 1955, il obtient de Paris son diplôme d’ingénieur. Entre-temps, un architecte généreux, M. Chemouèl Tolédano, réputé pour ses connaissances en Qabbale, édifie à Tanger une Yéchiva dirigée par rav Zoucha Waltner, fruit de Gateshead. En été 1956, rav Elkaïm rejoint cette Yéchiva de Tanger, et dirige un camp d’études juives pour lycéens, puis retourne à Gateshead. Le Joint américain, ayant accepté de financer l’établissement d’un Kolel à Tanger, rav Elkaïm quitte Gateshed et s’installe à Tanger avec sa famille en 1957. En 1959, il devient, en plus de son travail au kolel, directeur du Séminaire de jeunes filles, et en 1963, assume, en plus de son travail, la fonction de directeur du Lycée tangérois du Marshan. En 1964, il est élu membre du Comité de la Communauté et obtient le financement d’un miqwé moderne conforme aux exigences de la halakha, dont il fait lui-même les plans. Il n’accepte, pendant tout ce temps, qu’un salaire de d’étudiant. En 1965, à la suite d’une vague d’émigration, rav Yéhouda part pour Strasbourg à la Yéchivat Eshel. Jamais il n’accepte de rémunération pour son travail, à part un modeste salaire de rabbin de la petite communauté de Mulhouse-Dornach. Il assume également la charge du Talmud Tora de Mulhouse, dispense des cours aux membres de sa communauté, organise les Talmud Tora Yéchiva-Vacances (T.T.Y.V.), camps d’été d’études juives pour les jeunes de la région. Inquiet du manque de structures éducatives, au niveau national, pour desservir les jeunes Juifs Nord-Africains arrivant en France, il entreprend, en 1966, un voyage aux Etats-Unis pour sensibiliser les dirigeants d’Ozar HaTora à ce problème urgent, et Ozar HaTora France est fondé. Il préside cette association jusqu’en 1977 avec un idéalisme sans compromis, une intégrité incorruptible et surtout un attachement inconditionnel à l’étude de la Tora. Lorsque son état se dégrade, en 1993, il demande à être transféré d’urgence en Israël où il décède la veille de Roche ha-Chana.

EMDEN, Yaâqov Yisraèl, (Yaâvets) I    I
né à Altona près de Hambourg (Allemagne) en 697, mort en 1776

fils de R’ Tsvi Hirsch Achkenazi (le Hakham Tsevi). Brillant talmudiste et qabbaliste, écrit une quarantaine d’ouvrages sur divers sujets religieux; son commentaire sur le Livre de prières est l’un des plus populaires de ses ouvrages, il rédige un commentaire sur la Michena, la Guémara et le Siddour, des notes sur le Zohar, ainsi que de nombreux écrits polémiques contre les partisans de Chabbetaï Tsevi. Il ne reste que peu de temps chef spirituel de la Communauté d’Emden et s’occupe surtout de l’imprimerie hébraïque qu’il avait fondée à Altona.

ERLANGER, Michel 1828, 1892 I    I

fils du rabbin de Wissembourg, il est l’un des membres influents du Consistoire où il occupe les fonctions de vice-président; il est également l’un des fondateurs de l’Alliance Israélite et exerce une grande influence auprès du Baron de Rothschild, notamment au sujet des colonies créées à l’époque en Érèts Yisraèl.

FALAGI, Hayim Né à Izmir en 1788, décédé à Izmir en 1868 I    I

fils de Rabbi Yaâqov, il grandit dans une ambiance de sainteté et puise une bonne part de son érudition auprès de son grand-père Rabbi Raphaël Hazan, avec lequel il rédige le livre Simha Lé-Hayim, et de son maître Rabbi Yitshaq Gattegno (auteur du livre Bèt Yitshaq sur les textes de Maïmonide). En 1823, son grand-père le nomme Hakham Chalem. Ce n’est qu’après la mort de son père, Rabbi Yaâqov, qui accepte le poste de Dayane de la ville et Roche Yéchiva de Bèt Yaâqov Rabbi où il a étudié. En 1837, il est nommé Av Beit Din. En 1855, il reçoit le plus haut titre de Rabbanout d’Izmir : Rav ha-kolel. Un an plus tard, il reçoit par ordonnance du Sultan Abdul-Medjid le pouvoir de mettre ses décisions à exécution, c’est à dire d’exercer une pleine autorité sur les Juifs d’Izmir. En 1864, sous le règne du Sultan Abdul-Aziz, une nouvelle ordonnance royale élargit son autorité. Humble et modeste, ces honneurs n’altèrent pas sa personnalité. Avec l’aide des membres de sa communauté chargés par lui de demander leur soutien aux plus grands donateurs du monde de l’époque, il réunit les fonds nécessaires pour faire construire un hôpital. Il fonde également un Collel pour les meilleurs éléments de sa yéchiva. Pour favoriser l’instruction des enfants pauvres, il lève des taxes sur la viande vendue dans la communauté; il développe le champ d’activités communautaires de la ville, fonde des institutions d’aide sociale et des organismes pour le renforcement du Judaïsme. Sa bonté, son amour du prochain ne connaissent point de limites. En plus de son intense activité communautaire, il prend le temps de répondre aux questions qui lui parviennent d’Orient et d’Occident, de Tunis et de Galicie, de Damas et de Bucarest. Lors de l’accusation de meurtre rituel portée sur les Juifs de Damas et de Rhodes, R’ Hayim use de son influence auprès des plus riches personnalités de la communauté qui se mettent en rapport avec les familles Montefiore et Rotschild. Sir Montefiore se rend spécialement à Izmir pour y rencontrer personnellement Rav’ Hayim. Des liens étroits d’amitié se nouent entre eux, et il fait don d’une somme très élevée au profit des oeuvres de charité de la ville. Rabbi Hayim écrit un livre en son honneur et celui de sa femme Judith intitulé Hayim Drahav lé-Mochè Téhila. Il écrit également en ladino un petit ouvrage Matsa Hayim en l’honneur de la reine d’Angleterre qui est intervenue également pour faire annuler l’odieuse accusation, et y fait une comparaison entre la souveraine et Bitya, la fille de Pharaon qui sauva Mochè. Il favorise le développement de l’imprimerie d’ouvrages juifs d’Izmir en faisant éditer ses nombreux ouvrages en quantités importantes, ainsi que ceux de ses fils. R’ Hayim est peut-être le seul qui eut le mérite de voir ses oeuvres imprimées de son vivant (72 livres). Il commence à écrire à l’âge de seize ans le livre houlat Tsaddiq lé-Hayim, et son dernier ouvrage Birkat mohadé lé-Hayim la veille de sa mort. Une grande partie de son oeuvre (54 livres), d’une valeur inestimable, est détruite lors du très grave incendie de 1841 qui dévasta la plus grande part des quartiers juifs d’Izmir. Deux autres incendies aussi graves avaient touché la partie juive de la ville en 1743 et 1772. Son moral étant terriblement atteint, son fils Rav’ Abraham, lui fait répéter par coeur ce qu’il a écrit afin d’en réaliser une nouvelle rédaction et de réparer une partie de cette perte. Son oeuvre s’étend sur des domaines nombreux et diversifiés, Tora cachée et révélée; Halakha et Haggada; prière et chants; coutumes; commentaires sur les ouvrages de générations précédentes et sur le Midrache. Il y a 24 ouvrages de Halakha, 15 livres sur le Midrache, 9 ouvrages sur le Chass (ensemble de traités talmudiques), 7 ouvrages de commentaires sur la Bible, Psaumes inclus, 3 livres de Moussar (Éthique) et 3 autres sur des sujets divers. Après sa mort, prend fin la dernière époque de rayonnement du Judaïsme d’Izmir.

FALK, Yéhochouâ, Kohèn Tsédèq, Kats, (Semâ) I    I
né à Lemberg (Pologne) en 1555, mort en 1614

élève du Rama et du Maharchal, dirige une yéchiva à Lemberg (Lvov), dans la maison de son très riche beau-père, R’ Yisraël Endels, qui pourvoit à ses besoins pendant des décennies. Parmi ses disciples les plus renommés, nous trouvons R’ Yehochouâ ben Yossèf de Cracovie, R’ Avraham Rappaport Shrentzel, et R’ Yissachar Ber Eilenburg. Il rédige d’importants ouvrages de halakha : le SmâSéfer Méirat Einaïm, commentaire du Choulhane Âroukh, et le Dericha ou-Pericha, commentaire du TourEven Ha-ÊzèrKuntres R’ Yéhochouâ Falk Ha-Kohen.

FEINSTEIN, Mochè né en Lituanie en 1895, 1986 I    I

descendant du Gaone de Vilna. Comptant parmi les grandes figures rabbiniques d’Europe orientale, il fuit l’URSS quelques années après la révolution bolchevique et s’installe aux États-unis où il disparaît la veille de Pourim 1986. Ses réponses halakhiques, caractérisées par leur grande clarté comme par l’ampleur des sujets étudiés, sont rassemblées dans cette véritable encyclopédie que sont ses Iguérot Mochè et en ont fait l’un des principaux décisionnaires de notre temps.

FINKEL, Naphtali Tsvi, (Saba de Slobodka) 1859, 1927 I    I

illustre rabbin lituanien, appelé communément le SABA (aïeul) de Slobodka (ville célèbre en Lituanie pour son école talmudique). Nombre de maîtres des Yéchivot d’aujourd’hui comptent parmi ses élèves. En 1924 se fonde, sur son initiative, la Yéchiva de Hébron, en Palestine où lui-même vient s’installer en 1925. Il meurt en 1927 à Jérusalem. Un an après sa disparition, ses élèves publient, en hommage à sa mémoire, un recueil basé sur l’enseignement du Maître, comprenant des textes écrits par diverses personnalités rabbiniques et un éloge de l’oeuvre du rabbin.

GÉRONDI, Yona I    I
né à Gérone (Espagne) en 1180, décédé à Tolède en 1263;

fils d’Abraham, auteur de Chaârè Téchouva. Disciple de R’ Chélomo de Montpellier, R’ Yona est l’un des plus actifs participants dans la controverse de son professeur contre le travail philosophique de Rambame. Cependant, lorsque 24 wagons chargés de Talmoud sont brûlés par l’église à Paris, au même endroit où le Morè Nevouchim de Rambame a été brûlé neuf ans auparavant, R’ Yona, y voyant un signe de la Divine Providence, regrette ses précédentes actions contre le travail de Rambame. Comme raconté par son dévoué disciple, R’ Hillel de Vérone, R’ Yona déclare publiquement qu’il est dans l’erreur, et fait le voeu de se rendre à Tibériade sur la tombe de Rambame pour le supplier de lui accorder le pardon devant un miniane de dix personnes. R’ Yona commence son voyage, mais est retenu à Barcelone pendant trois ans. Il y donne des conférences, citant toujours les décisions halakhiques et les interprétations talmudiques de Rambame, avec infiniment de respect. Après trois ans, il espère exécuter son voeu, mais il est retenu à Tolède où la communauté le supplie de séjourner quelque temps afin de recevoir de sa part une instruction talmudique. Il y décède subitement sans jamais avoir pu terminer son voyage vers Èrets Israèl. Toute la communauté juive espagnole le pleure, et Rambame, dont la mère était la soeur du père de R’ Yona, et dont le fils R’ Chelomo est marié à la fille de R’ Yona, compose une eulogie en son honneur. R’ Yona est fameux grâce à son classique ouvrage d’éthique, Chaârè Téchouva. Il a également écrit un commentaire sur le Sefer Ha-Halakhot de Rif; ses nouvelles talmudiques, citées par de nombreux talmudistes, ont été perdues, et seulement celles de Sanhedrin et Baba Batra ont été imprimées; sa Mégilat Sesarim, mentionnée par Racheba et Rane, n’existe plus; un commentaire sur Tractae Avos, a été publié; son commentaire sur le Livre des Proverbes est loué par R’ Bahya qui dit : il a serti ses mots avec des rangées de saphirs pour illuminer les yeux. J’ai placé ses mots comme une couronne d’or fin sur ma tête, pour égayer mon âme…; il a rédigé également un traité sur Hanoukka, (cité par Rachbatz), Iguérèt Ha-Téchouva, Sefer Ha-Yira et Chaârè Téchouva, qui sont considérés comme une partie d’un ouvrage intitulé Chaârè Tsédeq; également un ouvrage d’homélies sur la Tora, Dérachot Ou-Pèrouchè R’ Yona. Parmi ses élèves, Rachba, R’ Chelomo ben Elie de Sirai, et R’ Hillel ben Chémouèl de Vérone.

GINSBOURG, baron de né en 1857, décédé en 1910 I    I

appartenant à une illustre famille russe anoblie au 19ème siècle, dont les membres se firent connaître comme financiers et philanthropes. Le baron David vit entre Saint-Pétersbourg et Paris, et jou un rôle important dans le monde de l’édition juive de l’époque, son nom étant en particulier lié à la société Méqitsé Nirdamim, qui réédite nombre de textes hébraïques.

GOMBINER, Abraham Abbali, (Maguène Abraham) I    I
né en Pologne en 1634, mort en Pologne en 1682

fils de Rabbi Hayim ha-Léwi qui fut martyrisé par les Cosaques en 1655. Rabbi Abraham Gombiner s’installe, après cet événement, à Lissa où il étudie sous l’égide d’un parent, Rabbi Yaâqov Yitshaq Gombiner. Après ses études, il devient professeur de jeunes enfants dans la ville de Kalish. À la suite d’une discussion talmudique avec le Chakh, en visite dans cette école, il est le seul à apporter une réponse à un problème posé. Le Chakh impressionné par la clarté de sa logique, discute avec lui pendant plusieurs heures sur des problèmes talmudiques. Après cela, le rabbin de Kalish, Rabbi Yisraèl Shapira, fils du Rabbin Natan Natâ Shapira II, nomme Rabbi Abraham, morèh tsèdèq, , responsable de la halakha concernant la vie quotidienne, comme les questions sur le Orah Hayim , , et Yorè Déâ, , du Choulhan Âroukh, . Il est, plus tard, nommé dayane, , juge. Rabbi Abraham Gombiner est renommé pour son monumental commentaire du Choulhan Âroukh, Maguène Abraham, , concernant l’entière section du Orah Hayim. Il le termine en 1671 et l’adresse à son frère à Amsterdam sous le titre Nèr Yisraèl, . Son frère étant décédé entretemps, le manuscrit lui est retourné. Il le réécrit par la suite. Avec cette publication, Maguène Abraham s’ajoute au Tourè Zahav, , sous-titré Maguène David, , pour devenir les commentaires usuels du Orah Hayim. Les deux commentaires sont imprimés ensemble sous le même titre de Maguinè Érèts, . Le Gaone de Vilna, lui-même, se réfère au Tourè Zahav et au Maguène Abraham dans chaque paragraphe de son commentaire sur le Choulhan Âroukh.

GRODZINSKY, Abraham 1882, 1944 I    I

animateur spirituel de la Yéchiva de Slobodka, en Lituanie. Disciple du R’ Naphtaly-Tsvi Finkel, il fut également le continuateur de son oeuvre. Il dirige la Yéchiva avec beaucoup de dévouement; au milieu des pires tourments, il ne se départit jamais de son égalité d’humeur, et reste pour tous ceux qui l’entourent un exemple d’endurance et de fidélité aux principes moraux qui ont guidé sa vie. Il disparait dans la tourmente avec les habitants du ghetto de Slovodk. (Ses enfants ont rédigé les divers sermons qu’il avait prononcés, ainsi que plusieurs articles qu’il avait transmis à certains de ses élèves. Tous ces écrits ont été recueillis dans un ouvrage, Torat Abraham (L’Enseignement d’Abraham).

GUERCHONOWITZ, Réoubène Yossèf I    I
Né en Lituanie en 1914, décédé à Netivoth le 5 avril 1995

personnalité discrète mais marquante du monde des Yéchivot, il est décédé à l’âge de 81 ans. Il était depuis 19 ans le roche Yéchiva de la Yéchiva de Neticoth, sous la direction du rav Yissakhar Méïr. Né en Lituanie dans une famille de rabbanim, il a étudié dans les grandes yechivoth d’avant-guerre : Lida (auprès du R’ Yaâqov Neumann), Kobrin (chez R’ Pessah Prouskine), Kaménitz (auprès du R’ Baroukh Beer Leibovitch). R’ Réouven était déjà connu à l’époque pour sa grande assiduité à l’étude. En 1936, son père vient s’installer avec toute sa famille en Erets Isra raël. R’ Réouven, pour sa part, se dirige vers la grande yéchiva israélienne de l’époque, celle de Lomzé à Pétah-Tiqva, et devient à cette époque un familier du Hazon Iche. En 1956, après son mariage, il est nommé enseignant dans cette yéchiva en même temps que R’ Chakh. Après la fermeture de cette vieille institution, il est roche yéchiva à Hémed, puis à Netivot où il occupe ce poste pendant les 19 dernières années.

HA-LEWI, David, (Taz) I    I
né en Pologne en 1586, mort à Lemberg en 1667

fils de Rabbi Chémouèl ha-Léwi, gendre de Rabbi Yoël Sirkis, auteur du Bah, , . Il est notamment rav de Poznan et de Lvov. Connu principalement pour son commentaire Tourè Zahav, , (en abrégé Taz, ‘) qui figure dans toutes les éditions du Choulhane ÂroukhMaguen David sur Orah Hayim, Divrei David, sur le commentaire de Rachi sur la Tora, ainsi que Maguen Avraham. Il est l’un des grands Aharonim. Ses dernières années sont endeuillées par la mort violente de ses deux fils, Mordekhaï et Chelomo, martyrisés pendant les pogroms de Lemberg en 1664. Deux cents ans après la mort du Taz, sa tombe fut accidentellement ouverte et son corps a été trouvé miraculeusement intact.

HA-KALIR, Eliêzar I    I
vécut sans doute en Babylonie aux 8ème, 9ème siècles, 900

Cependant, le Hida, dans son Chèm ha-Guédolim, rapporte qu’il se peut qu’il ait vécu du temps des Tanayim. Auteur de nombreux poèmes liturgiques pour le Chabbat et les fêtes, intégrés dans le rituel achekénaze.

HA-KOHEN, Tsadok de Lublin I    I
Né à Kreisbourg en 1823, décédé en 1900

L’un des grands auteurs hassidiques orienté vers la philosophie, a écrit d’innombrables ouvrages : Tsidqat ha TsadiqPeri TsadiqRessissé laïla, etc…

HA-KOHEN RABIN HAÏMOV, Ben Tsion I    I
Né en Bulgarie en 1911, décédé à Jérusalem

Rav de la communauté juive d’origine de Boukhara en Israël, il était également le chohèt principal de Tel-Aviv. Descendant d’une famille rabbinique importante, il monte en Èrets Yisraèl en 1935, devient le dayane de la communauté bulgare de Jérusalem, puis son Grand-rabbin. Son fils, R’ Pinhas, est dayane à Tel-Aviv.

HA-KOHEN, Malakhi I    I
né à Livourne en 1700, décédé à Tripoli en 1790

fils de Yaâqov, il est l’élève du rav Yossèf Irgass auquel il succéde en 1730. Il publie plusieurs ouvrages dont le célèbre Yad Malakhi qui est une exposition systématique des règles talmudiques classées par ordre alphabétique.

HA-LEWI, Yaâqov (Maharil) I    I
décédé en 5187, 1427

fils de Mochè, grand maître allemand de la fin des Richonim. Il est l’un des piliers de la jurisprudence achekénaze, en particulier par l’intermédiaire d’un ouvrage posthume du nom de Minhaguè Maharil.

HA-LEWI, Yaâqov Yitshaq, (Hozé de Lublin) 1745, 1815 I    I

fils de R’ Abraham Èliêzer ha-Léwi, il fut le disciple du Maguid de Mezeritch et de R’ Elimélekh Lipman de Lizensk. Il fut le maître de la plupart des autorités hassidiques de Pologne.

HA-LEWI EPSTEIN, Baroukh 1829 – 1900 I    I

a écrit Tora Temima, Tora intègre, ouvrage très répandu qui a su gagner la faveur du public. Publié en 5662, 1902 et maintes fois réédité depuis, il comprend le texte de la Tora et le commentaire de Rachi et Aroukh Hachoulhane qui donne le détail de toutes les règles du Choulhane Aroukh avec leurs sources dans le Talmud. De plus, à chaque verset de la Tora utilisé dans les textes talmudiques, correspond en bas de page la citation in extensa de ce texte, rehaussée de notes explicatives et érudites de l’auteur.

HA-LEWI, Yitshaq Eiziq décédé en 1914 I    I

guidé dans son travail par R’ Hayim Ha-Léwy; l’un des plus importants historiens orthodoxes, il rédige une immense oeuvre de référence, le Dorot ha-Richonim, en huit volumes, qui traite de toute la période allant des Tanayim et Amorayim jusqu’aux Guéonim, en reprenant les thèses d’auteurs non religieux comme Graetz, Weiss et autres, tout en s’opposant souvent à eux. Il fut l’un des piliers de l’Agoudat Yisraèl.

HA-LÉWI, Aharone, (Ra’ah) I    I
né à Gérone (Espagne) en 1230, mort en Provence en 1300

fils de Yossèf, descendant du Raza, “, et de R’ Achèr de Lunel. Il étudie avec son frère Pinhas et son neveu Yitshaq. Il occupe conjointement avec le Racheba, “, le rabbinat de Barcelone. Ils signent ensemble des responsa et sont officiellement accrédités par le gouvernement du roi Pédro. Lorsque le Racheba publie le célèbre Torat ha-Bayit, , Raah fait une critique polie par son ouvrage Bèdèq ha-Bayit, , ce qui lui vaudra une réponse sévère en l’ouvrage Michemèrèt ha-Bayit, . Il est l’auteur du célèbre ouvrage sur les 613 Mitswot, le Sèfèr ha-Hinnoukh, . En 1283 il contrôle temporairement le Rabbinat de Saragosse dans le but de résoudre des problèmes internes. En 1286 il assure la fonction de rabbin de Barcelone.

HAIM, Yossèf I    I
Né à Bagdad, Syrie, en 1834, décédé à Kéfir en 1909

Également connu sous le nom de Ben Iche Haï (titre de l’un de ses ouvrages), fils de Eliahou, petit-fils de Mochè, il devient le guide spirituel de toutes les communautés orientales, de l’Irak jusqu’en Afrique du Nord. Il n’exerce aucune fonction officielle, car il est avant tout un orateur célèbre. C’est grâce à ses nombreux écrits, une soixantaine de livres, qu’il nous est donné de connaître ce grand maître en juridiction, en Moussar (morale) et en Qabbale. Ses décisions halakhiques parviennent en Europe de l’Est, jusqu’aux rabbins de Lituanie et de Pologne. Son ouvrage Ben Iche Haï occupe, chez les Séfarades, une place aussi importante que le Kitsour Choul’hane Âroukh, le Hayel Adam, ou le Michena Béroura chez les Achkénazes. L’oraison funèbre qu’il prononce à Bagdad, à l’âge de vingt cinq ans, au cours des obsèques de son père Rabbi Eliahou, impressionne les responsables de la communauté qui le nomment à leur tête. Cette oraison devient l’introduction de tous les discours qu’il prononce ultérieurement durant cinquante années consécutives dans cette ville. Il reçoit la formation du Kotaèv (Heder) et bénéficie de l’enseignement de son oncle (frère de sa mère), Rabbi David ben Méir qui, à la fin de ses jours, fonde la Yéchiva Chochanim Lé-David à Jérusalem. Par la suite, il étudie au Midrache Bèt Zalka parmi les plus éminents Rabbanim de Bagdad, et a pour maître Rabbi Abdallah Somekh. Il épouse à 18 ans la fille de Rabbi Yéhouda Somekh. Les Juifs de Bagdad se conforment à son enseignement et le considèrent comme leur modèle de foi et de piété. Ils l’appellent simplement le Hakham (le Sage). Rabbi Yossèf enseigne de nombreuses traditions et fait prévaloir de nouvelles règles dans la communauté. De plus, ses chants, ses Piyoutim, et les prières spéciales qu’il compose tout au long de sa vie, se répandent dans toutes les communautés orientales. Il apporte de nombreuses modifications au recueil de prières traditionnelles qui, depuis, sont insérées dans tous les Siddourim séfarades. Sa science est pour tous une source d’émerveillement et de stupéfaction. Rabbi Yossèf se rend, en 1869, en Israël où il se recueille sur la tombe de tous les grands maîtres enterrés en Terre Sainte, puis il rentre à Bagdad. En 1909, il se rend à Kéfir, sur le tombeau du prophète Ezéchiel. Il séjourne quelques semaines dans ce village pour y écrire son livre Maâlote Yehézkel. Un peu après il décède et son corps, escorté par des patrouilles de l’armée, est transporté jusqu’à sa ville. On lui fait un enterrement grandiose auquel assistent également un grand nombre de non Juifs. Toute la communauté observe les sept jours de deuil. Il n’a pour descendance qu’un fils et une fille. Son fils, Rabbi Yaâqov devient le chef religieux de la communauté de Bagdad.

HANAN’ÈL bèn Houchièl I    I
mort à Kairouan (Tunisie) en 1055

Commentateur du Talmoud et enseignant, connu pour son immense commentaire du Talmoud incorporant les interprétations des Académies de Babylone et d’Italie, il rend les textes du Talmoud Babli et Yérouchalmi faciles d’accès, et incorpore de nouvelles interprétations. Ses commentaires sont souvent cités par le Rif et les Tossafistes. Il rédige aussi un commentaire de la Tora cité par Rambane. Séfère ha-Mitswot, , un recueil des lois alimentaires, lui est imputé, des responsa apparaissent dans Èvèn ha-Êzèr, , de Ravane.

HARLAP, Yaâqov Mochè 1890, 1952 I    I

un des maîtres du judaïsme de Terre Sainte de nos jours (né et mort à Jérusalem). Il fut associé de près à l’action du Grand Rabbin d’Israël, Abraham Yitshaq Kook, et dirigea la Yéchiva fondée par ce dernier. Sa science était grande dans tous les domaines des études sacrées. Il a publié peu d’ouvrages de son vivant; ses disciples ont entrepris, après sa mort, d’éditer les manuscrits qu’il a laissés.

HASDAÏ Ibn Chaprout I    I
né à Jaen (Espagne) 915, mort à Cordoue en 990

fils de Yitshaq, personnalité marquante du judaïsme espagnol, érudit, médecin, philanthrope et homme d’État, polyglotte. À Cordoue où il est médecin des califes Abdel Rahman III et IV, il est réputé avoir découvert un remède appelé al-farouk; fin diplomate il occupe le poste de ministre des Affaires Étrangères et obtient une alliance avec l’empereur de Byzance Constantin VII. Il met à profit ses hautes fonctions pour venir en aide aux communautés juives d’Europe et d’Orient. Il découvre l’existence des Khazars, peuplade du Sud de la Russie convertie au judaïsme, et entretient une intéressante correspondance avec leur roi.

HAVER, Yitshaq Eiziq I    I
né à Horodna, en Lituanie, en 1789, décédé en 1853

l’un des plus importants disciples du Gaone de Vilna, formé par R’ Menahem Mendel de Schklow. Il fut rav dans diverses communautés lituaniennes. Il a publié une vingtaine d’ouvrages, et autant d’autres sont restés à l’état de manuscrits. Une bonne partie de ses oeuvres est consacrée à expliquer l’enseignement du Gaone en matière de Kabbala.

HAYIM de Volojine 1749, 1821 I    I

disciple du Gaone de Vilna, fondateur de la Yéchiva de Volojine, en Lituanie, dans laquelle il a répandu les méthodes d’étude du Talmoud qu’avait préconisées son maître. Ses livres, surtout le Néfèche Ha-Hayime, témoignent d’une volonté de rendre accessibles, sous une forme philosophique, certains aspects de la tradition mystique.

HAYIM Arié Leib Yédvavna, (Chaâr bat Rabbim) ? 1800 I    I

rabbin de la fin du 19ème siècle, auteur d’une anthologie savante de commentaires sur la Tora et les Méguilot.

HAYIM Ibn Moussa 1500 I    I

sage juif espagnol du 15ème siècle. Il vécut à Béjar, près de Salamanque. Médecin des rois et des nobles, il engage de vives polémiques contre les Chrétiens, dont il résume les arguments dans son ouvrage, le Maghèn wé-romah (Le bouclier et la lance) publié en 5215-1455.

HELLER, Yéhochouâ 1814, 1880 I    I

chef spirituel de la communauté de Telz en Lituanie. Il a écrit divers ouvrages en vue de raffermir la foi et d’encourager à l’étude du Talmoud Hossène Yéhochouâ.

HILDESHEIMER, Azrièl 1820, 1899 I    I

l’une des plus importantes personnalités rabbiniques d’Allemagne, rav à Eisenstadt, puis à Berlin en 5629, 1869) où il fonde le célèbre séminaire rabbinique orthodoxe de Berlin qui exerce une influence considérable sur la vie religieuse d’Europe occidentale au siècle dernier.

HILLEL de Vérone (dates approximatives) 1220, 1295 I    I

médecin, philosophe et talmudiste italien. Il lutte pour défendre les écrits de Maïmonide. Son livre principal, Thagmouley Ha-Néfèche, se préoccupe du problème de l’immortalité de l’âme.

HIRSH, Chimchone Raphaël 1808, 1888 I    I

rabbin de la communauté de Francfort, fondateur de la néo-orthodoxie, élève de célèbres talmudistes allemands, il est également diplômé de l’Université de Bonn. Il a mené le combat de l’orthodoxie moderne contre la réforme et l’assimilation. Nommé, en 1851, rabbin à Francfort-sur-le-Mein, il reconquiert au judaïsme orthodoxe une grande partie de la communauté juive de cette ville. Dans son oeuvre, écrite en allemand (Dix-neuf Lettres sur le Judaïsme, Horèv, traduction et commentaire de divers Livres de la Bible), tout en exaltant avec fougue les valeurs du judaïsme, il s’efforce d’expliquer les moindres particularités du texte sacré et de trouver un sens symbolique et une portée morale à chaque détail des rites. Il démontre que la Tora n’est jamais de son temps, mais qu’elle répond aux problèmes de tous les temps. Selon lui, rien n’empêche le Juif d’être un homme moderne et, en même temps, fidèlement attaché à l’enseignement hébraïque.

HISDA, Qrèsqas II I    I
né à Barcelone (Espagne) en 1340, mort à Barcelone en 1415

fils d’Abraham, philosophe et théologien espagnol. Il s’oppose aux conceptions trop aristotéliciennes qui se sont développées dans la philosophie juive médiévale, et il élabore dans son Or Ha-Chème (la Lumière de l’Ét’ernel), une philosophie personnelle, tentative de conciliation entre le déterminisme et la liberté, amour de D’ieu pour la créature qui explique la révélation de la Loi et la rétribution finale, et auquel répond l’amour de l’homme pour le Créateur.

HOROWITZ, Yéchâya Ha-Léwi, (Chèlah ha-Qadoche) I    I
né à Prague en 1560, mort à Tibériade en 1630

fils d’Abraham Ha-Léwi, qabbaliste et halakhiste. Il quitte la fonction de rabbin de Prague pour la Terre Sainte, où il se fixe en 1621 et rédige son célèbre et merveilleux ouvrage couvrant toute l’éthique juive, Chélah ha-Qadoche, ” , d’après les initiales de Chénè Louhot Ha-Bérit, , Les Deux Tables de l’Alliance, divisé en deux parties : Dérèkh Hayim contenant les lois des fêtes et Louhot ha-Bérit, livre de morale, fondé sur l’explication des six cent treize mitswot de la Tora. À Jérusalem il accepte la fonction bénévole de Roche Yéchiva des Achekénaz. Il se familiarise avec les concepts du Ari, inconnus en Europe. Durant son séjour à Jérusalem, la vie est intolérable du fait de la tyrannie du dénommé Ibn Farouk et son beau-frère Othman Aga qui pillent et torturent les Juifs; il est lui-même victime, ainsi que 15 autres rabbins et leaders communautaires, d’arrestation sans motif. Libéré après 15 jours et paiement d’une forte rançon, il quitte Jérusalem pour Safèd puis Tibériade où il finit ses jours, il est enterré près du Rambam. Auteur de Chaâr ha-Chamayim, , (1717), commentaire qabbalistique sur le siddour, ; Bigdè Yéchâ, , commentaire sur Mordékhaï.

HOUCHIÈL bèn Elhanane I    I
né en Italie, décédé à Kairouan (Tunisie) en 1000

talmudiste et professeur, un des Quatre captifs, il est rançonné le long du littoral africain. À la suite de cela, il s’installe à Kairouan, florissante communauté de Tunisie, dont il devient le rabbin. Il prend la tête d’une très importante académie talmudique qui produisit des halakhistes et talmudistes très connus, pendant de nombreuses générations. Sa renommée est très grande. En reconnaissance de sa grandeur, l’académie de Babylonie prend, en son honneur, le titre de Roche Bei Rabbanane (Autorité du Grand Rabbin). Bien qu’aucun de ses écrits ne soit retrouvé, son approche est soulignée par ceux de son fils, R’ Hananel, et de son disciple, R’ Nissim bèn Yaâqov. Des services commémoratifs en sa mémoire furent tenus à Grenade, Lucena et Cordoue, à l’instigation du R’ Chémouèl Ha-Naggid, qui adresse également une lettre de condoléances personnelle à son fils et successeur, R’ Hanan’èl.

HOUTSIN, Tsedaka I    I
Né en 1875 à Bagdad, décédé à Jérusalem en 1961

fils de Rabbi Mochè, appelé du nom de son grand-père, auteur de nombreux piyoutim fort répandus dans les communautés séfarades, dont le Mélekh Goèl ou-Machiah, chanté le jour de Roche Hodeche Nissane, un des chefs communautaires de Bagdad. Rabbi Tsedaka a pour seules préoccupations l’étude et l’enseignement de la Tora. Il reçoit l’enseignement du Kout’ab puis étudie à Midrache Bèt Zalka auprès Rabbi Yossèf Hayim (le Ben Iche Haï). Il étudie également dans la Yéchiva du Hakham Rabbi Elicha Dangour. Sa femme, la Rabbanit Noam (fille de son oncle Rabbi Avraham Tsedaka), l’aide tout au long de son existence dans ses saintes entreprises. Sa demeure est fréquentée par les plus grands Rabbanim. Il fonde à Bagdad un Talmud Tora où, au fil des ans, plus de quatre mille enfants étudient exclusivement les Lois écrite et orale. Il refuse véhémentement d’introduire les études profanes dans sa Yéchiva malgré les menaces du gouvernement. En 1904, il se rend pour la première fois en Israël en compagnie de Rabbi Yéhezhel Ezra Rahamim (auteur du Atsei Hayar) et Rabbi Yaâqov Hayim Sofer (auteur du Kaf Hakhamim). Ils visitent Jaffa, Jérusalem, Hébron et Safed, et rentrent trois mois plus tard à Bagdad en passant par la Syrie. Vingt deux ans plus tard, en 1926, il se rend pour la seconde fois en Èrets Yisraèl avec tous les siens pour s’y installer. À Jérusalem, il est nommé chef de tous les Rabbanim de la communauté iranienne (Roche Rabanei ha Hedah ha-bavlith), et devient très rapidement l’une des grandes figures du Judaïsme séfarade en général et l’une des personnalités éminentes de la ville. En 1929, il crée une synagogue privée, Chémèch Tsedaka, dans le quartier de Guéoula, dont il fixe les horaires de prières comme il le désire, et ne laisse y officier que ceux auxquels il donne son accord après avoir vérifié leurs qualités humaines et l’observance des mitswot. L’Arche Sainte, d’une très grande beauté, est construite également à ses frais tout comme les étuis d’or et d’argent des Sifré Tora. Rabbi Tsedaka rédige deux petits ouvrages, Mekits Nirdamim, première et deuxième parties, rapportant les discours qu’il prononce à Chémèch Tsedaka au cours de Roche Ha-Chana 1943 et 1944, afin de transmettre la signification des terribles événements de l’époque. Avec tout son amour du prochain, il exhorte le peuple à la pénitence et met en lumière les déficiences spirituelles de la génération et les dangers menaçant la véritable identité de notre peuple amenés par la forme laïcisée des études en Terre Sainte. Chaque année, il fait construire une grande Soukka dans la cour de sa synagogue, et, durant la nuit de Hochâna Raba, celle-ci ne désemplit pas et l’on y sert, tout au long de la fête, un repas à ceux qui viennent étudier (selon la coutume séfarade selon laquelle on ne peut prononcer la bénédiction sur la Mitswa de Soukka sans y manger). Il fait également cultiver dans cette cour du blé consacré à la fabrication des Matsoth Chémourot pour Pessah (il travaille à cette culture et à cette fabrication la majeure partie de l’année). Également mohel accompli, il accomplit la mitswa de Bérit Mila sur quatre générations de nouveaux nés. Perte irremplaçable, il quitte ce monde à 86 ans. Son Bèt Ha-Midrache Chémèche Tsedaka continue, à ce jour, à servir de centre spirituel pour les Juifs d’origine irakienne. Le Premier rabbi Tsedaka né à Bagdad en 1699, (qui précède de cinq générations celui auquel est consacrée cette biographie, est le fils de Rabbi Saâdia Houtsin dont tous les enfants nés avant lui n’ont pas survécu, et qui confie l’éducation de ce dernier-né à Rabbi Raphaël Chélomo Leniado. Orateur de grande notoriété déjà à l’âge de 15 ans seulement, il est considéré comme l’une des lumières de sa génération. Les plus grands Rabbanim parmi lesquels R’ Chimone Dowick ha-Kohen et Rabbi Matsliah Yihiel Ovadia, viennent lui soumettre leurs questions. À l’âge de 35 ans, il signe une décision rabbinique avec les anciens Dayanim. Suite à une terrible épidémie qui décime en 1742 de nombreux Juifs de Bagdad, parmi lesquels pratiquement tous les Rabbanim de la ville, Rabbi Tsedaka est nommé guide spirituel de sa communauté qu’il reforme et reconçoit en très peu de temps. Il y développe l’étude de la Tora et l’observance des Mitswot, et est à l’origine de nouvelles mesures et coutumes. Il est le seul Dayane de sa ville, et ce n’est qu’en 1753 que deux Sages se joignent à lui pour les jugements et la direction spirituelle. Parmi ses ouvrages les plus connus se trouvent : les responsa Tsédaqa Ou-Michepat sur le Choul’han Âroukh, le recueil de commentaires sur la Tora, Avodat Ha-Tsédaqa, Maâssé ha-Tsédaqa, Me’il Tsédaqa sur les quatres livres du Tour, et la plus grande partie du Even Ha-Êzèr du Choul’hane Âroukh, et ce, en plus d’une série d’ouvrages manuscrits comportant d’autres responsa et commentaires qui, expédiés par caravane de Bagdad en direction de Venise pour y être imprimés, sont malheureusement saccagés par des brigands qui attaquent le convoi. À la fin de 1772, une épidémie de peste qui décime de nombreuses vies à Bagdad, emporte trois fils de Rabbi Tsedaka : Rabbi Saâdia, Rabbi Nissim et Rabbi Yaâqov. Peu de temps après, en 1773, à l’âge de 74 ans, il est lui-même emporté par cette terrible maladie.

IBN CHOUÎV, Yoèl I    I
né en Espagne, décédé à Salonique (Turquie) en 1510

il passe sa jeunesse à Aragon, en Espagne, mais, peu après 1469, il s’installe à Tudela (Navarre). En 1495, il s’installe à Salonique en Turquie, où il est le rabbin d’une des congrégations espagnoles. Parmi ses oeuvres : Olas Shabos, sermons sur la Tora; Nora Tehillos, commentaires sur les Psaumes; Ein Mishpat, commentaire sur Job; et un commentaire sur les Lamentations, publié en même temps que le Kinas Sesarim de R’ Abraham Galante, sous le titre de Kol Bochim. Son fils, R’ Chemouèl (décédé en 1528), fut également un enseignant réputé et fut le Rav de la communauté Aragonaise de Salonique.

IBN ZIMRA, David, (Radvaz) I    I
Né en Espagne en 1480, décédé en Israël en 1573

fils de Chélomo, il arrive très jeune à Safed après l’expulsion d’Espagne. Certains affirment que ses parents s’installèrent d’abord à Fès, au Maroc, avant de s’installer à Safed. À l’âge de 13 ans, à Safed, il fait la connaissance de R’ Yosef Iscandari, mais il étudie sous l’égide de R’ Yossèf Saragossi, un rabbin réputé pour ses miracles. R’ David quitte ensuite Safed et personne ne sait où il vécut avant son installation en Égypte. On suppose qu’il vécut à Jérusalem. Il émigre en Égypte vers 1514 et s’établit au Caire. Très vite, il est nommé Grand Rabbin d’Égypte, poste qu’il occupe pendant quarante ans. Ce n’est pas le rabbinat qui le fait vivre, et il devient un homme d’affaires très compétent. Radvaz fut très actif dans les affaires communautaires des différentes congrégations égyptiennes. Il dirige au Caire une très importante académie comprenant de nombreux disciples, parmi lesquels R’ Betsalèl Ashkenazi, R’ Yitshaq Louria et R’ Yaâqov Castro. En 1553, il retourne en Israël et s’installe à Jérusalem qu’il quitte ensuite pour s’établir à Safed. Il y trouve la paix et est grandement honoré et révéré par le Bèt Dine local et par R’ Yossèf Qaro, pour sa grande érudition et son âge avancé. Parmi ses ouvrages, se trouvent sa grande responsa (7 volumes publiés dans plusieurs endroits différents, et, plus tard, 2 volumes à Varsovie en 1883). Un livre complémentaire de sa responsa fut édité à Bnei Brak en 1975. Il écrit aussi Magen David (paru en 1713), traité qabbalistique sur l’alphabet; Metsouda David (paru en 1862), exposition qabbalistique des 613 commandements; Migdal David (paru en 1883), commentaire qabbalistique du Cantique des Cantiques; Klalei Gemara (paru à Venise en 1599), Hiddouchim sur le Talmoud; et plusieurs autres ouvrages très renommés.

IRGASS, Yossèf I    I
né à Livourne, Italie, en 1685, décédé en 1730

autorité aussi bien en étude talmudique qu’en Kabbala, les Juifs d’Italie et de France le consultent. Il s’oppose très violemment au groupe chabtaïste, en particulier à Nehémya Hayoun. Au cours de la dernière année de sa vie, les sages d’Italie lui demandent de prendre position dans la controverse qui vient d’éclater à propos de R’ Mochè Hayim Luzzato, mais il refuse de se prononcer. Son Chomer Emounim ha-Qadmon paraît après sa mort : il y présente les arguments en faveur du Zohar, et de la transmission du Ari, sous forme d’une discussion entre deux personnages.

ISSERLESS, Mochè, (Rama) I    I
né à Cracovie (Pologne) en 1525, mort à Cracovie en 1572

fils d’Yisraèl, rabbin polonais et codificateur, chef spirituel de la Communauté de Cracovie. Ses contemporains le considèrent comme le Rambam de la communauté juive polonaise et il peut être comparé à Rambam à bien des égards. Il rédige des Notes sur le Choul’hane Âroukh, , (codification de la loi juive), écrit par le R’ Yossèf Qaro. Ces Notes qui se réfèrent davantage à l’autorité des Maîtres d’Europe Occidentale et orientale, ont force de loi pour les communautés de ces pays (achekénazim). Les Notes de R’ Mochè Isserless sont inséparables du texte de R’ Yossèf Qaro, avec lequel elles sont toujours éditées. Il existe de nombreuses éditions complètes du Choul’hane Âroukh. Parmi ses ouvrages les plus remarquables, il faut citer Torat ha-hattat sur les lois d’interdiction et de tolérance alimentaires, de même qu’un ouvrage de responsa et de commentaires sur diverses oeuvres de Maïmonide, d’Eliyah Mizrahi, de Mordekhaï ben Hillel, et d’autres érudits encore. Son Méhir yayin contient un exposé du manuscrit d’Esther qui a le caractère d’une homélie, tandis que Torat ha-olah est une oeuvre philosophique sur la signification symbolique du Temple et des offices religieux. Son père construit une synagogue à Cracovie en l’honneur de son fils, connue sous le nom de Synagogue Rema. Elle a survécu à l’occupation nazie en Pologne et est toujours en fonction à Cracovie. Vénéré par la communauté juive polonaise, sur sa pierre tombale, qui se trouve dans la cour de la synagogue Rema, est gravé cet hommage : De Moïse (Maïmonide) à Moïse (Isserlès), personne ne fut aussi illustre que Moïse.

JUNG, Leo né en Moravie en 1892 I    I

Ayant étudié dans des yéchivot hongroises, il reçoit sa sémikha (ordination rabbinique) au Séminaire rabbinique de Berlin en 1920, et prend un poste de rabbin à Cleveland, aux USA. Il se distingue comme l’un des plus importants protagonistes de la néo-orthodoxie en Amérique. Membre du conseil suprême de l’Agoudat Yisraèl jusqu’en 1929, il finit par s’en séparer pour des raisons idéologiques. Écrivain et rédacteur de renom, il publie 8 volumes de The Jewish Library, entre autres.

KAGAN, Yisraèl Méir Ha-Kohen, (Hafèts Hayim) I    I
né en 1839 à Zettel (Lithuanie), décédé à Varsovie en 1933

fils de Rabbi Arié-Zéev qui décède à l’âge de 47 ans, victime d’une épidémie de choléra; à l’âge de neuf ans, il étudie déjà dans la yéchiva de Rabbi Hayim Nahman Parness à Vilna. À l’âge de onze ans seulement, il connaît par coeur deux cents page de Guémara. Après trois ans de veuvage, sa mère se remarie avec Rabbi Chimhon de Radin, père d’une fille, Frieda, que Rabbi Yisraèl épouse à l’âge de 17 ans en 1856. Il refuse toute fonction rabbinique pour se consacrer exclusivement à l’étude de la Tora. Plus tard, il ne tire ses moyens d’existence que de la vente de ses livres. Personnalité la plus éminente du judaïsme lithuanien, mais son influence et son autorité s’étendent à tout le monde juif de l’entre-deux-guerres. Rédige à l’âge de 28 ans son livre Hafets Hayim traitant des interdits du langage, la médisance, afin de faire prendre conscience au peuple de la gravité de cette inconduite et des limites exactes de ce qui est autorisé dans le domaine de la parole. Son ouvrage essentiel, le Michena Béroura, oeuvre en six tomes qu’il a mis vingt-huit ans à rédiger, et qui est une mise à jour de toutes les remarques faites par les décisionnaires modernes sur l’Orah Hayim (la première des quatre parties du Choulhane Âroukh), ouvrage de base de la halakha moderne. Il fonde et dirige durant de longues décennies la yéchiva et le kolel de Radin, en Pologne (connu sous le nom de kolel qodachim où l’on étudiait plus particulièrement les lois sur les qorbanot), et s’impose comme la plus importante autorité juive d’Europe avant-guerre. Ses autres écrits sont, entre 1898, 1925, Guéder Holam, Tohorat Yisraèl, Nidhei Yisraèl, Bèt Yisraèl, Homat ha-Dat et Liqoutei Halakhot, et de nombreux autres écrits dans lesquels il traite de l’importance de l’étude quotidienne, de la nécessité d’être fidèle à la Loi, même à l’armée, de la charité, de l’observance du Chabbat, etc.. en tout, plus de quarante ouvrages. Jusqu’à ses dernières heures, il ne cesse de répondre aux questions et de donner les conseils qui lui sont demandés pour tenter de sauver ce qu’il est encore possible de sauver. L’année de son décès, 1933, est l’année de la montée au pouvoir de Hitler. Lorsqu’on lui demande : que va-t-il nous arriver?, le grand Maître répond : Il ne pourra pas concrétiser son dessein! Jamais personne ne parviendra à anéantir tout Israël! Cela est écrit (Genèse 32,9) : Si Ésaü attaque l’un des camps et le met en pièces, le camp restant sera une ressource!. Il ajoute : Cela est écrit aussi dans le livre d’Obadia (ver. 17) : Sur le Mont Sion, un débris subsistera; il sera chose sainte. Le monde des Yéchivot ressurgi des cendres en Erets-Yisraèl, l’une de ses dernières paroles qui allait, après l’Holocauste, devenir réalité.

KAHANEMAN Yossef-Chelomo I    I
Né à Kool, Lituanie, en 1886, décédé à Bnei-Brak en 1969

fils de Reb Yéhouda Leib qui avait étudié dans sa jeunesse auprès du Hafets Hayim à Radin, il est connu comme le Rav de Poniewiez, un géant de l’esprit, guide pour tous les Juifs. Il a fait construire, dans les dernières vingt-cinq années de sa vie , à Bnei-Brak, la Yéchiva de Poniewiez, et contribué à l’essor des Yéchivot, en Èrets Yisraèl, en particulier, mais aussi dans le monde entier. Dès l’âge de 10 ans, il étudie à Plungian auprès de différents maîtres parmi lesquels Rav Hayim Yitshaq Bloch et Rav Chimhon Schkop qui deviennent ses véritables maîtres. Il étudie ensuite à Telz de 14 à 21 ans maîtrisant avec génie des connaissances encyclopédiques et dépasse peu à peu tous ses condisciples. De ses deux maîtres précités et de Rav Eliézer Gordon, Rav Yéchiva de Telz, il reçoit la lomedouth, science de l’analyse talmudique faite d’une logique rigoureuse et d’une compréhension profonde des thèmes impliqués. Il étudie aussi quelque temps à Novardok, auprès de Rav Yosel (Saba ou fondateur) qui lui confie la responsabilité d’un cours dans sa yéchiva, et il entre en contact avec le Dayane de la ville, Rav Yehiel Mikhel Epstein (auteur du Âroukh Ha-Choul’hane) qui l’investit de la Sémikha (droit de décision rabbinique). Après une visite au Hafèts Hayim à Radin, il en fait son maître et son critère de référence pour toutes les décisions de sa vie. Le Hafèts Hayim, en retour, ne cache pas son affection pour lui et en fait un disciple de choix. Il étudie à Radin, dans le Kolel Kodechim, durant trois années consécutives, et a, pour compagnon d’étude, le fameux Rav Elhanan Wasserman. Il épouse, en 1911, la fille du Rav de Wiedj, Rav Aryé-Leib Rubin, et il se rend donc à Wiedj où il se fait connaître de la communauté dont il devient plus tard le Rav, après le départ de son beau-père appelé à exercer à Wilcomir, et, sur les conseils du Hafèts Hayim, il y crée une yéchiva, et, tout au long de sa carrière, il constitue une yéchiva dans chaque ville où la Providence mène ses pas. La ville de Wiedj, non loin de le la ligne de démarcation entre le front allemand et le front russe, passe plusieurs fois d’un camp à l’autre, et, au cours de la Première Guerre Mondiale, il fuit à Traguin puis à Ingalina et revient ensuite à Wiedj. Rav Yossef Chélomo se rend auprès du commandant allemand, impressionné par sa personne et son intelligence, et obtient de lui de l’aide, un laisser-passer et une carte de chemin de fer pour toute la durée de la guerre, afin de circuler librement dans tous les territoires conquis par les Allemands. Naturellement, il l’exploite au maximum pour venir en aide à ses frères éprouvés par la guerre. Lorsque Wiedj échoue aux mains des Russes, il devient un fugitif sans ressources. Il s’installe à Koltinan avec une équipe d’étudiants triés sur le volet qui se vouent corps et âme à l’Étude. Il y reste trois ans avant de retourner à Wiedj. À trente-trois ans, en 1919, il est nommé Rav de Poniewiez. Il y proclame l’ouverture d’une yéchiva qui attire de brillants étudiants et devient un phare dans le monde des yéchivot. Plus tard, viennent l’aider son beau-frère, Rav Acher Kalman Baron, et Rav Moché David Tsfatman. Son beau-père, Rav Aryé-Leib Rubin, vient chaque année passer quelques semaines donner des conférences à Poniewiez. La Lituanie étant devenue indépendante, le Rav est nommé pour deux ans député au gouvernement. Dès le début de la Seconde Guerre Mondiale, la Providence le soustrait à l’enfer de l’Holocauste. Accompagné de Rav Abraham-Dov Shapira, chef du tribunal rabbinique de Kovno, il est envoyé en mission en hiver 1940 aux États-unis, muni d’un passeport diplomatique et de la procuration du gouvernement de Lituanie, afin d’obtenir le droit à l’immigration des réfugiés de Pologne dans le continent américain. Rendu en Italie, il se rend compte que cette démarche est vouée à l’échec, et, séparé de sa Yéchiva et de sa famille, et, sans aucune possibilité de retour vers son pays, il se rend en Èrets Yisraèl. Une semaine plus tard, les troupes allemandes envahissent Poniewiez et massacrent les mille étudiants de la yéchiva, l’épouse de Rav Yossef-Chelomo, un fils tout juste bar mitswa et le reste de sa famille. Il demeure seul au monde, brisé par l’ampleur du désastre. Mais, plein de courage, en 1940, à la cinquantaine passée, ayant tout perdu, il entreprend de reconstruire et achète, à Bnei-Brak, la colline où il veut reconstruire une nouvelle Poniewiez. L’année suivante, dans les larmes, il pose la première pierre de la yéchiva en présence du Hazon Iche, et en amorce aussitôt la construction. Deux ans plus tard en 1943, alors qu’il est malade et que l’on craint pour sa vie, il donne instruction à son fils rescapé, Rav Abraham Kahaneman, d’amorcer immédiatement les cours à la Yechiva avec un noyau d’étudiants de fortune. Durant les vingt cinq années qui suivent, il construit la plus grande yéchiva d’Èrets Yisraèl, la Yéchiva de Poniewiez, qui s’étend aujourd’hui sur plusieurs bâtiments imposants sur la colline de Zikhron-Méïr, avec la Yéchiva, un Kolel pour étudiants mariés, un orphelinat pour garçons, un autre pour filles, ainsi que différentes annexes dont celle d’Achdod. Il se remarie avec la Rabbanit Hinda qui lui est d’une aide précieuse et qui se dévoue, jusqu’à la fin de sa vie, pour la Yéchiva. Il décède en 1969, pleuré par tout Israël qui voit en lui, en cette génération de ruines, une nuée qui guide et qui éclaire le peuple.

KAHN, Zadoc I    I
né à Mommenheim (Alsace) en 1839, décédé à Paris en 1905

il étudie à l’École rabbinique qui se trouvait alors à Metz. Il devient plus tard Grand rabbin de Paris, puis Grand rabbin de France, fonction qu’il est le dernier à occuper avant la séparation de la religion et de l’État. Il vit durant une des périodes les plus mouvementées pour le judaïsme français : création de l’Alliance, l’Affaire Dreyfus, l’entreprise d’installation de Juifs en Erets Yisraèl initiée par le Baron de Rothschild, action sur laquelle le Grand rabbin Kahn a une influence décisive. On lui doit également une traduction de la Bible en français qui est encore largement utilisée aujourd’hui.

KALMAN, Klonimos Ha-Léwi Epstein, (Maor Wa-Chèmèche) ? 1800 I    I

R’ Klonimos Kalman de Cracovie est connu pour sa sainteté et sa grande crainte de D’ieu, il fait appel dans ses commentaires au Zohar et à la science qabbalistique; il est l’auteur du commentaire de la Tora Maor Wa-Chémèche;

KANIEWSKI, Yaâqov Yisraèl, (le Steipeler) I    I
Né en 1899 à Haron-Steipel, Russie, décédé à Bnè-Braq en 1985

il étudie à Bialystok, puis à la Yéchiva Novardok à Pinsk, avant de se marier avec la soeur du Hazon Iche; ce dernier le pousse à le rejoindre à Bnei-Braq en 1934. Il y dirige quelques temps la yéchiva Novardok, puis le Kolel Hazon Ich, mais en fait se consacre essentiellement à la rédaction de ses ouvrages : le Kehilot Yaâqov. Un public des plus nombreux le consulte pour des conseils et des bérakhot.

KAPAH Yéhya né en 1850 au Yémen, décédé en 1932 I    I

prononciation yéménite Kafih; il est une des personnalités religieuses importantes du pays, réputé tant par sa fonction de rabbin, que par ses activités dans la recherche de manuscrits anciens et leur publication. Il ouvre, en 1892, un Bèt ha-midrache personnel où l’on étudie selon la tradition générale yéménite, mais où l’on s’ouvre également aux influences plus modernes. Dans sa jeunesse, R’ Yehya a fréquenté deux concitoyens intellectuels, Hayim Habchouch et Yossi El’Aroussi, mais sa rencontre avec Joseph Halévy, qui critique violemment le Zohar, va le marquer profondément. Trente ans plus tard, R’ Yéhya lance sa campagne officielle contre le Zohar! Son prestige s’affirme et son groupe réussit à l’élire Grand rabbin en 1899-1900. En 1890, R’ Yéhya et son groupe demandent à l’Alliance Israélite, par l’intermédiaire de Joseph Halévy, de leur envoyer un enseignant dont les vues correspondent aux leurs. En 1892, c’est chose faite. Un autre rabbin est nommé à la tête de la communauté et, en 1909, une école juive est ouverte, comprenant deux éducateurs turques et deux éducateurs juifs, dont R’ Yéhya qui considère cette école comme un instrument idéal pour influencer la jeunesse et la pousser à s’intéresser à la culture. La Première Guerre Mondiale entrave ce projet. Désirant introduire une certaine forme de modernisme dans la communauté juive du Yémen, R’ Yéhya se lance dans une réforme des traditions et de l’approche du Talmoud qui lui vaut d’être jeté en prison à deux reprises pour avoir troublé l’ordre public! En 1914, il déclare la guerre au Zohar et aux kabbalistes dans son ouvrages Milhamoth haChem, ce qui provoque une polémique et une division au sein de la communauté. Sa mort en 1932 sonne le glas du mouvement Dardaïm qu’il avait fondé. Son acharnement a surtout mis en lumière l’unanimité existant dans l’univers juif au sujet de l’authenticité du Zohar et de la place de la Qabbala. Son petit-fils, R’ Yossèf, nommé dayane à Jérusalem, a dû prêter serment qu’il admettait l’authenticité de la Qabbala.

KARÉLITS, Abraham Yéchâya, (Hazone Iche) I    I
Né en Lituanie en 1879, décédé à Benè Brak en 1953

une des personnalités rabbiniques les plus importantes du judaïsme contemporain. Né en Lituanie où sa réputation est déjà très grande, il vit d’abord à Vilna, puis se fixe en Terre Sainte, à Bné-Brak, en 1933. Penseur et surtout homme de Halakha, Il exerce une très grande influence sur les diverses couches de la population, bien qu’il n’ait jamais accepté de fonction officielle. Il écrit des remarques et des commentaires sur presque tous les livres du Talmoud, et laisse également un petit livre de pensées sur des thèmes de philosophie religieuse et de morale. Ses ouvrages, en une vingtaine de volumes parus sous le nom de azone Iche, forment un jalon essentiel dans la continuation de la Halakha d’aujourd’hui.

KARELITZ, Abraham Yéchâyaou I    I
Né en 1879, décédé à Benei Brak en 1954

Se rend en Israël en 1932 et devient le directeur spirituel du monde des yéchivot de l’après guerre, avec le rav de Brisk. Son oeuvre, Hazon Iche, d’une vingtaine de volumes, fait date dans le monde de la Halakha et de l’étude.

KARMI, Mordekhaï I    I
né à Carpentras, mort à Aix-en-Provence 1825

Le Maamar Mordekhaï, ouvrage halakhique de R’ Mordekhaï Carmi, son ouvrage est cité par la plupart des auteurs modernes, le Michena Béroura en particulier; Dibrè Mordékhaï, polémique talmudique avec som ami Azoulaï.

KITOV, Èliyahou né à Varsovie ?, 1912 I    I

publiciste et éducateur religieux, établi en Terre Sainte depuis 1936. Son oeuvre peut être divisée en deux parties : d’une part, des monographies d’intérêt religieux, sur de grandes figures du judaïsme, d’autre part, des recueils dans lesquels, grâce à sa langue facile et riche à la fois, il rend accessibles les grandes lignes de l’enseignement rabbinique : remarques sur les fêtes et sur tout le calendrier religieux dans le Séfère Ha-Todaah, réflexions sur la vie domestique dans Iche Ou-Vétha etc..

KOOK, Abraham Yitshaq né en Lituanie en 1865, 1935 I    I

il s’établit en Terre Sainte en 1904, date à laquelle il est nommé rabbin de Yaffo, petite ville à côté de laquelle devait s’élever l’actuelle Tel-Aviv. En 1919, il est nommé Grand Rabbin de la Palestine, talmudiste, qabbaliste, homme d’action, c’est dans divers domaines que le R’ Kook a exercé son influence, ses ouvrages sur la halakha (jurisprudence) sont reconnus par tous; philosophe mystique, il insiste sur le lien intime qui unit Israël à son D’ieu, à sa terre et à sa Loi; homme d’action, il a contribué au repeuplement de la Terre Sainte en ne cessant de rappeler l’importance de la mitswa (obligation religieuse), de résider sur la terre d’Israël.

KOTLER, Aharone 1892, 1962 I    I

éminent talmudiste contemporain, originaire de Lituanie mais installé aux États-unis après la Seconde Guerre Mondiale. Il est le chef spirituel de la Yéchiva de Lakewood; il est l’un des plus grands propagateurs de l’étude du Talmoud aux États-unis.

KOULI, Yaâqov, (Mèâm Loêz) 1685, 1732 I    I

grand rabbin de Turquie; a écrit en ladino le fameux commentaire sur la Tora, sous forme d’homélies, le Mèâm Loêz , en plusieurs tomes, imprimé en 1734 à Constantinople. Il réussit à captiver l’attention de Juifs éloignés de la religion du fait qu’ils ne comprenaient plus l’hébreu dans les communautés séfarades de Constantinople et de Salonique en leur offrant dans une langue très simple et souvent même familière, des idées profondes et fondamentales du judaïsme. Le commentaire de la Haggada de Pèssah, , contient un enseignement essentiel des principes du judaïsme exprimé sous une forme attrayante en rapport avec le récit de la Haggada.

LANDAU, Yéhezqièl, (Noda bi-Yéhouda) 1713, 1793 I    I

Important maître du judaïsme d’Europe Orientale. Rabbin de la communauté de Prague à partir de 1755, et en faveur auprès des autorités, il intervient souvent au profit de ses coreligionnaires. L’un des plus grands décisionnaires et commentateur du Talmoud des derniers siècles, adversaire du mouvement hassidique, il s’oppose par ailleurs très violemment au mouvement des lumières qui se développe, en Europe, à la suite de Mendelsohn, et occupe des fonctions rabbiniques notamment à Brody et Prague. Il est resté célèbre pour ses Questions et Réponses dans le domaine de la législation juive (Ahavat Tsione), et un commentaire du Talmoud, Taloun leNéfech Haya.

LATTÈS, Yitshaq Yéhochouâ décédé en 1570 I    I

fils de Bonet Lattès, un Juif de Provence devenu rav de Rome. R’ Yitshaq Yéhochouâ est né en France et a suivi son père en Italie. Il a notamment été le tuteur du fils de rav Yitshaq Abrabanel. Mêlé aussi à ce qu’on a appelé la dispute autour du divorce Tamari-Venturozzo, il était associé à l’imprimerie de Mantoue qui a publié un Zohar entre 1558 et 1560. Ouvrage inédit, le Behinat Holam.

LEIB LOEWENSTAMM, Arié 1690, 1755 I    I

né à Cracovie, mort à Amsterdam. Épouse la fille du Hakham Tsevi, alors rav d’Altona (Allemagne), et suit son beau-père à Amsterdam avant d’assumer des fonctions rabbiniques en diverses villes de Pologne. Nommé en 1740 rabbin à Amsterdam, il y restera jusqu’à la fin de sa vie. À la demande des autorités rabbiniques de Venise, il prononce un hérèm (anathème) à l’encontre de R’ Mochè Hayim Luzzato (le Ramhal), soupçonné alors injustement de sabbatianisme.

LEIB, Yéhouda Ariè de Gour Né en 1847, décédé en 1905 I    I

fils de R’ Avraham Mordekhaï de Gour, petit-fils de R’ Yitshaq Méir de Gour. Rabbi d’une des cours hassidiques les plus importantes, comptant des dizaines de milliers d’adeptes. Ses ouvrages sont des classiques et figurent parmi les livres d’étude les plus utilisés : Sefat Emet sur la Tora et sur la Guémara.

LEIBOUSH, Menahem Mendel de Kotzk 1787, 1859 I    I

fils de R’ Yéhouda Leiboush. Il fut le disciple du Hozé, du Yéhoudi Ha-Qadoche et de rab Bounam de Pshiskhe. Dirigeant d’une grande vivacité d’esprit, il était célèbre pour l’audace de sa pensée, marquée par le paradoxe. Il fut rabbi depuis 5587, 1827.

LEIBOVITZ, Yérouhame mort en 1937 I    I

connu sous le nom de R’ Yérouhame De Mir, car il a été l’animateur spirituel de la Yéchiva de Mir, en Lituanie. Il exerce, par son élévation morale et la profondeur de sa pensée, une grande influence sur ses élèves. Ces derniers ont recueilli ses écrits après sa mort.

LEINER, Yaâqov (d’Izbetsia) né en 1814, décédé en 1878 I    I

fils de R’ Mordekhaï Yossef d’Izbetsia, l’auteur du Mé Chiloah. R’ Yaâqov, son fils, a également étudié auprès du R’ de Kotsk. D’Izbetsia, où il dirige une partie des disciples de son père, il se rend à Radzin, où sa hassidouth se maintiendra sous ce nom-là jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Ouvrages : Bèt Yaâqov sur la Tora, paru après sa mort.

LEIVOWITZ, Yérouham
Né en 1874, à Lyovan (Pologne), décédé en 1936 I    I

Le Rav Yérouham Leivowitz étudie à la Yéchiva de Bobrouisk, puis dans celle de Slobodka. Son Maître est le Rav Nathan Tsvi Finkel, le Saba de Slobodka, qui décèle immédiatement ses aptitudes hors du commun. Il s’y lie aussi avec Rav Yitzhaq Blazer, disciple de Rav Yisraèl Salanter, dont il s’inspire considérablement. Il étudie ensuite à Chelm auprès du Rav Simha Zissel Ziv qui devient son guide spirituel. Un an après son arrivée, le Rav Zissel meurt. Il étudie alors avec le fils et le gendre du Rav – Rav Nahoum Zéev Ziv et Rav Hirsch Breude – et est considéré comme le meilleur chelmien. Parmi ses disciples : Rav Mochè Rozenstein, Rav Yossèf Nandik. Il épouse en 1900, Rivka, de la ville d’Ozwent, parente de son défunt maître Rav Zissel. (Survivante de la Choah, elle décède à New York en 1948). C’est elle qui assure la subsistance de sa famille afin de permettre à son mari d’étudier pendant huit années. Il acquiert ainsi une science approfondie de l’ensemble du Talmoud et de la Halakha. Une grande partie des étudiants des grandes et célèbres Yéchivot, Radin, Grodno, Kamenetz et de Brisk, se rendent, devenus adultes, à celle de Mir, qui accueille également des recrues venues de nombreux pays étrangers. Aux environs de l’année 1904, le Hafets-Hayim le nomme directeur spirituel de sa Yéchiva. En collaboration avec le Roche Yéchiva Rav Naftali Trop, il hisse la Yéchiva de Radin à son apogée. C’est en 1908 que Rav Yerouham est appelé à enseigner à la Yéchiva de Mir, après qu’y soit introduite, par son nouveau Roche Yéchiva, Rav Eliézer Youdel Finkel (fils du Saba de Slobodka), la méthode de formation spirituelle du Moussar. La Première Guerre mondiale interrompt sa fructueuse activité à Mir. Rav Yerouham retourne en Lithuanie pour y retrouver sa femme et ses enfants. La guerre le forçe à y rester. En 1918, on lui demande de venir à Slobodka afin d’y assumer la direction spirituelle d’un groupe d’élèves rescapés de différentes origines qui y ont été réunis, dans l’attente du retour des étudiants et des Rabbanim de la Yéchivat Knesset Yisraèl, sous l’égide de Rav Nathan Tsvi Finkel. Puis il est nommé Machguiah à la Yéchiva de Poniewez. À la fin de la guerre, la Yéchiva de Mir regagne enfin la Lithuanie. Elle s’implante tout d’abord à Vilna, puis retourne enfin à Mir. Mais Rav Yerouham, ayant choisi de poursuivre son oeuvre d’enseignement dans les Yéchivot lithuaniennes, propose, pour le remplacer, Rav Yéhezkhel Lewinstein qui est nommé à cette fonction. Rav Yérouham revient à Mir après la fête de Pessah 1924. Certains des élèves qui assistent à ses Sihoth, mettent ensuite par écrit ces centaines d’entretiens, que son fils – Rav Sim’ha Zissel – fait paraître après sa mort, en trois volumes: Dahath hokhmah ou Moussar. Vers Mir commencent également à affluer des étudiants venus d’Amérique, de différents pays d’Europe et également de la Pologne “hassidique”. Aux étudiants de Mir, leur maître voue individuellement à chacun d’entre eux une estime très particulière, et pour eux, il est le guide spirituel aux sources duquel ils s’appliquent à puiser. Rav Yerouham, durant une longue période, enseigne le Houmache avec le commentaire de Rachi, selon une méthode approfondie relevant tout à la fois de l’analyse et de l’étude moussarique. C’est pendant l’été de 5696/1936 que la vie de Rav Yerouham, si intense, si riche pour le peuple tout entier, arrive à son terme, à l’âge de soixante-deux ans seulement. II consacre ses dernières Sihoth au thème de l’extrême vigilance à déployer dans le service de D’ieu. Il fait entendre sa dernière Sihah devant tous les élèves de la Yéchiva, le Chabbat 24 Iyar 5696/1936. Douze jours après Chavouôt, le 18 Sivan 5696/1936, Rav Yerouham quitte cette terre. Les fils de Rav Yerouham continuent dignement dans la voie de leur père. Rav Yisraèl Leivowitz devient le Machguiah de la Yéchiva Rameillas de Vilna, fondée par Rav Hayim Ozer Grodzinsky. II est, ainsi que son épouse, emporté dans l’Holocauste. Rav Moché Leib Leivowitz, pendant de nombreuses années, prodigue son enseignement à New York. Quant à ses deux autres fils – yivdelou lehayim tovim -, Rav Avraham et Rav Simha Zissel, ils se distinguent, eux aussi, par leur enseignement et par la propagation de l’oeuvre de leur père qu’ils assurent par la parution des volumes Daâth ‘Hokhmah ou-Moussar. Le gendre de Rav Yerouham, Rav Yisraèl Hayim Kaplan, avant l’Holocauste, est compté parmi les directeurs spirituels de la Yéchiva Torat Hessed de Brisk, puis, après la Guerre, parmi les figures de proue du Judaïsme américain. II dispense son enseignement, pendant plusieurs dizaines années, au Beth Midrach Eliyon, à Spring-Valley. Les illustres élèves de Rav Yerouham continuent de propager son enseignement dans le monde de la Tora, et de répandre son influence qui ne s’éteindra jamais.

LEWI, Ibn Gerchone, (Ralbag) 1288, 1344 I    I

rabbin provençal, savant et astronome, exégète de la Bible et philosophe. Dans son Milhamot Ha-Chème (Les Combats de l’Ét’ernel), il tente une difficile synthèse de la philosophie et de la révélation.

LEWI Yitshaq de Berditchev 1740, 1809 I    I

un des premiers et des plus populaires maîtres du hassidisme, auteur du Kédouchat Léwi. Léwi Yitshaq de Berditchev est surtout célèbre pour l’amour profond qu’il a porté à ses coreligionnaires. On rapporte à son sujet de nombreuses histoires dans lesquelles on le voit plaider, au Tribunal Céleste, en faveur d’Israël.

LÉWI Ibn Habib, (RalbahI    I
né à Zamora (Espagne) en 1485, mort à Jérusalem en 1545

connu aussi sous le pseudonyme de Maharalbache, fils de Yaâqov Ibn Habib dont il achève l’oeuvre principale, le Êin Yaâqov (recueil de toutes les aggadot du Talmoud de Babylone). Le plus grand des Sages de Jérusalem au 16ème siècle. Au moment de l’Expulsion, il doit pendant quelque temps se faire passer pour chrétien. Il s’enfuit avec son père à Salonique, où il devient un érudit de premier plan aussi bien en halakha qu’en sciences, particulièrement en astronomie. Après la mort de son père, il monte en Érèts Yisraèl et devient le pilier de la petite communauté juive de Jérusalem où il décède. Il s’oppose vivement à R’ Yaâqov Bè-Rav sur la question du renouvellement de la sémikha (ordination).

LÉWI BEN GUERCHONE, (Ralbag) I    I
Né à Bagnoles (France) en 1288, décédé en 1344

Philosophe et astronome, dont la pensée rationaliste ne fut pas du goût de tous ses contemporains. Il écrit plusieurs ouvrages dont les principaux sont : Milhamot ha-Chem et un commentaire sur la Tora.

LIPPMAN HELLER, Yom Tov, (Tossefot Yom Tov) I    I
né en Bavière en 1579, décédé à Cracovie en 1654

à l’âge de 18 ans, il est nommé dayane dans la communauté de Prague où il étudiait auprès du Maharal et de R’ Chélomo Efrayim Lunchits. Après avoir été rav de quelques autres communautés, il revient à Prague à titre de rav de la ville, durant la Guerre de Trente Ans. Chassé de ce poste suite à des dénonciations, il est alors grâcié par Ferdinand II, parcourt l’Europe et prend le poste de rav de Cracovie qu’il occupe lors de la sanglants révolte des Cosaques des années 1648/1649, et c’est dans cette ville qu’il décède. Ouvrages essentiels : son Tossefot Yom Tov, sur l’ensemble de la Michena; un important commentaire sur le Roche, le Maâdné Mélekh et le hem amoudot.

LOURIA, David, (Radal) né en 1798, décédé en 1856 I    I

rabbin lituanien et décisionnaire, ses dix-sept ouvrages touchent tant le domaine du niglé que le nistar et abordent toutes les facettes de la culture juive. Sa publication des Pirqé de rabbi Eliézer est classique. Il n’occupe pas de fonction rabbinique et est l’un des plus importants chercheurs orthodoxes du siècle dernier, auteur de Hidouché Radal qui se trouve dans l’édition Romm du Midrache Rabba.

LOURIA, Chélomo, (Maharchal) I    I
né à Poznan ou à Brisqen 1510, décédé à Lublin en Pologne 1574

fils de Yéhièl, descendant de Rachi et contemporain du Rema. L’un des plus importants décisionnaires achkenazes de son temps, auquel l’étudiant en Guémara doit d’importantes annotations. Célèbre pour ses critiques, en particulier à l’encontre de R’ Yossèf Qaro et des principes de rédaction du Choulhane Âroukh. Ses ouvrages : Yam chel Chélomo et des commentaires sur le Talmoud, Hokhmat Chélomo. Il prend certaines positions importantes en matière d’histoire juive, et, en particulier, établit des repères importants sur l’histoire juive au Moyen-âge.

LOURIA ACHKENAZI, Yitshaq, (Ha-Ari Zal) I    I
né à Jérusalem en 1534, mort à Safed en 1572

Ha-Éloki Rabbi Yitshaq Zikhrono Livrakha, fils de Chélomo, illustre qabbaliste élevé en Égypte par son oncle, il étudie à la yéchiva de R’ David BenZimra (Radbaz); il s’installe à Safed deux ans avant de disparaître dans une épidémie. C’est à Safed que son enseignement mystique se répand. Il a une réputation de saint et sa forte personnalité contribue à lui attacher de nombreux disciples. C’est par l’un d’entre eux, le R’ Hayim Vital, que l’enseignement du maître nous est parvenu, car il le résume dans son livre, Êts Hayime. On lui attribue certains hymnes mystiques chabbatiques. C’est l’un de ceux-là, intitulé Yome Zé Lé-Yisraèl, qui, traduit, se trouve dans tous les Rituels de Prières.

LUZZATO, Mochè Hayim, (Ramhal) I    I
né à Padoue (Italie) en 1707, mort en Israël en 1746

poète, penseur et logicien, talmudiste et qabbaliste, il voyage en Europe, s’installe en Hollande, puis meurt à Acco en 1746. À Padoue, il mène des expériences mystiques durant lesquelles un maguid lui dicte le texte du deuxième Zohar. Il a laissé des poèmes et des ouvrages de théologie et de morale, dont le Dérèkh Ha-Chème et surtout le Messilat Yécharime (Le Sentier de rectitude). Ce dernier ouvrage, modèle de l’oeuvre morale du moussar qui se propose d’offrir au fidèle un itinéraire spirituel, a été rapidement adopté dans toutes les communautés d’Israël comme un manuel classique. Auteur de Assara Pirqé Michena, Lachone Limoudim, Séfère ha-Higayone; Razine Guénizim; Méguilat Sétarim; Maâmar ha-Guéoula;

LUZZATO, Chémouèl David 1800, 1865 I    I

né à Trieste, mort à Padoue, théologien et savant italien, il souligne l’importance éducative de la Loi d’Israël, et s’oppose violemment aux Réformés qui, surtout en Allemagne, n’analysaient la religion qu’à la lumière de la raison; selon lui, c’est le sentiment de pitié qui est à la base de la vie morale et religieuse.

MAÏMONE BÈN YOSSÈF HA-DAYANE I    I
né à Cordoue (Espagne) décédé en Èrets Yisraèl en 1170

fils de Yossèf, talmudiste et professeur, il est bien connu comme étant le père de Rambame, mais il est lui-même un grand professeur et un leader. Éminent élève de l’illustre R’ Yossèf ibn Migach, R’ Maïmone devient dayane à Cordoue suivant une très longue tradition familiale. Il est également astronome, mathématicien et philosophe. Rambame cite fréquemment les commentaires talmudiques et halakhiques de son père, ainsi que R’ Abraham ben Ha-Rambame. R’ Maïmone rédige aussi, en arabe, des lois sur les fêtes, prières, pureté rituelle, et de nombreuses responsa. Il enseigne également sur les traditions familiales (les valeurs de perouta) et ces lois de R’ Maïmone ont des implications halakhiques acceptées par la Halakha jusqu’à nos jours. Sa vie est pleine de souffrances et de tragédies, mais il demeure une source de courage et d’inspiration non seulement pour sa famille, mais aussi pour de nombreuses communautés juives. Les troubles commencent lorsque les Almohades conquièrent Cordoue en 1149, et obligent les Juifs à choisir entre la conversion, la mort et l’exil. R’ Maïmone et sa famille fuient Cordoue, et ainsi commence une longue période sans racines, fuyant l’hostilité et les persécutions qui durent jusqu’à la fin de ses jours. Après dix ans de fuite constante en Espagne, R’ Maïmone amène sa famille à Fès, Maroc, où ils trouvent une situation ressemblante. Là aussi, il est défendu aux Juifs de pratiquer leur Judaïsme publiquement. Pire encore, il y a un faux Messie Juif qui trouble le peuple. R’ Maïmone prouve l’imposture de ce faux Messie. Cependant, de nombreux Juifs sont déprimés, pensant que D’ieu a abandonné Israël et choisi une autre nation. R’ Maïmone écrit l’illustre Iguérèt Ha-Néchama (Lettre de consolation) en arabe, raffermissant la foi du peuple en D’ieu et en l’éventuelle rédemption, et les exhortant à tenir les mitsvot même s’ils doivent le faire secrètement. Il compare les persécutions des Musulmans à un homme qui se noie, et la Tora à une corde venant du ciel. Celui qui s’y accroche, même par le bout des doigts, a l’espoir de survivre, tandis que celui qui la lâche, se noiera sûrement. Après avoir écrit cette lettre, R’ Maïmone ne peut plus rester à Fès, et, avec sa famille, se rend en Èrets Yisraèl qui ne s’est pas encore remis des ravages de la deuxième Croisade. La vie est pauvre et dangereuse, et R’ Maïmone encourage sa famille à se rendre en Égypte. Étant lui-même déjà âgé, il choisit de terminer ses jours en Èrets Yisraèl où il meurt peu de temps après, probablement à Jérusalem, bien qu’il soit enterré à Tibériade près de Rambame.

MARGALIOT, Hayim Mordékhaï I    I
mort en 1818

rabbin décisionnaire polonais à Doubno, avec son frère R’ Éfrayim il publie Chaârè Téchouva, un condensé des responsa sur les lois du Choulhane Âroukh, Orah Hayim depuis l’époque de R’ Yossèf Qaro. Les trois dernières sections du Choulhane Âroukh sont achevées par R’ Tsvi Hirsh Eisenstad et publiées sous le nom de Pithè Téchouva.

MARGALIOT, Réoubène né à Lemberg, Pologne, en 1889 I    I

auteur prolifique, il a publié un important ouvrage sur Sanhédrine, du nom de Margaliot ha-Yam, de nombreux articles de recherche sur la Kabbala et le hassidisme, ainsi que de très importants écrits bibliographiques.

MEDINA, Chémouèl, (Maharchedam)
né à Salonique en 1506, mort à Salonique en 1590 I    I

fils de Mochè, important décisionnaire, il rédigea des responsa célèbres.

MEDINI, Hayim Hizkyaou I    I
Né à Jérusalem en 1832, décédé à Hébron en 1905

le prénom Hayim lui fut ajouté en 1878, au cours d’une grave maladie; un des grands maîtres du judaïsme oriental, son oeuvre gigantesque, le Sédè Hémèd, véritable encyclopédie de la Halakha, étonnera toujours ceux qui la consultent. Son père, Rabbin Raphaël, éminent rabbin de la vile, lui enseigne la Tora dès que celui-ci commence à apprendre à parler. Il révèle très tôt des capacités inhabituelles. Parmi ses maîtres, nous pouvons citer : Rabbi Yitshaq Kubu (Richone Létsione), Rabbi Yossef Nissim Bourlah (Av Bèt Dine à Jérusalem), et son père auquel il fut toujours le plus attaché. Il se marie très jeune, mais, suite au décès prématuré de son père en 1853, il doit alors assurer la subsistance de sa mère et de ses deux jeunes soeurs dont il s’occupe jusqu’à leur mariage. Constatant son extrême pauvreté, les rabbanim de Jérusalem lui conseillent de se rendre à Istanbul, chez ses proches parents. Il suit donc leur conseil et se rend avec tous les siens en Turquie où, chaleureusement accueilli par sa famille, il peut poursuivre ses études pendant 14 ans, et fréquente la yéchiva de Rabbi Chélomo Elfandri, le Sage de la ville, dont il est l’élève le plus aimé. En 1865, il fait paraître son livre Mihtav Hizkyaou dont l’étendue des connaissances impressionne tous les rabbanim de Turquie qui lui proposent de devenir dayane d’Istanbul, poste qu’il refuse pour ne pas s’écarter de l’étude. En 1866, à l’âge de 33 ans, il prend la direction spirituelle de la communauté de Krazovar (Crimée), au bord de la Mer Noire, dont le judaïsme est en péril, et qu’il dirige pendant 33 ans jusqu’à son retour en Terre Sainte. Il transforme, en douceur et avec une profonde humanité, cette communauté dont le Judaïsme n’était plus qu’une série de vieux souvenirs et de coutumes erronées, et qui démontrait un manque total de connaissances. Rabbi Hizkyaou réfute l’opinion d’un historien caraïte selon laquelle les Juifs criméens seraient des caraïtes. Il prouve l’appartenance indiscutable de ces Juifs au peuple d’Israël, démonstration d’une importance primordiale. Peu après son arrivée à Krazovzar, Rabbi Hizkyaou y érige une yéchiva afin de réorienter la nouvelle génération vers la Tora. Il y enseigne jusqu’à ce que ses élèves connaissent chaque détail de la juridiction juive. En 1870, il se rend en Terre Sainte pour se recueillir sur la tombe des Justes. En 1878, atteint d’une très grave maladie des yeux, il ne recouvre jamais entièrement la vue. En 1879, il fait éditer son ouvrage Baqachote composé de chants et de prières que certaines communautés séfarades ont pris pour coutume de réciter durant le Chabbat et les fêtes (cet ouvrage est réédité en 1886 à Varsovie sous l’appellation Naïm Zémirot). Pendant son séjour à Krazovar, Rabbi Hizkyaou rédige peu à peu son Sédè Hémèd dont la plupart des volumes sont imprimés de son vivant et le rendent célèbre dans le monde entier. Il y présente les sources et l’argumentation de toutes les lois du Talmoud jusqu’au dernier décisionnaire de son époque. On lui demande son opinion sur les nombreux débats qui opposent les rabbanim de Russie, de Pologne, de Lituanie, de Hongrie, d’Afrique du Nord et des pays d’Asie, et ses réponses sont citées dans de nombreux ouvrages de ses contemporains. Non seulement les Juifs le vénèrent, mais également les chrétiens et les musulmans qui voient en lui un saint et un faiseur de miracles dont l’allure patriarcale inspire la déférence à tous, même aux souverains et aux autorités officielles. Malgré les supplications des Juifs criméens, il retourne définitivement en Terre Sainte en 1899, et débarque à Jaffa qui lui réserve un accueil très chaleureux. Après deux semaines, il se rend à Jérusalem, sa ville natale, afin d’y poursuivre la rédaction de son Sédè Hémèd. Lorsqu’on lui offre le poste de Richone Letsione, il se rend à Hébron afin d’y travailler et étudier calmement. Mais lorsque l’autorité de la ville, Rav Rahamim Yossèf Franco, décède, Rabbi Hizkyaou est nommé Hakham Bachi et Av Bèt Dine de Hébron. Il accepte cette fonction mais se charge essentiellement de la responsabilité de l’éducation religieuse. Il érige aussi un Kolel où il enseigne tous les jours, et une yéchiva. La caisse de prêts Hène Wa-Hessed qu’il fonde, permet aux nécessiteux d’emprunter de l’argent sans intérêts. Une bonté extraordinaire imprègne chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, et lui qui fuit tous les honneurs, témoigne toujours un respect sans limite à chacun, fût-ce le plus humble des hommes. Atteint d’une maladie incurable, il décède à l’âge de 72 ans, la veille de Hanoukka, le 24 Kislev 5665 (1905), au grand désespoir de tout notre peuple. Dans son testament très particulier, il explique en détails la manière dont doivent être effectués sa toilette mortuaire, son linceul, ainsi que son enterrement et les études organisées pour son salut (il précise que, sur l’épitaphe de sa pierre tombale, doit apparaître cette phrase : Le Ciel accordera une double récompense à celui qui étudiera un chapitre ou un cantique pour son salut).

MEDINI, Hayim Hizqiaou I    I
Né à Jérusalem en 1835, décédé en 1909

l’un des grands talmidè hakhamim d’Èrets Yisraèl, il passe une partie de sa vie à Constantinople d’où il entretient une correspondance volumineuse avec tous les grands de l’époque, aussi bien séfarades qu’achkénazes, regroupée dans une oeuvre monumentale, le Sdei Hémèd, véritable encyclopédie halakhique.

MÉIR, Yitshaq, (Alter de Gour) 1799, 1866 I    I

fils de R’ Yisraèl. Disciple entre autres du R’ de Kotzk, il devient rabbi de Gour en 5619, 1859. Son ouvrage, le Hidouché ha-Rim, est moins spécifiquement hassidique que bien d’autres, et est étudié dans toutes les écoles talmudiques.

MÉIR SIMHA, Ha-Kohen, (Mèchèkh Hokhma) 1843, 1926 I    I

Rabbin de Dvinsk; un des géants de la génération d’avant l’Holocauste, il étudie chez R’ Mochè Danichevsky; encore jeune il se distingue par sa connaissance du Talmoud de Babylone et de Jérusalem avant d’être bar mitsva. Il épouse la fille de R’ Tsvi Paltiel, un homme riche de Bialystock, qui l’entretient pendant qu’il continue ses études chez R’ Yom Tov Lipman; auteur du commentaire de la Tora, Mèchèkh HokhmaOr Saméah sur le code de Maïmonide, il est l’un des chefs des mitnaguédim.

MÉIR Leibouche Mikhaèl Weisser, (Malbim) I    I
né en Wolhynie en 1809, 1879

fils de Yéhièl Weisser, il exerce les fonctions de Grand Rabbin d’abord dans les communautés de Poznanie, et en 1858 à Bucarest (Roumanie). De Russie où il est appelé à occuper plusieurs postes, il est invité à s’installer à Mayence. Son commentaire biblique est un modèle de la méthode analytique. Son exégèse se caractérise par une étude minutieuse de la langue de l’Écriture qui lui permet de démontrer que les remarques du Midrache et du Talmoud s’expliquent par l’analyse des nuances du texte sacré. Il veut, de la sorte, répondre aux adeptes de la critique biblique. Auteur de commentaire sur Méguilat Esther (1845), Chirè Néfèche sur Chir ha-Chirim, Guézâ Yichaï sur Rout.

MÉNAHÈM, Ben Chélomo Ha-Méïri, (Méïri) I    I
né en Provence en 1249, décédé à Perpignan en 1316

fils de Chélomo, rationaliste, il rejette l’existence des démons, l’efficacité des amulettes, l’astrologie et les superstitions. Talmudiste, son ouvrage essentiel, Bèt ha-Behira, , propose un commentaire systématique de 37 traités de la Guémara,,, expliquant le texte de façon claire et logique. Des manuscrits complets de cette oeuvre considérable, longtemps méconnue, n’ont été redécouverts qu’au début du siècle. Méïri est également l’auteur de Hibbour ha-techouvah, exégèses sur le repentir, et d’un commentaire sur la Bible, dont deux volumes seulement ont été imprimés.

MERZBACH Yona 1900, 1980 I    I

né à Berlin, décédé à Jérusalem. Après des études au Séminaire Rabbinique de Berlin, il est nommé rabbin de Darmstadt. Il ne quitte l’Allemagne pour Erets Yisraèl qu’en 1938, après la Nuit de Cristal. Il est l’un des fondateurs et des dirigeants de la Yéchiva Qol Tora à Yérouchalayim.

MEYZELES, Méir I    I

publiciste israélien , il a tenté dans son anthologie, Aggada Ou-Mahachava Bé-Yahadout, une assez vaste synthèse de textes tirés du Midrache ou des grands moralistes d’Israël, synthèse destinée surtout aux élèves des écoles israéliennes. Chaque chapitre est accompagné d’une courte introduction.

MICHKOWSKI, Hizkiahou Yossèf 1884, 1947 I    I

nommé à 23 ans responsable du kolel Vilna wé-Zamot à Jérusalem, à la place de son beau-père, le rav Yitshaq Blazer. Reparti en Europe après quelques années, il occupe le poste de rav de la petite ville de Krinicki, à la frontière de la Pologne et de la Lituanie. Il fait preuve de grandes qualités d’organisateur et de conciliateur. À la suite de l’invasion de la Pologne par les Allemands, il retourne en Èrets Yisraèl. Entre les mois de février et de septembre 1946, il se joint au grand rabbin d’Èrets Yisraèl, le rav Yitshaq Eizik Herzog pour organiser des secours aux survivants. Il est décédé à Safed.

MINTZ, Yéhouda I    I
né en Allemagne en 1408, décédé à Padoue (Italie) en 1508

fils d’Èliêzèr, chef de la communauté achkénaze de Padoue pendant quarante-sept ans, R’ Yéhouda est considéré comme une autorité halachique d’Italie; élève de R’ Acher Enshchen et cousin de R’ Mochè Mintz avec lequel il entretient une correspondance halachique. Il est hautement loué par R’ Eliyahou Mizrachi et le Maharshal pour son savoir halachique et pour la façon dont il enseigne à Padoue. Il dirige une yéchiva à Padoue, et de nombreux rabbins italiens de cette région sont ses disciples. Son fils Abraham, enseignant révéré, lui succède à ce poste, suivi par son disciple et gendre, R’ Méir Katzenellenbogen, connu sous le nom de Maharam de Padoue. La plupart de ses oeuvres sont détruites à sa mort, mais seize de ses responsa et un court traité sur les lois du guèt (divorce) et halitsa (libération de l’obligation du lévirat dans le mariage), sont édités en même temps que Téchouvot Maharam Padoua en 1553. De nombreux descendants de R’ Yéhouda sont considérés parmi les plus éminents rabbins d’Italie.

MIZRAHI, Èliyahou, (Réèm) I    I
né à Constantinople en 1450, mort à Constantinople en 1525

fils d’Abraham, Grand Rabbin de Turquie depuis 1495. Il écrit des ouvrages de mathématiques, d’astronomie, Sèfèr ha-Mispar, , et le surcommentaire le plus connu du commentaire de Rachi sur la Tora, , Béour Lé-Pérouche Rachi âl haToraTossafot âl Smag, , commentaire sur le Sèfèr Mitswot Gadol, )(, de R’ Mochè de Coucy.

MOCHÈ bèn Maïmone, (Maïmonide, Rambam) I    I
né à Cordoue (Espagne) en 1135, mort à Fostat (Égypte) en 1204

connu sous le nom de Rambam, philosophe et médecin, l’une des plus illustres personnalités du judaïsme médiéval, de l’époque post-talmudique et parmi les plus grands de tous les temps. Selon certains, il serait descendant de R’ Yehouda Hanassi. Obligé de s’enfuir au Maroc, il arrive, après un bref séjour en Terre Sainte, en Égypte, où il devient médecin du vizir de Saladin et est en même temps le chef de la communauté juive. L’oeuvre de Maïmonide est immemse et a embrassé divers domaines. À l’âge de vingt-trois ans, il commence son commentaire sur la Michena qu’il écrit au cours de ses déplacements. Dans le Guide des ÉgarésMorè Névoukhim, , il montre l’accord entre la Foi et la Raison c’est à dire entre le rationalisme d’Aristote et la Bible. Auteur de Michenè Tora, , Répétition de la Loi ou Yad ha-hazaqa, , Main Forte, seul livre écrit en hébreu, Maïmonide classe toute la jurisprudence civile et religieuse du Talmoud sous 14 rubriques afin de mettre un ordre nouveau et d’en codifier le contenu. Toutes ses oeuvres sont composées en arabe. Toute conception rationaliste du judaïsme, jusqu’à ce jour, se réclame de Maïmonide.

MOCHÈ bèn Hanokh I    I
décédé à Cordoue, Espagne, en 1000

Talmudiste et halakhiste, un des Quatre captifs, son sort est le plus amer des quatre. Il est capturé avec sa femme et son jeune fils, Hanokh. Sa femme est si belle que le ravisseur, Ibn Rumahis, lui fait des avances. Elle demande à son époux, en hébreu, si les gens qui se noient peuvent espérer se lever à la résurrection. Son mari répondit en citant le psaume 68, 23 : Je les ramènerai de Bachane, je les ramènerai du fond de la mer. Lorsqu’elle entend cette phrase, elle se jette à la mer où elle se noit. La rançon pour lui et son jeune fils Hanokh est payée par la communauté juive de Cordoue dont il devient le dayane. À son arrivée, une nouvelle ère commence pour les Juifs d’Espagne. Il fonde une académie importante à Cordoue qui reçoit beaucoup de disciples. En conséquence, le Judaïsme espagnol devient indépendant des Guéonim de Babylone et devient un important centre de Tora jusqu’à l’expulsion des Juifs de ce pays, un millénaire et demi après. Son fils, R’ Hanokh, lui succède comme Rabbin de Cordoue.

MOCHÈ bèn Nahmane, (Nahmanide, Rambane) I    I
né à Gérone (Espagne) en 1194, mort en Érèts Yisraèl en 1270

Rambane, R’ Mochè fils de Nahmane, connu aussi sous le nom de GÉRONDI, l’un des maîtres les plus éminents du judaïsme espagnol du 13ème siècle. Penseur, exégète, médecin et curieux des sciences profanes, il fut rabbin de Gérone. Avec son maître Êzra bèn Chélomo (Azrièl) (1160, 1238) Yaâqov bèn Chéchèt et Yona bèn Abraham ils forment un groupe d’étude de la qabbale. Il fut Grand Rabbin en Catalogne pendant de nombreuse années, mais abandonne son poste, suite à une dispute religieuse. Il fut alors exilé pour deux ans, par le Roi d’Aragon Don Jaime. Il vécut ainsi en Castille, en France et en Palestine. D’ailleurs, il fonde une académie à Acre, très populaire auprès des étudiants. En 1260, il s’installe à Jérusalem et y recrée une communauté juive. Il comptait au nombre des 613 ordonnances religieuses de la Loi l’obligation de vivre en Terre Sainte. Depuis l’époque de Nahmanide, la Ville Sainte n’a plus jamais cessé d’être habitée par des Juifs. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le très important Pérouche âl ha-Tora, , Commentaire sur le Pentateuque; Ha-Émouna wé-ha-Bittahone, , sur la morale; Iguèrèt ha-Qodèche, , sur la sainteté du mariage; Torat ha-Adam, , sur les lois du deuil; Chaâr ha-guémoul, , un traité d’eschatologie; Wikouah, , controverse religieuse avec l’apostat juif Pablo Christiani, livre publié sous le titre de la dispute de Barcelone.

MOCHÈ De Coucy première moitié du 13ème siècle, 1240 I    I

illustre rabbin français du Moyen-Âge, fils de Yaâqov. On lui doit un recueil de Lois, le Séfère Mitswot Ha-Gadol (Grand Livre des prescriptions religieuses). Il compte également au nombre des auteurs des Tossafot (Remarques additionnelles qui, avec le commentaire de Rachi, encadrent le texte du Talmoud dans toutes les éditions classiques). Le Semag analyse les six cent treize ordonnances de la Loi, en référence à la tradition talmudique et aux décisions rabbiniques. Il entreprend, en 1235, une grande tournée de conférences en Espagne et en Provence, sermonnant le peuple et lui demandant de réparer ses fautes. Il a, en effet, découvert une communauté en piteux état, les uns ne mettant plus les tefillines, les autres ayant pris des chrétiennes ou des musulmanes pour épouses. En 1240, Moïse de Coucy participe à la controverse célèbre sur le Talmoud qui oppose R’ Yéhiel de Paris à l’apostat Donin. En fin de compte, le Talmud a été brûlé en 1242.

MOCHÈ IBN ÊZRA, (Ha-Sallah) né à Grenade en 1070, mort en 1140 I    I

fils de Yaâqov, rabbin philosophe, poète et linguiste. Un des grands poètes de son temps, en raison de sa maîtrise de langue arabe et hébraïque et grand ami de Yéhouda Ha-Léwi. Ses poésies, ses sélihot et ses chants liturgiques sont tous d’une grande beauté et se retrouvent dans plusieurs rituels de prières. Il est l’auteur de Al Hadiqa fi-maâni Al-Moujaz wal-Hadiqa, un ouvrage philosophique écrit en arabe; Kitab Al-Mohadara wal Moudakara, un traité de rhétorique et de poésie; Zahr Al-Riyad, un recueil de poésies…

MOCHÈ HA-KOHEN, (Ramakh) I    I
Lunel, Provence, 12ème siècle, 1200

Auteur de hassagot (critiques) sur le Michenè Tora, il est souvent cité par le Ran et Rivache, une partie des hassagot ont été publiées à Jérusalem en 1868. Rambam répond personnellement aux critiques de R’ Mochè, sans les développer.

MOCHÈ HA-DARCHANE I    I
né à Narbonne au 11ème siècle, 1100

fils de Yaâqov, talmudiste et enseignant, un des plus ancien érudit de Provence dont les travaux font autorité. Rabbi Natane ben Yéhièl auteur de Âroukh, disciple de R’ Mochè qu’il cite régulièrement. Auteur d’une anthologie de midrachim comparable au Yalqout Chimôni où transparait ses propres interprétations enrichies de la guématria, Rachi dans son commentaire de la Tora se réfère à ses travaux. Rabbènou Tam le cite comme un autorité halakhique importante

MOHOLIVER Chémouèl I    I
né à Glabokia, dans le district de Vilna, en 1824, décédé en 1898

il fait partie des mouvements sionistes religieux. À la suite des pogromes de 1881, il influence de nombreux réfugiés à se rendre en Erets Yisraèl, et exerce une grande pression sur le baron de Rotschild pour que ce dernier vienne en aide au nouveau yichouv. Il fonde en 1893 le mouvement Mizrahi, sioniste religieux. Son corps a été réenseveli dans le cimetière de Mazkérèt Batia.

MUNK, Èliyahou né à Paris en ?, 1900 I    I

mais originaire d’Allemagne, rabbin français, il fait ses études au Séminaire orthodoxe Hildesheimer, à Berlin. Rabbin de la Communauté israélite de la Stricte Observance à Paris. Dans ses divers ouvrages, La justice sociale en Israël, Vers l’harmonie, Israël et sa doctrine, Le Monde des Prières, etc..), le R’ Munk, grâce à son savoir talmudique, à ses connaissances dans le domaine de la qabbale et à sa culture moderne, cherche à traduire en un langage accessible au lecteur d’aujourd’hui les valeurs permanentes du message d’Israël.

NAHMANE de Breslav 1772, 1810 I    I

arrière petit-fils du R’ Yisraèl Baâl Chème Tov, l’un des plus originaux des chefs spirituels du mouvement hassidique. Il quitte l’Europe orientale en 1798, et s’installe à Tibériade, mais en 1800 il retourne à Breslau qu’il quitte en 1810 pour se fixer à Oumane, en Russie, où il meurt. Son enseignement mystique, son ascétisme, l’ascendant spirituel qu’il a exercé sur ses fidèles entourent sa figure d’un certain mystère. Aujourd’hui encore, ses fidèles, qui le considèrent comme leur guide spirituel (car à la différence des autres groupes de hassidisme, se conformant à la volonté de leur maître, ses disciples ne lui ont pas nommé de successeur), continuent à se rendre en pèlerinage sur sa tombe en Russie. De son vivant, ont été publiés les Likoutè Maharane. Après sa mort, le reste de ses écrits a été publié par les soins de ses disciples.

NESSIM BÈN YAÂQOV décédé à Kairouan (Tunisie) en 1050 I    I

talmudiste et professeur, disciple de son père R’ Yaâqov bèn Nessim, et de R’ Chushiel, il maintient une correspondance suivie avec R’ Haï Gaon (939-1038) dont il sollicite l’opinion sur tous les points halakhiques et Talmudiques. Il correspond également avec R’ Chemouel HaNaggid qui devient un solide défenseur des théories de R’ Nessim, et leurs liens se renforcent lorsque le fils de R’ Chemouel, R’ Yossèf, épouse la fille de R’ Nessim. Lorsque R’ Nessim se rend en Espagne pour les festivités du mariage, il y demeure assez longtemps, donnant des conférences sur le Talmud et gagnant de nombreux adeptes. Son oeuvre : HaMafteach, références talmudiques; des notes sur la Halakha, Aggada, et des responsa intitulées Megilas Sesarim. À la suite du décès de son petit-fils, pour consoler sa fille et son gendre, il rédige et leur envoie Chibour Yafeh MehaYeshuah (également intitulé Sefer Ha-Maâssiyot) qui comporte des anecdotes du Talmoud et du Midrache sur la Divine Providence et la récompense réservée aux Justes. Son fils unique décède à un jeune âge, et les filles de R’ Nessim lui survivent.

NISSIM bèn Réoubène Gérondi, (Rane) I    I
né en Espagne en 1290, mort à Barcelone en 1375

fils de Réoubène de Gérone, l’un des plus grands talmudistes espagnols, il a été la personnalité la plus marquante de la génération d’après le Rachba. Rabbin et Dayane à Barcelone, il y dirige la yéchiva. Il est considéré comme chef des Juifs espagnols. Principale autorité halakhique de son temps, il reçoit des questions des communautés de divers pays, y compris d’Erets Israël. Il est aussi connu comme commentateur du Rif et de plusieurs Traités du Talmoud; des quelques mille responsa qu’il écrit, seuls soixante-dix-sept sont préservés. Il écrit également, en 1336, pour son usage personnel, un Séfer Tora qui devient un modèle du genre et qui est transporté jusqu’à Tibériade où il est préservé à nos jours. Les homélies connues sous le titre de Dérachot ha-Rane, ” font partie des classiques du judaïsme, plusieurs grands théologiens, R’ Yossèf Albo, R’ Abrabanèl, R’ Ârama, R’ Crescas ont puisé les bases de leurs propres systèmes philosophiques.

ÔBADIA, David I    I
né à Sefrou, Maroc, en 1913

fils de Chimône Hayim (Yismah), président du Tribunal Rabbinique, auteur des fameux livres Yismah Lévav et Torat Hayim. À 29 ans, le grand rabbin Ôbadia succède à son père et devient le juge et le rabbin le plus jeune du Maroc. Sous son égide, son dynamisme et sa personnalité charismatique, une nouvelle ère spirituelle commence pour la ville où l’on construit de nouveaux bains rituels et bien d’autres services religieux. Il fonde également un réseau d’institutions communautaires dont la fameuse Bèt David et une école pour jeunes filles, la première du genre au Maroc. Sa renommée dépasse les frontières et toutes les communautés marocaines le veulent comme rabbin. En 1942, le grand rabbinat lui demande de prendre en charge la présidence du Tribunal Rabbinique de Rabat, et le chef de cabinet du ministre de la justice lui demande de siéger à Casablanca comme président du tribunal rabbinique de cette ville. Mais, craignant la dissolution du réseau d’institutions qu’il avait mis en place en si peu de temps, le Rav repousse toutes les offres. En 1961, il est nommé à la tête du tribunal civil de la grande ville de Fès, et par la suite à la tête du tribunal rabbinique de Marrakech. Son grand amour pour Sion et Jérusalem le pousse à quitter le Maroc et il s’installe à Jérusalem qu’il voulait comme demeure. Il est nommé comme membre du grand rabbinat de Jérusalem où il oeuvre dans différents domaines, particulièrement sur la kacheroute.

ÔBADIA Chimône Hayim, (YismahI    I
né à Sefrou en 1872

circoncis par le très célèbre et très saint Rabbi Rafaèl Mochè Elbaz, porté par son père Rabbi Messod et son grand-père Rabbi Éliahou Benharoche (auteur des livres Birkat Eliahou et Cos Eliahou). Rabbi Chimône a été le chef spirituel de la ville de Sefrou avant de laisser ce rôle à son fils, Rabbi David, qui a été le dernier grand rabbin de la ville. Doué d’un amour puissant pour l’étude, toute sa vie a été une succession de jeûnes et de privations. Après son mariage à l’âge de 18 ans, il se lève tous les matins à trois heures du matin et se consacre à l’étude de la Tora sous la conduite vigilante de son père. En 1892 a été fondée la première yéchiva en ville qui regroupait sept talmidim. C’est l’époque des grandes attaques sur les Juifs par les arabes qui ont fait beaucoup de victimes, et Rabbi Chimône se distingue par l’encouragement qu’il prodigue à la population dans les sermons qu’il prononce en toute occasion. Il crée la Hevrat Èliyahou Ha-Navi qui a pour rôle d’assurer un toit et la nourriture aux nécessiteux de la ville et de l’extérieur. Il encourage également la fondation de la Hevrat Em Habanim, organisation de femmes qui construit une magnifique école pour les études primaires des enfants de la ville. Il fonde aussi la Hevrat Êts Hayim, analogue à nos kolel contemporains, qui assure les moyens de vie aux talmidè hakhamim qui se consacrent à l’étude de la Tora. Rabbi Chimone Hayim Ôbadia est décédé en 1952 après avoir laissé plusieurs oeuvres, les unes encore manuscrites et d’autres qui ont vu le jour sous l’instigation de son fils Rabbi David. Les deux livres qui ont paru sont : Tora Hehaïm et Yismah Levav. Le jour de son décès a été conservé dans les annales de la ville comme une journée incomparable par le nombre de participants qui sont arrivés à Sefrou de toutes les villes du Maroc, autorités civiles et militaires, rabbiniques et administratives, venus marquer le respect et la grande considération qu’ils avaient envers cette personnalité d’envergure mondiale dont les dimensions ne correspondaient pas à la petite ville qui l’a vu naître et grandir.

ÔBADYA YARÈ de Bertinoro I    I
né en Italie en 1440, mort en Érèts Yisraèl en 1516

fils d’Abraham, commentateur par excellence de la Michena que l’on retrouve dans la plupart des éditions. En 1485 il part d’Italie pour la Terre Sainte où il séjourne plus de deux ans, il trouve la communauté juive dans un état de pauvreté et toujours harcelé par les autoritée officielles. Il fonde à Jérusalem une yéchiva permettant aux jeunes générations de poursuivre leurs études talmudiques, il publie le récit de son voyage, auteur de Amar Naké, un surcommentaire de Rachi; des piyoutim; un commentaire qabbalistique du livre de Rout, Pérouche Bertinoro et Miqraé Kodéche; les lettres qu’il envoie à ses proches sont d’un grand intérêt historique, elles contiennent des informations sur les conditions sociales, économiques et intellectuelles des juifs de Sicile, Grèce, Égypte et Israël ainsi que leurs us et coutumes. Certaines de ces lettres sont publiées dans Darkhé Tsione (Koloméa, 1886).

ONQÉLOS 2ème siècle, 200 I    I

prosélyte de la famille de l’Empereur Hadrien, élève de R’ Âqiba. Il est considéré comme l’auteur de la traduction araméenne de la Tora qui accompagne l’original hébraïque.

ÔUZIÈL, Hay I    I
né à Jérusalem en 1880, mort à Jérusalem en 1953

fils de Tsione, rabbin israélien, issu d’une famille appartenant à la communauté séfarade. Après avoir occupé divers postes rabbiniques, il est nommé en 1939 Grand Rabbin séfarade d’Israël. Talmudiste distingué, il a laissé divers ouvrages juridiques.

ÔUZIÈL, Yitshaq I    I
né à Féz (Maroc) en 1550, mort à Amsterdam en 1622

fils de Abraham, descendant d’une distinguée famille espagnole dont plusieurs membres ont fui l’Espagne en 1492. Parmi eux, R’ Yossèf ben Abraham Tzarfati, distingué talmudiste installé à Fès et grandement respecté. R’ Yitshaq Ôuziel qui Fès aux alentours de 1605 à cause de la famine, et devient rabbin d’Oran en Algérie. Puis, en 1606, il se rend à Amsterdam où il enseigne et, également, s’occupe d’affaires commerciales. Il est membre fondateur de l’une des premières congrégations portugaises, Névè Chalom, en 1608, dont il devint le rabbin en 1610. Il a une profonde influence sur la communauté de nouvellement déclarés Juifs qui, pour la plupart, sont nés et élevés en Chrétiens. Il devient impopulaire, ayant démontré des tendances critiques négatives, et plusieurs membres de la congrégation quittent Neveh Chalom et forment une nouvelle congrégation. Il rédige un ouvrage sur la grammaire hébraïque, Maânèh Lachone.

PARTSOVITZ, Nahoum I    I
Né à Trouk (Lituanie) en 1923, décédé à Jérusalem en 1986

l’une des plus grandes figures du monde des yéchivot, il est chargé du cours magistral à la yéchiva de Mir, Jérusalem. Il se distingue dès son enfance par son intelligence précoce et sa passion de l’étude. Études : Yéchiva de Raïmeles à Vilna, Yéchiva de Branovitz, puis à Kaménitz. Alors qu’il vient d’entrer à la Yéchiva de Mir, éclate la Seconde Guerre Mondiale. Il partage le sort de cette yéchiva dans toutes ses pérégrinations de Pologne en Lituanie, puis au Japon, à Changaï et enfin aux États-unis. Monté en Èrets Yisraèl en 1949, il épouse la ville de Rav’ Hayim Chmoulévitz, petite fille du Roche Yéchiva de Mir, R’ Eliezer Yéhouda Finkel. Rapidement intégré au corps enseignant de la Yéchiva de Mir à Jérusalem, son cours finit par devenir une véritable institution dans le monde des yéchivot. Malade depuis plus de 10 ans, c’est un Séfère Tora vivant qui nous quitte.

PINES, Chélomo Zalman né à Minsk en 1871, 1954 I    I

installé à Zurich, en Suisse, à partir de 1914, auteur de nombreux ouvrages d’intérêt religieux. Il écrit des Remarques sur divers traités du Talmud, des Commentaires sur plusieurs livres de la Bible, ainsi que des ouvrages juridiques sur certains aspects du Michenè Tora de Maïmonide.

PINTO, Mochè Aharone I    I
né en 1912 au Maroc, décédé à Achdod en 1985

fils du Saint et vénéré R’ Hayim Pinto, et petit-fils du grand Tsaddiq R’ Yoshiahou Pinto auteur du livre Le Rif sur Ein Yaâqov et de R’ Yaâqov Pinto, l’auteur du livre sur le Zohar Mikdach Melekh. R’ Mochè Pinto était parmi les Tsaddiqim Nistarim (cachés) qui ne voulaient pas se manifester, et il interdisait aux gens de parler de lui. Mais le jour de son décès, les gens vinrent témoigner des miracles réalisés grâce aux bénédictions du Tsaddiq. Ses miracles sont innombrables, et ses disciples réunissent ces récits pour en faire un ouvrage.

PINTO Hayim né à Agadir en 1759 I    I

fils du vénéré R’ Chélomo Pinto et gendre de R’ Khalifa Malka, R’ Hayim Pinto vient à Mogador à l’âge de 12 ans et se rend directement à la synagogue de R’ Hayim Benatar. Au milieu de la nuit, son père et le prophète Elie lui apparaissent en rêve, lui enseignent la Tora, et lui demandent de se rendre à la Yechiva de R’ Yaâqov Bibas en lui certifiant que de lui jaillira la lumière. Après le décès de son maître, R’ Bibas, il occupe les fonctions de ce dernier à l’âge de 18 ans et, très vite, devient célèbre pour les grands miracles qu’il accomplit. Egalement grand chantre liturgique, tous les vendredis soirs la route en direction de Meknès se raccourcit afin d’amener le R’ David Hassine à lui, et ils passent ainsi toute la nuit à louer l’Ét’ernel jusqu’à l’aube. Tous les soirs, le prophète Èlie lui apparaît. La vie de R’ Hayim Pinto est remplie de miracles. Il est décédé à l’âge de 96 ans un 26 de Eloul, et promit le jour de son décès à ses disciples que tout celui qui mentionnera son nom le jour de sa Hilloula, sera exaucé. Les miracles ne cessèrent point après sa mort.

QAPSALI, Èliyahou 1480, 1552 I    I

fils de Elkana, sage italien, rav de la ville de Candie en Crête, aujourd’hui Héraclion. Auteur de Séder Eliyahou Zouta, sur l’histoire des Juifs d’Italie et de Turquie; Noham wé-Havalim, chronique d’une controverse entre deux autorités de l’époque. Ses responsa ont disparu.

QAPSALI, Mochè I    I
né à Candia (Crète) 1410, décédé à Constantinople (Turquie) 1500

fils de Èliyahou, enseignant réputé, lui donne sa première éducation. Puis il poursuit ses études dans des académies talmudiques d’Allemagne où il est l’élève de R’ Mochè Landau (père de R’ Yaâqov Landau, auteur du Séfère Ha-Agur). Il retourne ensuite dans sa terre natale où il est très actif dans la vie communautaire; de nombreux takkanot de Candia lui sont attribués. Avant la conquête de Constantinople par les Turcs, en 1453, il s’établit dans cette ville. Lorsque les Turcs s’en rendent maîtres, le Sultan Mehmet II, nomme R’ Mochè Grand Rabbin de Turquie et le reconnaît comme le représentant légal de la communauté Juive au même titre que le Patriarche Orthodoxe et le Mufti. Le Sultan a un profond respect pour le Rabbi et le consulte à diverses occasions sur des affaires d’état. À une occasion, les Janissaires (armée privée d’élite du Sultan) lui en veulent, et, à la mort de Mehmet II, se mutinent (en 1481) et attentent à la vie de R’ Mochè qui, ayant été prévenu, échappe à la mort. R’ Mochè doit, entre autres fonctions, collecter les taxes pour le Sultan; son autorité dans les affaires internes est virtuellement absolue, il a le pouvoir d’engager des rabbins et des juges et d’imposer des punitions. Malgré cette puissance, il mène une vie ascétique, jeûnant souvent, et dormant sur la dure. Son grand intérêt est l’étude et l’enseignement de la Tora. Après l’expulsion d’Espagne en 1492, il persuade le Sultan d’autoriser les Juifs à s’installer en Turquie. En collaboration avec son collègue, R’ Eliyahou Mizrachi, il lève des fonds pour payer les rançons des éxilés et les aider à se réinstaller en Turquie, et n’hésite pas à taxer de puissants hommes d’affaires pour des fins charitables. Très peu de ses responsa ont été préservées (Sinaï). À sa mort, le poste de Grand Rabbin de Turquie passe à R’ Eliyahou Mizrachi. R’ Eliyahou Ben Elkanah Capsali, qui rédigea Seder Eliyahou Zuta, était le petit-fils de R’ David Capsali, frère de R’ Mochè.

ISRAELI, Chaoul I    I

rabbin israélien, actif dans divers domaines de la vie spirituelle de la Terre Sainte. Il est notamment l’auteur d’un Recueil de textes de pensée juive, Peraqime Be-Mahchévet Yisraèl) auquel il a joint certains commentaires personnels.

QARO, Yossèf, (Marane) I    I
né à Tolède (Espagne) en 1488, et mort à Safed en 1575

connu sous le pseudonyme de MARANE, . Expulsés d’Espagne, ses parents se rendent à Nicopolis (Turquie). R’ Yossèf est nommé Roch Yéchiva à Edirne, puis en 1539, il émigre en Erets Israël. Il s’installe à Safed, grand centre de la Kabbale de cette époque, et devient le compagnon du grand Kabbaliste R’ Yitshaq Louria, Ari Hakadoch, et du R’ Chélomo Alkabetz auteur du poème Lékha Dodi. Codificateur du judaïsme, considéré comme la plus grande autorité rabbinique après Maïmonide, son influence sur le judaïsme se fait sentir aujourd’hui encore. À l’âge de 34 ans, il entreprend l’exécution de son oeuvre le Bet Yossèf, explication du code Baal Hatourim, dans laquelle chaque loi est analysée depuis sa source dans le Talmoud, et qu’il termine 32 ans après à Safed. Auteur du Choulhane Âroukh, , qui est la codification des pratiques juives. Cet ouvrage est une simplification de Bèt Yossèf, , qui analyse en plus d’énumérer les lois. Parmi ses autres ouvrages notons : Kélalè ha-Talmoud, , une méthodologie du Talmoud; Bèdèq ha-Bayit, , un supplément et corrections du Bèt Yossèf; Kèssèf Michenè, , un commentaire sur le Michenè Tora de Maïmonide. Il reçoit en 1538 l’ordination rabbinique (sémikha) du Grand Rabbin de Fès R’ Yaâqov Bérab et s’établit à Safed où il est chef spirituel de la communauté.

QIMHI, David, (Radaq) I    I
né à Narbonne (France) en 1160, décédé à Narbonne en 1235

fils de Yossèf, l’un des maîtres de Provence, l’un des plus grands grammairiens et exégètes bibliques médiévaux; connu dans le monde non Juif sous le surnom de Maistre Petit; son premier ouvrage d’importance est le Mikhlol, un traité de philologie qui comprend un célèbre lexique nommé Séfère ha-Chorachim. Auteur également de commentaires sur la Genèse une bonne partie du Tanakh, il s’illustre surtout par ses recherches et ses écrits sur la grammaire hébraïque. Lors de la polémique sur les ouvrages de Rambam, il prend position en sa faveur.

QIMHI, Yossèf I    I
né en Espagne en 1105, mort à Narbonne (France) en 1170

fils de Yitshaq, commentateur et grammairien; les persécutions par la secte des Almohades le forcent à fuir l’Espagne. Il se réinstalle à Narbonne, en Provence, où il enseigne, et il rédige des commentaires de la Bible soulignant la grammaire et la ponctuation. Son interprétation de la Tora (Sefer Ha-Tora), des Prophètes (Sefer HaMiknah), et du Cantique des Cantiques, n’a pas été publiée, mais est connue soit sous forme de manuscrit, soit par des citations d’autres commentateurs. Ses oeuvres Sefer Chukah sur les Proverbes et Tikvas Enosh, commentaire sur Job, ont été publiées. Il rédige également Sefer HaBris, sous forme de dialogue entre un Juif loyal et un apostat sur les mauvaises interprétations des versets bibliques par les Chrétiens. Parmi ses diverses oeuvres sur la grammaire hébraïque, son Sefer HaZikaron est accepté par les générations suivantes ainsi que ses classifications des voyelles hautes et basses, et son identification de huit classes de verbes. Ses ouvrages, Sefer HaGalui et Chibur Hateket, ne sont pas publiés. R’ Yossèf Qimhi est le père de Radak et de R’ Mochè Qimhi.

Qordobèro, Mochè, (Ramaq) I    I
né en 1522, mort à Safed en 1570;

Sous l’autorité de R’ Yossèf Qaro, Ramaq, “, étudie le Talmoud et la halakha, et, à vingt ans, il est ordonné par R’ Yaâqov Bèrav par la sémikha, , ordination, nouvellement recréée. R’ Mochè étudie très jeune la Qabbale, , avec son beau-frère, R’ Chélomo Alkabets. Il devient le plus éminent qabbaliste reconnu de Safèd, où il a de nombreux disciples parmi lesquels R’ Eliyahou de Vidas, auteur du classique Rèchit Hokhma, , et R’ Abraham Galante. Ramaq rédige un ouvrage classique sur les concepts fondamentaux de la Qabbala, intitulé Pardès Rimonim, . À cause de sa très grande importance, ce travail est résumé par deux des plus grands qabbalistes de sa génération. R’ Ménahèm Âzarya de Fano, grand admirateur de Ramaq, écritun résumé partiel nommé Pèlah ha-Rimone, , et un disciple de Ramaq, R’ Chémouèl Galiqo, écrit Âssiss Rimonim, , résumé de toute son oeuvre. Les autres ouvrages de Ramaq sont Or Nèêrav, , introduction à l’étude de la Qabbale; Sèfèr Gèrouchin, , interprétations qabbalistiques des versets de la Tora écrites au cours de pèlerinages sur les tombeaux des Tannaïm et Amoraïm; Tomèr Dévora, , traité d’éthique; Èlima Rabati, , sur la terminologie qabbalistique; Chiôur qoma, , ouvrage sur la Qabbale; Téfila lé-Mochè, , commentaire sur le Siddour; et Or Yakar, , volumineux commentaire sur le Zohar. Il rédige également un commentaire qabbalistique sur le piyout Atta Konanta, , qui décrit le service au Temple du Kohène Gadol, , Grand-Prêtre, au cours du Yom Kippour (récité au cours du Moussaf du Yom Kippour) publié sous le titre de Pérouche Séder Ha-Âvoda, ; Ziv’hè Chélamim, , commentaire sur les prières de Roche ha-chana et Yom Kippour; Maâmar Nikhbad Wé-Yakar, ; et Dérichot bé- în’yanè ha-Mal’akhim, . Des commentaires sur la Tora et le Sèfèr Yétsira, , font également partie de son oeuvre, mais n’ont pas été publiés. Ramaq a été grandement révéré par ses contemporains, et R’ Yitshaq Louria a témoigné avoir vu une colonne de feu précédant le parcours de son cercueil lors de ses funérailles.

RABBÈNOU GUÈRCHOME, (Mèor ha-Gola) I    I
né à Metz (France) en 960, mort à Mayence (Allemagne) en 1040

fils de Yéhouda, enseignant, talmudiste; dans son académie talmudique de Mainz qui comprenait de nombreux élèves de différents pays, dont la Provence et l’Espagne, il a jeté les bases d’études talmudiques avancées et de décisions halachiques dans les pays achkénazes. C’était le centre le plus prestigieux d’études talmudiques de l’époque. Parmi ses disciples se trouvaient les professeurs de Rachi, R’ Yaâqov ben Yakar, R’ Yitshaq ben Yehudah, et R’ Eliezer HaGadol. R’ Guèrchome a corrigé le texte du Talmoud sur des manuscrits reconnus, clarifiant ainsi d’obscurs passages; il rédigea aussi un commentaire sur divers sujets et Hilchos Treifos sur les lois de la cacheroute, ouvrage mentionné dans Tosafos et Sefer Rokeach, responsa. Son oeuvre a été adoptée par tous les rabbinats et acceptée comme loi à travers tout le peuple achkénaze ainsi que par certaines instances dans toute la Diaspora. R’ Guèrchome s’insurgea contre la polygamie et contre le divorce sans l’assentiment de l’épouse. Il dénoncea le rejet de ceux qui furent forcés, sous la menace, à renoncer au judaïsme, malgré leur retour à la foi juive. Cette action fut menée suite à la conversion forcée des Juifs au Christianisme sous peine de mort ou d’expulsion, alors que la Halacha oblige les Juifs à se soumettre à l’exécution plutôt que de renoncer à leur foi. Le fils unique de R’ Guèrchome fut converti par la force au Christianisme, et lorsqu’il décéda très vite après, sans avoir eu la chance de retourner à sa foi, R’ Guèrchome observa deux semaines de deuil, une pour la perte de son fils, et l’autre pour la perte de son âme. Les souffrances terribles de son peuple, à cette époque, furent décrites dans ses selichos (supplications); une de ses prières, Z’chor Bris Avraham, est récitée pendant la Nehila de Yom Kippour.

RÉQANATI, Ménahèm né en Italie, 1399 I    I

fils de Binyamine, l’un des premiers qabbalistes italiens de la fin du 13ème siècle début 14ème, auteur d’un commentaire sur la ToraTaâmè ha-Mitswot, ouvrage dans lequel il nous offre des raisons sur les commandements de la Tora, où l’on retrouve des influences des hassidim piétistes allemands et des écoles qabbalistiques espagnoles, ainsi que des interprétations qabbalistiques des prières; Pisqè ha-Réqanati, est un recueil des décisions halakhiques des décisionnaires de la précédente génération.

ROQAH, Yaâqov I    I
Né à Tripoli (Lybie) en 1800, décédé à Tripoli en 1891

descendant d’une ligne de Rabbins, il est descendant (5ème génération) du réputé Grand Rabbin Massoûd Hai Roqah. Il forme de nombreux talmidim dans sa ville natale, et enseigne la Tora dans la pauvreté en allant jusqu’à refuser un poste de Grand Rabbin proposé par la Communauté de Tripoli. D’après le grand voyageur, Benyamin II, dans son livre les Tribulations d’Israël, le rav Yaâqov subvient aux besoins des pauvres de sa ville. Son oeuvre, des dizaines de livres de Halakha et Haggada; auteur d’un commentaire sur le livre des Téhilim, Maâte Téhila.

ROSENHEIM, Yaâqov 1870, 1965 I    I

leader orthodoxe, né à Francfort-sur-le-Main. Autodidacte, d’une vaste culture juive et générale, c’était un maître du style littéraire allemand et un orateur sans pareil. Employé de banque, il devient le fondateur de la maison d’édition Hermon qui publie un vaste éventail de littérature religieuse. Il dirige pendant trente ans l’hebdomadaire Israelit, organe influent de l’orthodoxie allemande. Il prend une part active dans la direction de l’Israelitische Religionsgeselischait, la communauté orthodoxe indépendante de Francfort, et ressuscite la Freie Vereinigung fuer die interessen des orthodoxen Judentums, fondée par R’ S.R. Hirsch en 1896. Il est, en 1912, l’un des fondateurs, idéologues et dirigeants de l’Agoudat Yisraèl, dont il devient le président en 1929. En 1940, il émigre aux Etats-Unis et, à la fin de sa vie, il s’établit en Erèts Yisraèl jusqu’à son décès.

SAÂDIA, Gaone né en Egypte en 882, mort en 942 I    I

fils de Yossèf, nommé en 928 Gaone, , (titre honorifique porté par les chefs des grandes Académies Talmudiques de Soura et Pumbédita, les guéonim sont les chefs spirituels du peuple juif après la clôture du Talmoud), il occupe la propre chaire de Rav Achi, le rédacteur de la Guémara. Il est le premier à rédiger un ouvrage de philosophie juive systématique de Émounot wé-Déot, , (Croyances et opinions) marquant la première tentative faite pour présenter la pensée juive de façon systématique. Il établit les principes fondamentaux du judaïsme : création ex nihilo, unité du Créateur, existence de l’âme, révélation de la Loi, libre arbitre de l’homme, rétribution après la mort, et il divise les ordonnances religieuses en deux catégories : les préceptes rationnels et les préceptes d’autorité.

SABBAH, Abraham, (Tséror ha-Mor) I    I
né en Espagne en 1440, mort en 1508

rabbin prédicateur du 15ème siècle en Castille, philosophe et qabbaliste, fils de Yaâqov. Expulsé d’Espagne en 1492, il se réfugie à Oporto au Portugal. Mais le Roi Emmanuel décrète à son tour l’expulsion des juifs. Il se rend à Fès, de peine et de misère, après l’enlèvement de ses deux enfants et la confiscation de tous ses manuscrits. A Fès, il reconstitue de mémoire les ouvrages manuscrits perdus. Ces ouvrages sont : , Èchekol ha-Kofèr, commentaire sur le Livre d’Esther et de Ruth; , Tséror ha-Mor, commentaire sur le Pentateuque; , Tséror ha-Kèssèf, décisions juridiques. Il harangue les communautés marocaines, leur reprochant les fautes qui entraînèrent le désastre espagnol. Est enterré en Italie.

SALANT Chémouèl I    I
né à Bialystok en 1816, décédé à Jérusalem en 1909

R’ Chémouèl étudie à la fameuse yéchiva de Wolozhin. Son oncle est le rav Zundel de Salant, l’un des principaux fondateurs de l’Ecole du Moussar. R’ Chémouel monte en Érèts Yisraèl en 1840, devient le Grand rabbin de Jérusalem en 1871, jusqu’à la fin de ses jours. La ville, de 500 âmes à son arrivée, passe à 30,000 âmes. Il participe à la fondation de la grande yéchiva Êts Hayim, et de l’hôpital Bikour holim.

SASPORTAS Yaâqov I    I
né à Oran (Algérie) en 1609, mort à Amsterdam en 1697

descendant du Rambam à la 11e génération, il fut dayane à Tlemcen à l’âge de 24 ans, puis dans d’autres communautés d’Afrique du Nord. Un des opposants du faux messie Chabétai Tsvi, il s’installe à Salé puis en 1651 quitte le Maroc pour Amsterdam en Hollande où il est nommé Roche Yéchiva de Èts Hayim. Il y publia quelques ouvrages. R’ Yaâqov fit partie de la délégation qui rencontra Cromwell à Londres en 1656 afin d’obtenir l’autorisation de créer une communauté juive en Angleterre. Cette délégation était dirigée par Menachè ben Yisraèl. Quelques années plus tard, R’ Yaâqov revient au Maroc, puis devient rav dans la jeune communauté londonienne en 1664. Lorsqu’apparaît le mouvement chabethaïste, il en sera donc le premier et décisif adversaire, envoyant de par le monde juif de l’époque courriers et avertissements, et empêchant ainsi l’épidémie de s’étendre. Son livre Tsitsath novel Tsevi n’a pas été achevé de son vivant. En 1673, il retourne à Amsterdam, y dirige la Yechiva Èts Hayim et y est nommé rav principal de la communauté séfarade.

SCHNEERSON, Lévi Yitshaq I    I
Né à Podovronka, en Russie Blanche, décédé à Tsaéli en 1944

il se distingue très jeune par son intelligence supérieure et ses aptitudes exceptionnelles, non seulement dans le domaine de la Tora mais aussi de littérature mystique, intellectuel chevronné en matière de Hassidout. Il épouse la Rabbanit Hanah, fille de Rabbi Chélomo Méïr ha-Lévy Yanovsky, grand Rabbin de Nicolaïev, et petit-fils de Rabbi Abraham David Lavet, auteur de célèbres ouvrages halakhiques et bibliographiques. Après son mariage, il se consacre pendant près de dix ans à l’étude de la Tora. Puis Rav Lévi Yitshaq et sa famille déménagent à Yakatrinoslev où il est élu au poste rabbinique, et y dirige une importante communauté jusqu’en 1939. Le couple a trois enfants : l’aîné est le défunt Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendèl; le second, Rabbi Dov Ber, est tué par les Nazis; le troisième, Rabbi Israël Aryé Léïb. Tous les trois sont doués de capacités intellectuelles fabuleuses, et extraordinairement assidus dans leurs études. Durant les trente années de son prestigieux rabbinat, sa femme se tient près de lui et le soutient dans sa mission sacrée, car, outre sa culture et son érudition, elle maîtrise bien la langue régionale; intellectuelle et très agréable de compagnie, elle participe ainsi au succès de son époux. R’ Lévi Yitshaq et sa compagne diffusent le Judaïsme même lorsque qu’ils sont en danger. Certains de leurs proches essayent de leur procurer des papiers pour s’enfuir de Russie, mais sans succès. En 1939, la nuit du 9 Nissane 5699, des membres du NKVD font irruption dans sa demeure et enferment le Rabbi en prison à Tsaéli; sa femme attend dix mois avant d’être autorisée à lui rendre visite. Elle décide de le rejoindre dans son exil et allège le poids de ses malheurs; elle lui confectionne de l’encre et lui procure des papiers, ce qui lui permet de mettre par écrit ses commentaires merveilleux sur le Tora qui seront édités trente ans plus tard sous les titres de Likout (compilation de) Lévi Yitshaq et Torat Lévi Yitshaq.

SCHNEOUR, Zalman de Liadi 1746, 1813 I    I

l’un des chefs spirituels du mouvement hassidique en Lituanie. Il a fondé le mouvement Habad (Hokhma, Bina, Daât, sagesse, intelligence, science) au sein du hassidisme, qui se distingue par son activité missionnaire à l’intérieur du peuple juif. Versé dans la Halakha comme dans la Qabbale, il a laissé des ouvrages juridiques (dont un recueil de lois) et des écrits d’inspiration mystique. De tous ses livres, le plus répandu est le Tanya dans lequel il élabore son système de pensée.

SCHOR, Alexander I    I
Né dans le courant du 16e siècle, décédé à Zolkwe en 1737

il refuse par modestie toute fonction rabbinique. Il rédige un ouvrage de Halakha du nom de Simla Hadacha, portant principalement sur les lois de l’abattage rituel, accompagné d’un long et profond commentaire, le Tévouot Chor.

SCHTRACHOUN, Chémouèl, (Rachache) de Vilna I    I
Né en 1794, décédé en 1872

Juif aisé, il prend le temps, malgré ses occupations communautaires, de rédiger des notes sur l’ensemble des traités de la Guémara, qui sont fort considérées dans le monde des talmudistes. Il posséde l’une des plus riches bibliothèques privées d’Hébraïca qui fut, après sa mort, ouverte au public.

SERERO, Samuel Saül I    I
Rabbi Samuel Saül Serero est né à Fès vers 1566

il est décédé en 1656, année de naissance d’une autre figure illustre, Rabbi Yéhouda Benatar. Il faisait partie de la seconde génération des exilés de Castille en Espagne et son père, Rabbi David, s’est installé à Fès. Rabbi Saül exerce les fonctions rabbiniques pendant 56 ans. Parmi ses contemporains, on trouve Rabbi Samuel Ibn Danan, Rabbi Yéhouda Ôuziel, Rabbi Yitshaq Abensour, Rabbi Vidal Sarfati, Rabbi Yitshaq Benzimra, Rabbi Yahya Berdugo, etc… Il est nommé grand rabbin de Fès et se distingue par son immense érudition dans les différentes branches de la Tora, Talmud, Midrache, philosophie, Qabbale. Ses grandes connaissances dans le domaine scientifique en général ont fait de lui un grand lutteur qui combat courageusement et vigoureusement les théories chrétiennes, imposantes à l’époque. Il écrit un livre relatant les péripéties de la vie communautaire de son temps, mais seule une petite partie nous est restée qui figure dans le livre Fès et ses Sages. Dans ses commentaires sur la Tora, il fait preuve d’une large connaissance des commentateurs classiques : Rachi, Alchèkh, Ibn Ezra, Ralbaz, Rambam, Abrabanèl, etc… et, dans ses explications de passages difficiles du Talmoud, tout devient clair et à la portée de tout lecteur. Le plus grand respect lui est réservé et on le cite comme unique en son temps, nul ne lui est semblable, géant parmi les géants…. Sa célébrité dépasse les frontières et arrive jusqu’aux rabbins de Jérusalem. Il est considéré comme un membre du Sanhèdrine. Parmi ses écrits, nous pouvons citer les livres : Droushay Maharshass (2 tomes), Hanoch Lanaar, Divrè Ha-Yamim, Alfa Beta, Perek Hashiourim, Toaliott Ein Yaâqov.

SFORNO Ôbadya I    I
né à Casena (Italie) en 1470, mort à Bologne en 1550

fils de Yaâqov, l’un des plus grands maîtres du judaïsme dans l’Italie de la Renaissance. Philosophe, médecin et professeur en sciences profanes et excellent latiniste, il enseigne à l’érudit Johann Reuclin, défenseur du Talmoud face à l’apostat Pfefferkorn, la grammaire et l’hébreu. Il séjourne longuement à Rome puis à Bologne où il siège au Tribunal Rabbinique, et participe à l’implantation d’une imprimerie à Bologne. Dans son ouvrage Or Âmim, , il répond aux allégations philosophiques des Juifs et des Gentils, tente de réconcilier les pensées aristotéliciennes avec les fondements de la Tora et réfute celles incompatibles avec la Tora. Son ouvrage, Lumen Gentium, qu’il traduit en latin, s’adresse aussi aux non Juifs. Auteur d’un commentaire sur la Tora fondé sur la logique et la morale; Michepat Tsèdèq, , commentaire sur Job.

SIRKIS, Yoël I    I
né à Lublin au début du 16e siècle, décédé à Cracovie en 1640

rav de plusieurs villes de Pologne et Lituanie, il a pour élèves de nombreuses personnalités marquantes du temps. Parmi ses oeuvres les plus importantes, Bèt Hadache (Bah), commentaire sur le Tour; Haggadot ha-Bah, notes critiques établissant le texte exact du Talmoud et de ses principaux commentateurs : Rachi, Tossafot, Roche.

SOFÈR, Yaâqov Hayim, (Kaf ha-Hayim) I    I
1870, 1939

auteur du Kaf ha-Hayim, important recueil halakhique de R’ Yaâqov Hayim, né à Bagdad, décédé à Jérusalem. Il exerce une influence notable sur la Halakha contemporaine.

SOFÈR, Mochè, (Hatam Sofèr) I    I
né à Francfort en 1782, décédé à Presbourg en 1840

il grandit en Allemagne à un moment où la communauté juive connaît des temps troublés. Ainsi est-il poussé, contre son gré, à assumer les fonctions de rabbin, durant trente années, de Presbourg (Bratislava, Tchécoslovaquie); cette ville devient, sous sa direction, un bastion du Judaïsme orthodoxe de Hongrie. Le Hatam Sofèr est à la fois un profond penseur et un homme d’action. Il devient le plus important représentant du judaïsme orthodoxe dans le combat contre l’assimilation et la Réforme. Célèbre par ses analyses et ses commentaires sur le Talmoud, il écrit un commentaire sur la Torat Mochè, .

SOLOVEITCHIK, Yossèf Dov 1820, 1892 I    I

petit-fils de R’ Hayim de Volozhyn, l’élève de prédilection du Gaone de Vilna. Après s’être distingué à la yéchiva de Volozhyn, il assume la charge de rabbin à Minsk, puis à Kovno, ensuite à Sloutsk, enfin à Brest-Litovsk/Brisk où lui succéde son fils, R’ Hayim. Appelé en 5613/1853 à diriger la yéchiva de Volozhyn de concert avec le rav Naftali Tsevi Yéhouda Berlin, le Netsiv, il doit pourtant renoncer à cette fonction à la suite d’une controverse quant au mode d’étude talmudique. Il exerçe une influence considérable, tant par son enseignement que par ses oeuvres : responsa Bèt ha-lévi; commentaire Bèt Ha-lévi sur la Tora.

SOMEKH, Abdallah I    I
n
Né à Bagdad, Syrie, en 1813, décédé à Bagdad en 1889

fils de Abraham (fils de Yossèf, fils de Yéhezkiel), Rabbi Abdallah (Ovadia) est issu de l’une des plus illustres lignées du Judaïsme irakien. Son ancêtre est le grand maître Rabbénou Nissim qui vécut il y a environ mille ans. Dès son plus jeune âge, Rabbi Abdallah s’adonne jour et nuit à l’étude de la Tora auprès de son maître spirituel, Rabbi Yaâqov ben Rabbi Yossèf Harofé, célèbre Dayane de Bagdad. Il épouse sa cousine Sérah (fille de son oncle Rabbi Yitshaq Yossèf Somekh), et s’associe avec un riche homme d’affaires de Bagdad, mais, constatant l’affaiblissement de l’étude de la Tora, malgré son jeune âge, il rassemble les plus éminents jeunes étudiants pour les former et les destiner à la direction spirituelle du Judaïsme irakien. En 1840, un richissime membre de la communauté, Rabbi Yéhezkhel ben Rabbi Réouven Menaché, fait construire un bâtiment qui porte le nom de Bèt ha-Midrache Abou-Ménaché et fournit aux élèves de cette institution un salaire mensuel pour les délivrer des contingences matérielles. Rabbi Abdallah y fait entrer les meilleurs élèves ayant terminé leurs études au Midrache Talmoud Tora de la ville (qui était le Héder Koutav pour enfants de familles pauvres), et les élève au rang de maîtres décisionnaires sans qu’ils aient à se soucier de leur subsistance ni de celle de leur famille. Rabbi Abdallah consacre également une partie de ses moyens à pourvoir aux besoins matériels de ses élèves. En 1848 y oeuvrent soixante étudiants venus de toutes les villes d’Irak. Les Rabbanim les plus brillants comptent parmi ses élèves et sont appelés ensuite à rendre la justice dans les plus grands Batè Dinim du pays. Rabbi Abdallah prodigue inlassablement son enseignement durant de longues années et rétablit Bagdad comme métropole de la Tora. Lui-même refuse de remplir quelque fonction officielle et n’accepte jamais de rémunération, ce qui ne retranche rien à sa dimension et on le considère comme le dernier grand décisionnaire de son époque. De cette même bâtisse sortent les bergers spirituels des communautés d’Irak, de Perse, d’Inde et du Kurdistan, et d’autres régions d’Asie Mineure. Le nom de Rabbi Abdallah Somekh devient plus célèbre de jour en jour tant pour sa science que pour les miracles que l’on lui attribue. Tous les Rabbanim, les responsables communautaires et la masse toute entière se plient à ses décisions sans aucune remise en question, et même les Arabes le respectent. Les souverains et les dirigeants de nombreux pays témoignent leur respect envers cet homme qui impressionne ceux qui le voient. En 1883, Rabbi Abdallah rattache à chaque synagogue de Bagdad des spécialistes dans la vérification des Téfillines. Ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter une nouvelle paire de Téfillines lorsque les leurs ne répondent pas aux normes de la Halakha, s’en voient remettre gratuitement, et ceci grâce à la générosité du notable Rav Eliahou Chalom Gabay, originaire de Bagdad, établi en Inde, qui consacre une immense somme d’argent à cette fin. À la fin de 1889, une épidémie de choléra en Irak frappe Rabbi Abdallah qui se trouve dans le village de Grahra, non loin de Bagdad. On le fait venir à Bagdad pour le soigner, mais le 18 Eloul 5649 (1889) son âme le quitte pour rejoindre le monde des Justes. Ses ouvrages sont : Zivhè Tsédeq comportant des décisions halakhiques sur la partie Yoréh Déah du Choul’hane Âroukh et plusieurs responsa; Ets Hassadé, commentaire sur le traité talmudique Beitsah; Hazon Lamoède sur la science du calendrier; Chéélot ou-Téchouvot comprenant des centaines de responsa; un commentaire sur la Haggada de Pessah (Kibbouts Hakhamim).

SONNENFELD, Yossèf Hayim I    I
né à Verbo (Slovaquie) 1849, 1932

premier rav de la communauté orthodoxe indépendante de Jérusalem. il était déjà orphelin à l’âge de 4 ans. Après des études à Pressburg et Kobersdorf, en 1873, il s’établit dans la Vieille Ville de Jérusalem où il devient le bras droit de rav Y.L. Diskin dans ses activités communautaires, comme la fondation des écoles et de l’orphelinat, et la lutte contre la laïcité. Il est en faveur d’une séparation totale entre les orthodoxes et les non orthodoxes, et empêche avec la dernière énergie les institutions du vieux Yichouv de tomber sous le contrôle des autorités laïques. Il est l’un des fondateurs du Vaâd ha-ir li-Qéhilat ha-Achkenazim (Conseil de la Cité pour la communauté achkenaze), ainsi que de son bèt Dine (tribunal rabbinique), en opposition au rabbinat officiel de Jérusalem. Il est aussi l’un des fondateurs de l’Agoudat Yisraèl en Erets Yisraèl. Par l’entremise du Hollandais Jacob Israël de Haan, rav Sonnenfeld recevait la visite de nombreuses et éminentes personnalités non juives. Il participe à la délégation orthodoxe indépendante qui se présenta, à l’initiative de Haan, devant Hussein, roi du Hadjaz, lors de sa visite officielle en Transjordanie. Il prêche la modération et la poursuite de la paix avec les Arabes d’Erets Israel.

SPECTOR, Yitshaq Elhanane 1816, 1896 I    I

grand décisionnaire, son opinion est considérée comme particulièrement compétente par ses contemporains. Il est nommé rav de Kovno/ en 1864. Ses oeuvres : Beèr YitshaqNahal Yitshaq.

STERN Betsal’èl I    I
né en Tchécoslovaquie en 1911, décédé à Jérusalem en 1989

Il étudie dans les yéchivot de Galanta et de Presbourg. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est le rav de la ville de Hermenstadt en Transylvanie où, de manière surprenante, les persécutions nazies n’arrivèrent pas. Lorsqu’au lendemain de la guerre la menace communiste se fait sentir, il profite du fait qu’il est étranger pour demander son extradition. Il séjourne deux ans et demi en Italie, et monte en 1951 en Érèts Yisraèl. Il n’y demeure que pour une période de deux ans et demi et, en 1953, il quitte provisoirement selon son expression, le pays pour prendre la tête d’une communauté orthodoxe d’émigrés de Hongrie à Melbourne en Australie. Il y séjournera jusqu’en 1968. Ensuite, il est appelé à Vienne où il est le rav de la ville jusqu’en 1982, date à laquelle il monte définitivement en Érèts Yisraèl où il est mort. Il fut apprécié par les autorités rabbiniques de l’époque, dont le rav de Tchibin et le R’ Pinhas Epstein de la Êda ha-Harédit. Son frère est le rabbi de Debritsin à New York.

TEITELBAUM, Yoël 1888, 1979 I    I

Rabbi de Satmar, descendant d’une grande famille rabbinique de Hongrie et de Galicie. Avant la guerre, il dirigeait la communauté de Satu Mara, Satmar; en 1944, il trouve refuge en Amérique où il prend la direction de la communauté de Satmar à Williamsburg, un quartier de New York qui, sous sa houlette, connaît un très grand essor. Ouvrages : Dvrei Yoël, commentaire sur la Tora, et Responsa.

TOLEDANO, Habib I    I
né à Meknès en 1800, décédé

fils de R’ Eliézer, à la suite d’une période tragique : famines, épidémies et même un tremblement de terre qui détruit la presque totalité du Mellah de Meknès, il se rend à Gibraltar à l’âge de 25 ans en compagnie de ses frères. Plus de 3,500 Juifs, dans la seule ville de Meknès, sont morts des suites de la grande famine. Un lien solide s’établit entre R’ Habib et la communauté juive de Gibraltar. Il arrive à se faire connaître par les milieux de la Hascala, milieu de non croyants qui dominent l’Europe. Sa philosophie concernant la foi juive commence à prendre corps. C’est à cette époque qu’il prend conscience de la distinction de fond entre les Juifs sous tutelle musulmane et ceux sous domination chrétienne en Europe. Cette différence est évoquée dans son livre Téroumat Ha-Rodèche édité en 1842. Il rédige également son oeuvre magistrale, la Haggada de Pessah, puis le livre Dérèkh Émouna, chemin de la foi qu’il joint à la Haggada de Pessah afin de le mettre à la portée du grand public. Il revient à Meknès en 1928 où il apprend la mort à Safed de ses deux oncles R’ Yaâqov et R’ Chélomo Tolédano, décès suivis par celui de son père, ce qui le marque profondément. Puis il adjoint également à son oeuvre les commentaires des Richonim portant sur la Haggada, (Rachi, Rachebam, R’ Yom Tov Elchabili, R’ Yéhouda Tolédano (Rabbi Hadoss). En 1834, il décide d’Immigrer en Èrets Yisraèl avec sa femme et ses deux enfants, Raphaël et Eliézer. Il se rend d’abord à Tunis où il est reçu par le Rabbin de la ville, le grand rabbin vénéré, faiseur de miracles, R’ Yéchoua Basis, qui lui trouve une famille d’accueil parmi les originaires de Gibraltar installés à Tunis. Ils lui donnent toute l’aide nécessaire ce qui lui permet de mettre au point ses manuscrits et ceux de son père. Après un séjour de trois ans, il quitte Tunis pour Livourne en Italie où il compte éditer la Haggada avec ses commentaires et ceux des Richonim. Il décide de laisser sa femme enceinte et ses deux fils chez deux membres de la famille, R’ Abraham et R’ Yona Tolédano qui habitent Sfax. Ils prennent donc le bateau, mais à cause des pluies et tempêtes, ils ne peuvent accoster. Ils descendent en laissant dans le bateau tous leurs effets, y compris les manuscrits de son père, voire même une partie de ses manuscrits, qui sont perdus lorsque le bateau sombre. Mais, par miracle, Rabbi Habib avait pris avec lui la Haggada avec tous ses commentaires et un certain nombre d’enseignements de son père et de ses oncles maternels. Son livre Téroumat Ha-Kodèche, qui traite des controverses avec les hérétiques qui se développent en Italie, est édité. Il fait éditer également un manuscrit de Rabbi Messod Zerbib, commentaire de la Tora intitulé Zérâ Èmet, qu’il enrichit par de précieuses remarques. Rav Zerbib était un grand érudit de Constantine. Cet ouvrage date de 1715 et Rabbi Habib le fait éditer à Livourne en 1851. Sa Haggada Pé-Yécharim voit enfin le jour, comportant le commentaire des trois Richonim ainsi que son commentaire Chemin de la foi, et deux poèmes, l’un sur les qualité de Mochè Rabbenou, et l’autre sur la sortie d’Égypte. Dans son commentaire, Chemin de la foi, il affronte l’athéisme du 19ème siècle pour prouver l’authenticité de la Tora.

TOLEDANO, Baroukh I    I
né à Meknès (Maroc) 1886, mort en Israël en 1970

fils de Yaâqov, auteur du Qitsour Choulhane Âroukh de R’ Baroukh Tolédano, abrégé de Halakha exposant essentiellement les traditions marocaines. Il cite cependant fréquemment la Michena Béroura. Lorsque parvient au Maroc la nouvelle de la création d’une imprimerie, R’ Baroukh fait paraître le Hoq ou-Michepat, l’oeuvre de R’ Hayim Tolédano (le Maharhat), puis l’ouvrage de R’ Mochè Tolédano. R’ Baroukh assume la tâche de déchiffrer et remettre en ordre les manuscrits vieillis, détériorés et abîmés, puis crée l’association Doven Chiftè Yéchénim, dont le but est de publier les oeuvres des plus grands Sages du Maroc. Il épouse, à l’âge de vingt ans, Rachel, fille d’une famille riche et honorable. Son père, R’ Chalom Amar, est l’un des érudits les plus connus de Meknès, nommé dayane à l’âge de vingt-sept ans.

TSADKA, Yéhouda I    I
né à Jérusalem en 1910, 1991

Roche Yéchiva de Porat Yossèf durant cinquante-cinq ans. Sa vie est axée autour d’un élément central, la diffusion de la Tora. Il ne se limite pas pour cela aux quatre murs de sa propre yéchiva, mais il voyage dans tout le pays, de Haïfa à Holon, Rehovot et ailleurs, en des temps où rares étaient les jeunes qui étaient prêts à prendre sur eux d’étudier la Tora. Et, sous son influence, nombre de jeunes sont revenus à l’étude de la Tora, ramenant ainsi le public séfarade à une tradition qui était la sienne il y a quelques générations. Le Rav Tsadka est de la famille de l’illustre Bèn Iche Hay, et sa famille était montée de Bagdad à la fin du siècle dernier en même temps que le Kaf ha-Hayim.

TSARFATI, Vidal, 1 (le premier) 1500 I    I

fils de Rabbi Yitshaq Tsarfati. Décrit ainsi par les érudits de Fès : savant éminent, juge et enseignant, pilier, lumière d’Israël, unique dans sa génération; il méritait que la Providence divine réside sur lui et que le prophète Èliyahou se dévoile à lui. Dans les kétoubot des familles importantes de Fès, nous trouvons des louanges supplémentaires : Pilier du monde, chef de la Diaspora, lueur agréable, lumière de l’Occident, prodige de sa génération, unique dans son temps, il comprend tous les secrets. Ancien de sa génération, pieux et saint, éloigné de toute matière, le grand homme, illustre et grandiose, l’éminent juge suprême, saint homme de D’ieu, lumière d’Israël, père du peuple. Nul ne sait s’il a laissé des écrits; on n’a trouvé à son nom que quelques décisions halakhiques. Dans l’une d’entre elles datant de 1544, sa signature figure avec celle de Rabbi Chem-Tov Amigo et de Rabbi Yaâqov fils de Rabbi Abraham Ha-Kohèn.

TSARFATI, Yossèf I    I
né en 1642, décédé en 1718

père de Rabbi Èliyahou Tsarfati, il devient réputé pour sa piété et la distance qu’il prit, face aux valeurs matérielles. Il étudie jour et nuit. Son fils Rabbènou le décrit comme suit : Tsaddiq et pieux, sa connaissance de la Tora est parfaite, ses actions le sont également. Il écrit un résumé des lois de Térèfot, selon la coutume de Fès. Il a plusieurs fils : Rabbi Abraham, mort très jeune en 1721; Rabbi Èliyahou et Rabbi Yitshaq mort en 1737.

TSARFATI, Vidal 2 (le second) I    I
né à Fès (Maroc) en 1540, mort à Fès en 1619

fils de Rabbi Yitshaq (le premier). Son origine remonte à Rabbènou Tam, et il est, pour cela, nommé Tsarfati (français). En 1566, il est déjà réputé et a sa place parmi les Rabbanim de la ville. Au début de l’année 1592, on trouve sa signature sur des décisions halakhiques et des décrets qu’il a établis avec les autres Rabbanim de la ville. Homme pieux, il accomplit des miracles. Auteur de nombreux ouvrages qui excellent par leur concision et leur profondeur; Tsouf Devache, un commentaire sur la ToraMéguilat Esther, Méguilat Rout, et sur Téhillim. Ce livre reçoit l’approbation de Rabbi Chélomo Aylione et de Rabbi Abraham Ben Rabbi Youda; Imré Yochère, commentaire sur Midrache Rabba; Dèrèkh Ha-Kodèche sur la Tora Kohanim; des corrections et des conceptions sur le Réèm; un commentaire sur la Tora; un commentaire sur Èkha. Rabbi Vidal excelle également dans la composition de poèmes, et il ajoute huit strophes aux vers que nous lisons avant la lecture de la Tora de Chavouôt. Malgré sa position importante, sa modestie est remarquable.

TSARFATI, Vidal 3 (le troisième) I    I
né le 27 Èloul 1631, décédé le 14 Kislèv 1704

fils de Rabbi Yitshaq Tsarfati (le second), il fait partie des Rabbanim de la ville et écrit de nombreuses décisions halakhiques.

TSARFATI, Yitshaq 2 (le second) mort en 1660 I    I

fils de Rabbi Vidal Tsarfati (le second), dès l’année 1603, il fait partie des Rabbanim et des juges de sa ville, et sa signature figure parmi celles du Yaâvets et des autres Rabbanim. En 1649, il est nommé chef de la communauté, et on lui demande conseil dans tous les domaines. Les Rabbanim du Maroc le décrivent comme suit : le juge parfait qui combine la Tora et la grandeur, qui est réputé… Il écrit un index des cinq Méguilot ainsi que des commentaires qui sont imprimés dans les ouvrages de son père.

TSARFATI, Yitshaq, 1 (le premier) 1520 I    I

fils de Rabbi Vidal Tsarfati (le premier), il fait partie des rabbanim et des dirigeants de la ville et continue la chaîne de cette illustre dynastie. Sa signature figure sur diverses décisions halakhiques et décrets, parmi celles de Rabbanim importants comme Rabbi Abraham Ôziel, Rabbi Hayim Bibas et Rabbi Saâdia Aben-Danan.

TSARFATI Èliyahou, (Rabbènou) I    I
Né en 1715, mort à Fès en 1805

fils de Yossèf, illustre rabbin, il est un descendant direct de Rabbènou Tam, le petit-fils de Rachi. La famille est originaire de France (Tsarfati en hébreu), d’où leur nom : Ha-Sarfaty, et s’installe en Espagne. Un ancêtre expulsé de Castille se rend à Fès, la célèbre ville religieuse du Maroc. Rabbènou apprend la Tora auprès des Rabbanim les plus éminents de son époque : Rabbi Yéhouda Bèn-Âttar, Rabbi Chémouèl Elbaz et Rabbi Hayim Bèn-Âttar (auteur du célèbre commentaire sur la Tora, le Or Ha-Hayim). Rabbènou poursuit ses études principalement dans la Yéchiva de Rabbi Chémouèl Elbaz, à Fès sa ville natale. En 1740, nous trouvons Rabbènou à Tétouan où il séjourne au moins jusqu’en 1741 (à cause de la fameuse famine qui fit énormément de ravages à Fès), accompagné de son maître Rabbi Hayim Aben-Tsour (le Yaâvets) et Rabbi Yaâqov Ben-Malka. Durant son séjour à Tétouan, Rabbènou acquiert suffisamment de connaissances pour discuter les paroles des Guéonim et citer ses contemporains, comme Rabbi Ménahèm Attia (Rav de Tétouan à cette époque, d’une sagesse extraordinaire, surnommé le prince du Zohar). En 1742, Rabbènou se trouve à nouveau à Fès et redouble d’efforts dans son étude de la Tora; il écrit aussi, durant cette période, de nombreuses interprétations originales. Le Tribunal des Cinq : Après le décès de Rabbi Yéhouda Bèn-Âttar en 1733, Rabbi Yaâqov Aben-Tsour est nommé au poste de juge de Fès, et devient l’autorité suprême. Quelques années avant son décès, il nomme cinq illustres Rabbanim pour siéger avec lui au Tribunal. Ce groupe surnommé le Tribunal des Cinq, très populaire, comprend Rabbi Chaoul Aben-Danan, Rabbi Èliyahou Ha-Sarfaty, Rabbi Réfaèl Ôvèd Aben-Tsour, Rabbi Mochè Ben-Zimra et Rabbi Mattityahou Séréro. Grâce à cette intervention du Yaâvets, la ville jouit d’une autorité importante, et le Tribunal des Cinq poursuit son oeuvre même après le décès de son instigateur en 1753. Propagateur de la Tora. Indépendamment de son poste de Rav et de juge, Rabbènou enseigne la Tora à de nombreux disciples qui lui témoignent un amour profond et un immense respect. Avec le temps, le Rabbènou guide la communauté de sa ville et celles des alentours dans tous les domaines, aussi bien religieux que ceux de la vie courante, et sa signature se trouve sur des centaines de responsa et de décisions halakhiques, ainsi que sur des dizaines de lettres. Il introduit aussi de nombreux décrets en faveur de la communauté, acceptés dans réticence. Orateur exceptionnel, il parle souvent devant la communauté de sa synagogue chaque Chabbat et à chaque occasion spéciale. Il a donc laissé des centaines de discours. Malgré les nombreux malheurs personnels qui l’assaillent (il vécut la mort de sa femme, de ses enfants, gendres, belles-filles et même de ses petits-enfants), il ne se plaint jamais de son sort et se consacre à la Tora, et à sa communauté. Rabbènou est décrit ainsi dans l’arbre généalogique de sa dynastie : pilier du monde, lumière resplendissante, arbre aux nombreuses racines, ses pensées sont profondes, il coupe en morceaux la mer de la sagesse. Universellement renommé, un Rav exceptionnel empreint de la gloire de D’ieu, saint homme, lumière du soleil, la tête de son peuple, le juge suprême, notre maître Rabbi Èliyahou surnommé Ha-Sarfaty. Rabbènou décède à l’âge de quatre-vingt onze ans, expérimenté en Tora et en sagesse. Sa tombe est un lieu de pèlerinage. Parmi ses nombreux amis, nous pouvons citer les illustres Rabbanim de son époque à Fès : Rabbi Chaoul Aben-Danan, Rabbi Yaâqov Aben-Tsour (le Yaavets), Rabbi Èfrayim Monsonégo, Rabbi Réfaèl Ôvèd Aben-Tsour (le fils du Yaavets), Rabbi Mattityahou Séréro, Rabbi Mochè Ben-Zimra, Rabbi Yossèf Ben-Samoune et Rabbi Réouvène Aben-Tsour (le fils du Yaavets). Ses principaux disciples sont : Rabbi Chaoul Yéhochouâ Abitbol et Rabbi Chélomo Abitbol, Rabbanim de Sefrou; Rabbi Réfaèl Aharone Monsonégo, Rav à Fès; Rabbi Mordékhaï Ha-Léwi, Rabbi Mochè Almosnino, gendre de Rabbènou, et Rabbi Chalom Mamane. Les fils de Rabbènou combinaient une vaste connaissance de la Tora avec la richesse et les honneurs : 1. Rabbi Yisraèl Yaâqov Ha-Sarfaty, nommé juge au tribunal rabbinique de Fès du vivant de son père. il est également comblé d’honneurs car il est prince et juge auprès du gouvernement. Grâce à ce poste, il oeuvre beaucoup en faveur de ses frères juifs. 2. Rabbi Réfaèl Ménahèm Ha-Sarfaty, occupe le poste de Rav de Fès ainsi qu’un poste honorable auprès du gouvernement. Il a l’occasion d’être témoin d’un miracle qui lui sauve la vie. 3. Rabbi Yéhouda Ha-Sarfaty, décédé du vivant de son père, après une courte vie. Ses contemporains prononcèrent des oraisons funèbres déchirantes à son sujet.

VITAL, Hayim I    I
Né à Safed en Israël en 1543, décédé à Damas en Syrie en 1620;

fils de R’ Yossèf Vital, rabbin qabbaliste, écrivain expert dans les écritures saintes des téfilline et mézouzot qui quitte sa Calabre natale en 1541 et s’installe à Safed où naît son fils R’ Hayim. Depuis sa prime jeunesse, un glorieux avenir lui est prédit par des Sages tels que R’ Yossèf Qaro et R’ Chabétaï Lapidos, qabbaliste de Safed. Il devient un disciple de R’ Mochè Alchèkh et étudie le Talmoud et la halakha avec lui. Ce dernier lui accorde, plus tard, en 1590, l’ordination de la sémikha qu’il avait lui-même reçue de R’ Yossèf Qaro. R’ Hayim fut l’un des derniers à recevoir cette sémikha. R’ Hayim commence ses études qabbalistiques avec R’ Mochè Qordovero. Il acquiert une grande connaissance dans ce domaine, et en 1569, à l’âge de 26 ans, il commence un ouvrage de commentaire sur le Zohar. Ce commentaire fut plus tard inséré par R’ Abraham Azoulay dans son Zaharei Chamah (Venise 1655). L’année 1570 sur un point tournant dans la vie de R’ Hayim. Cette année-là, le Arizal établit sa demeure à Safed pour transmettre ses sacrés et intenses secrets qabbalistiques à R’ Hayim. Ce dernier devient bien sûr le meilleur disciple et propagateur de l’école de pensée du Arizal. Au début, R’ Hayim avait de la difficulté à comprendre l’écheveau des secrets que le Arizal lui révélait. Alors, à Tibériade, ce dernier l’emmène faire un tour sur un petit bateau. Il remplit un verre d’eau qu’il lui donne à boire. Après qu’il ait bu, le Arizal l’assure de la compréhension de sa sublime connaissance. Effectivement, R’ Hayim commence par la suite à parfaitement comprendre les discours du Maître. Lorsque le Arizal décède en 1572, R’ Hayim est reconnu comme son successeur. Un groupe des disciples du Arizal signe une déclaration attestant leur propre subordination à R’ Hayim et leur voeu de ne point dévoiler les secrets de la Qabbala sans l’autorisation du Maître. Comme son Maître, R’ Hayim est reconnu comme un homme saint ayant le pouvoir de faire des miracles. En 1578, R’ Hayim s’établit à Jérusalem et, en 1584, est nommé dayane à la recommandation de son professeur, R’ Mochè Alchèkh. Il s’installe par la suite à Damas, en Syrie, en 1593, où il demeure jusqu’à sa mort. L’oeuvre monumentale la plus connue de R’ Hayim sur la Qabbale du Arizal est le Êts Hayim; Séfère ha Kawanot, sur les bénédictions, le rituel Chabbat et les fêtes; Séfère ha-Guilgoulim, sur la Transmigration des âmes; Chaâré Qédicha, sur la vie future; Liqouté Tora wé-Taâmè ha-Mitswot, exposition qabbalistique de la Bible d’après les enseignements d’Yitshaq Louria avec Hiddouchim; Chaâr ha-Yihoudim wé-Tiqoum Avonot, sur les Prophètes, le Saint Esprit et le repentir; Arbaâ Méot Ségèl Kessèf, traité qabbalistique sur les 400 chéqalim payés par Abraham pour la grotte de Makhpéla. Vital, nom dérivé du latin, Vita, traduction de l’hébreu hayim, vie.

WASSERMAN, Elhanan I    I
Né en 1875 à Birz (Lituanie), décédé à Kovno en 1941

fils de Rav Naftali Beynouch, il épouse la fille du Rav de Salant, Rav Meïr Atlas (plus tard Rav de Chavouly) qui pourvoit à son entretien pendant plusieurs années à Boysk (Lettonie), ville natale de son père. On lui propose les fonctions de Président du Tribunal de Moscou, poste qu’il refuse pour se consacrer à l’enseignement à la Yéchiva. Il quitte plus tard les siens pour se rendre à Radin auprès du Hafets-Hayim. Au cours de la Première Guerre Mondiale, Rav Elhanan s’exile avec le Hafèts Hayim à Smilowitz, ville voisine de Minsk. Il y reste pendant près de cinq ans, après le départ de son maître et sur son ordre, pour diriger la Yéchiva nouvellement fondée, affrontant d’énormes difficultés comme la faim, le dénuement, les épidémies et toutes sortes d’autres maux. Son fils Rav Eléâzar Simha raconte que c’est à cette époque que l’épouse de Rabbi Elhanan, Mikhalé, se distingue tout particulièrement en s’initiant à la fabrication du savon qu’elle vend elle-même afin d’entretenir toute l’institution et sa propre famille. Le temps considérable qu’elle passe à accomplir cette tâche ne l’empêche pas d’éduquer ses enfants et d’être une mère compatissante pour chacun des étudiants. Lorsqu’en 1921 les Juifs peuvent quitter la Russie, Rav Elhanan rejoint en Pologne le Hafets-Hayim à Baranowitz, ville frontière, où il devient directeur de la yéchiva locale, Ohel Tora, fondée par le Saba de Novardok, Rav Yossèf Yosel Hourwitz. Cette yéchiva devient un centre de Tora très important qui attire des élèves venus de tous les horizons spirituels et de tous les pays, d’Allemagne et même des États-unis. Les enseignements de Rabbi Elhanan se répandent dans toutes les yéchivot de l’époque et contribuent à former la génération de Benei-Tora. Tout en exerçant ses fonctions, Rav Elhanan entretient ses contacts avec le Hafets-Hayim dont il se considère comme l’humble disciple. Lorsque la Yéchiva est aux prises à des difficultés et que les étudiants sont affamés, le Rav impose les mêmes restrictions chez lui et réduit même son propre salaire. En 1932, les conditions matérielles devenant intenables, Rav Elhanan décide, bien à contrecoeur, de se rendre en Amérique afin d’obtenir de l’aide pour la yéchiva. Sur le point d’embarquer, ses élèves de Baranowitz lui écrivent qu’ils sont prêts à endurer la plus rude des famines pourvu que leur Rav reste auprès d’eux. Rav Elhanan renonce alors à son voyage et retourne à son poste. Mais la misère et la faim allant en s’aggravant, il embarque en 1933 pour l’Amérique. Il recueille des fonds pour sa yéchiva mais, en même temps, fait grande impression et s’efforce activement de renforcer le Judaïsme américain. À la veille de l’invasion de la Pologne, qui marque le début de la Seconde Guerre Mondiale, Rav Elhanan se trouve en Amérique pour les besoins de la yéchiva. Son fils, Rav Eléhazar Simha vient d’y émigrer, sur les conseils de son père, après avoir contribué à la fondation, à Strasbourg, de la yéchiva qui deviendra, après la guerre, celle d’Aix-les-Bains. (Il fondera et dirigera plus tard la Yéchiva Or Elhanan à Los Angeles puis à Jérusalem, en 1980). Malgré les périls, Rav Elhanan retourne en Europe rejoindre non seulement ses deux fils restés en Pologne, Rav Naftali et Rav Leib, mais aussi les quatre cents étudiants de sa yéchiva, et se réinstalle à Baranowitz. Malgré les atrocités perpétrées par les troupes nazies, Rav Elhanan reste auprès de ses élèves afin de leur soutenir le moral. Bien que disposant d’un visa pour l’Amérique et d’un autre pour Èrets Yisraèl, il refuse d’en faire usage aussi longtemps qu’un seul étudiant sera retenu dans la vallée des larmes. Lorsque le pays est livré aux Soviétiques, les Juifs craignent tout autant la haine des Bolcheviques qui refusent toute forme de religion. Fuyant la zone soviétique, Rav Elhanan et ses élèves trouvent refuge à Vilna. Presque toutes les yéchivot s’y trouvent rassemblées comme si toute la Tora était concentrée en ce point du globe qui joue le rôle des quatre coudées de la Halakha. Puis la yéchiva s’exile à Troki, puis à Smilishoki. Cette situation se prolonge un an et demi et Rav Elhanan insuffle le courage et la force nécessaires pour s’adonner à l’étude sans prendre garde au danger. En 1941, se trouvant secrètement à Kovno pour un mission communautaire, les Nazis envahissent la Lituanie. Rav Elhanan se réfugie chez Rav Abraham Grodzenski, directeur de la yéchiva de Slobodka dont les Nazis avaient ordonné la fermeture. Mais Rav Elhanan trouve des compagnons d’étude à qui il donne un cours magistral sur les lois relatives à la sanctification du Nom (hilkhot Qiddouche Ha-Chem), c’est-à-dire à la manière de mourir en martyr de la foi. Tout le groupe est arrêté le 11 tammouz 5701 (1941) et Rav Elhanan marche en tête en adressant à ses amis des paroles d’encouragement sans laisser transparaître le moindre signe de crainte ou de préoccupation personnelle. Le même soir, Rav Elhanan est exécuté avec douze autres Maîtres en Tora, tous morts en sanctifiant le Nom divin.

WEISKOPF, Mochè I    I
né en 1836, décédé en 1936

originaire de Bavière, il devint à l’âge de 22 ans rav de la Société de l’Étude Talmudique sise alors au 9 de la rue Villehardouin; cette communauté orthodoxe dut déménager plusieurs fois : rue de l’Échiquier, en 1884, puis rue de la Boule Rouge, pour enfin s’installer sans ses locaux actuels au 10 de la rue Cadet en 1893. À la séparation de la religion et de l’État, en 1906, elle prend le nom complexe de Association cultuelle de la stricte observance – Adat Yereïm – Hevra Kadicha de Chass. Le rav Weiskopf assume ses fonctions jusqu’à sa mort en 1936, huit jours avant d’atteindre l’âge de 100 ans. Soixante dix-huit ans de rabbinat dans la même communauté! Il avait étudié chez rabbi Avraham Chemouel Wolf Schreiber Sofer, le Ketav Sofère, à Presbourg, ainsi que chez le rav Bamberger de Würzburg.

WERTHEIMER, Chélomo Aharone I    I
né en Hongrie en 1866, décédé à Jérusalem en 1935

Il étudie surtout à la Yéchiva des qabbalistes Bèt-Èl. Passionné de manuscrits anciens, il réussit à en acquérir quelques-uns provenant de la guéniza. Il publie plus de trente ouvrages, le plus connu, Batel Midrachot.

WESTHEIM Aharone I    I
né en 1921 à Francfort, décédé à Bnè-Braq en 1994

au début de la tourmente hitlérienne, à la demande de sa mère qui était veuve, il quitte l’Allemagne en 1938, à l’âge de 17 ans, pour étudier en Angleterre, à la Shneider’s yechiva, puis étudie à Gateshead, dans le nord de l’Angleterre, en particulier auprès du rav Eliyahou Dessler. En 1946, il épouse une jeune fille de Koenigsberg en Allemagne, et poursuit ses études au Kolel de Gateshead où il se fait remarquer par son sérieux et l’étendue de ses connaissances. Il n’est donc pas étonnant que ce soit à lui qu’en 1955 s’adresse à lui un groupe de personnalités parisiennes qui désirent créer à Paris un centre d’études talmudiques à l’intention de la jeunesse estudiantine qui pourrait recevoir, à toute heure du jour ou du soir, un chiour de Guémara. Paris la pécheresse doit devenir la repentante, Paris, qui a vu brûler des folios entiers de textes talmudiques, est ainsi invitée à redevenir un centre d’études talmudiques. Ainsi le Groupe Rabbi Yehiel de Paris voit le jour au début de 1956 sous la direction spirituelle de Rav Westheim, et se crée un centre original aux activités variées fort variées : cours de Talmud de haut niveau pour étudiants, cours de pensée juive, de halakha pour adultes, cours de Hachqafa (conception de la vie), de Tenah (Bible) pour les jeunes filles, cours de Guémara pour lycéens, organisation de Melawé Malka le samedi soir, débats sur des thèmes d’actualité dans la perspective de la Tora, programme donc très diversifié suivi pendant plus de trente ans par des centaines et des centaines de participants. De la sorte, le rav Westheim, personnalité modeste, a fortement exercé son empreinte sur la communauté parisienne, et il laisse un vide immense lorsqu’en 1988, après 35 ans d’activité sans relâche, il décide avec son épouse de rejoindre ses enfants en Israël. Il fonde à Bnei Braq un Kolel pour avrékhim venant d’Europe. Mais hélas, après une pénible maladie, il s’éteint à l’âge de 73 ans entouré de l’affection de tous les siens.

YAÂQOV BEN ACHER I    I
né en Allemagne en 1269, décédé en Espagne en 1343

auteur des Arbaâ Tourim, premier recueil systématique et thématique de halakhot et d’un commentaire de la Tora. Les pogroms de Rhénanie le contraignent en 1303 à quitter l’Allemagne avec son père, le Roche, et à s’installer à Tolède en Espagne.

YAÂQOV Ibn Habib I    I
né à Zamora (Espagne) en 1445, mort à Salonique en 1516

fils de Chélomo et disciple de R’ Chémouèl de Valence. Après l’expulsion d’Espagne, il va au Portugal où il subit les mêmes mésaventures que ses malheureux coreligionnaires dans ce pays. Son jeune fils bien-aimé, Lévi, démontrant déjà de grandes aptitudes comme étudiant en Talmud, lui est arraché et baptisé de force. Il réussit à le libérer et, ensemble, ils fuient ce pays. Il trouve refuge à Salonique jusqu’à la fin de ses jours, partageant sa science de la Tora avec les habitants. Sa renommée reconnue, R’ Yaâqov donne des conférences dans la yéchiva locale. Après l’arrivée des réfugiés espagnols, un kahal espagnol séparé est créé dont il devient le rav. Il est grandement respecté par tous les rabbins de la vieille communauté turque, tels que R’ David Ha-Kohen, R’ Yossef Ibn Lev et R’ Chémouèl de Medina, qui le citent avec respect dans leurs responsa. Un riche étudiant de Salonique, Don Yéhouda Benveniste, lui offre l’hospitalité ainsi que l’accès à son immense bibliothèque. C’est dans cette maison que R’ Yaâqov rédige son oeuvre monumentale, Êin Yaâqov. Il écrit également un commentaire sur cet ouvrage. Il rédige aussi le commentaire sur Tour Orah Hayim et Yorèh Deâ qui est cité dans Bèt Yossèf. Il meurt après avoir édité les deux premiers volumes de Êin Yaâqov. Son fils, Ibn Léwi Ibn Habib, publie le reste.

YAÂQOV, Bè-Rav I    I
Né à Maqueda (Espagne) en l475, décédé à Safed en 1546

Fils de Mochè, disciple de R’ Yitshaq Abohab II, il réside en Espagne jusqu’à l’expulsion de 1492. Il part ensuite en Afrique du Nord où il est reçu avec enthousiasme grâce à sa renommée de grand érudit. Il devient Rabbin de Fès, au Maroc, à l’âge de 18 ans. Il réside ensuite pendant quelques temps à Tlemcen, en Algérie, d’où il prend le départ pour Érets Yisraèl et s’établit à Jérusalem. Il y crée une yéchiva florissante qu’il doit fermer, à regret, à cause de la famine en 1520. Il va alors en Egypte. Il réinstalle sa yéchiva au Caire et travaille au Bèt dine du Naggid, Rabbi Yitshaq Solal avec lequel il entretient une relation très personnelle. Il se réinstalle ensuite en Israël en 1524, dans la ville de Safed. Il y installe une yéchiva qui attire certains des étudiants les plus connus de sa génération, parmi lesquels R’ Yossèf Qaro, R’ Mochè Trani (Mabit), et plusieurs autres qui se considèrent comme ses disciples. En 1538, à Safed, il remet en vigeur l’ordination des rabbins, la sémikha, créée par Mochè et interrompue par la persécution romaine du 4ème siècle. Il obtient lui-même l’ordination à l’unanimité de tous les étudiants de Safed. À son tour, il ordonne quatre des plus illustres disciples de Safed, soit R’ Yosef Qaro, R’ Mochè Trani, R’ Yisraèl de Corial et R’ Abraham Chalom. Il envoit également une lettre d’ordination à R’ Lévi ibn Habib, Grand Rabbin de Jérusalem, qui refuse cet honneur, déclarant invalide tout le programme. R’ Yaâqov, réalisant que son idée avait échoué, écrit une lettre exprimant sa déception de n’avoir pu compléter cette mitswa. Auteur des Commentaires sur Maïmonide et sur le Talmoud, un Recueil de Consultations Juridiques. Bérab, nom hébreu dérivé de : Maison ou Académie du Maître.

YAÂQOV Bèn Mèir, (Rabbènou Tam) I    I
né à Ramerupt (France) en 1100, mort à Troyes en 1171

tossafiste, éminent talmudiste et enseignant, fils de R’ Méir ben Shmuel. Il gagne largement sa vie comme marchant et financier, et parmi ses employés se trouvent de nombreux Juifs ainsi que des serviteurs non Juifs. Il étudie avec son père et son frère aîné, Rashbam, et est acclamé comme un prodige. Des étudiants de renom viennent dans son académie de Ramerupt où il délivre des discours talmudiques très écoutés. Ses conférences servent de base aux fameux commentaires talmudiques, Tosafos, additions. Parmi ses quatre-vingts éminents élèves, se trouvent R’ Hayim Cohen, R’ Eliezer de Metz et R’ Shimshon de Sens. Rabbènou Tam est cité comme la lumière du monde, et sa méthode d’enseignement est universellement acceptée par l’école tosaffiste achkénaze pendant des siècles. Certains de ses Responsa sont réunis dans le Sefer HaYashar. Grand penseur d’une puissante personnalité, il est reconnu pour le respect de ses convictions, et appelé le géant de sa génération dans tous les aspects de la Tora et dans tous les règlements sur la manière de vivre en général. Il compose de nombreux hymnes liturgiques à la manière achkénaze, mais, à l’occasion, il tente la méthode sépharade en appliquant scrupuleusement leur rythme particulier et en approuvant l’introduction des piyoutim dans la liturgie. Rabbènou Tam ne peut échapper à la tourmente de son époque, et, pendant Chavouot 1146, les Croisés entrent à Ramerupt, pillent sa maison, prennent tous ses avoirs, profanent un rouleau de la Tora, et plantent cinq couteaux dans sa tête. Miraculeusement, un noble qui le reconnaît le sauve en promettant à la meute enragée de convertir le rabbin au Christianisme. Le 20 Sivan 1171, une loi sanglante promulgue l’incendie de toutes les synagogues de la ville, et Rabbènou Tam décrète cette date comme jour de jeûne pour toutes les générations.

YAÂQOV Bèn Achèr, (Baâl Ha-Tourim) I    I
né en Allemagne en 1275, mort à Tolède (Espagne) en 1340

fils de Achèr bèn Yéhièl, appelé Ha-Roche, “, qui l’initie très tôt à l’exégèse et aux études talmudiques. Il est né à Cologne, en Allemagne. En 1303, fuyant les pogroms, il trouve refuge avec son père en Espagne, à Tolède. Dans une grande pauvreté, il assure avec son père les offices rabbiniques et consacre le plus clair de son temps à l’étude de la Tora tout en refusant de recevoir un salaire de la Communauté. Il nous a laissé des commentaires d’une richesse insoupçonnée faisant appel, entre autres, aux troublantes équivalences de la guématria, aux combinaisons obtenues par les rachè tèvot, , (initiales des mots), sofè tèvot, , (finale des mots), hilloufè tèvot, , (mots formés avec de mêmes lettres), aux concordances de textes, où un même mot, une même tournure, impliquent alors un même sens, un même message. La combinaison de ces divers procédés aboutit à une lecture du Texte au delà du premier degré pour rejoindre et confirmer l’authenticité de la Tradition orale.

YAÂVETZ, Yossèf, (Ha-Dorèche) I    I
né en 1435 (Espagne ou Portugal), décédé à Mantua (Italie) en 1507

ha Dorèche, le Prêcheur, ou le Hakham Yaâvets (le Sage Yaâvets), rav et prêcheur célèbre en Espagne puis en Italie où il s’installe après l’Expulsion (1492). Il déploie toute son énergie à consoler et à diriger spirituellement les éxilés Espagnols qui arrivent en Italie en grand nombre. Personnalité marquée par des tendances kabbalistiques, il s’oppose à l’étude de la philosophie et au rationalisme. Parmi ses oeuvres : Or Ha HaYim, opposition à la philosophie; Yesod HaEmunah, essai sur les croyances fondamentales du Judaïsme; et Maamar HaAchdus, opposition à Rambam qui désigne 13 concepts comme fondements du Judaïsme. À ce sujet, R’ Yossèf s’oppose également à R’ Chisdal Crescas et R’ Yossèf Albo. Il rédige également un commentaire sur Avos; un commentaire sur Psaumes; et Chasdei Hashem, méditations sur l’amour de D’ieu pour ses créatures. Le fils de R’ Yossèf, R’ Yitzhaq, qui a publié de nombreux ouvrages de son père, était un rabbin connu et respecté de Salonique, et son arrière petit-fils, R’ Yitzhaq ben Chélomo, est l’auteur du commentaire Tora Chessed sur la plupart des Kesuvim.

YAFÉ Mordekhaï, (Levouche) I    I
né à Prague en 1535, mort à Poznan en 1612

fils d’Abraham Connu sous le pseudonyme de Levouche d’après le titre de son oeuvre principale. Un des plus grands rabbanim du début du 17ème siècle. Il étudie en Pologne sous le Rama et le Maharchal. De retour à Prague, il y fonde une yéchiva mais, en raison de l’expulsion des Juifs de Bohême en 5321-1561, doit émigrer à Venise (Italie) où il reste une dizaine d’années. Il y acquiert une solide connaissance de diverses sciences, notamment l’astronomie et les mathématiques. Puis il quitte l’Italie pour retourner en Pologne, à l’époque le centre de l’érudition juive dans la Diaspora, où il est nommé Av bèt dine et Roche yéchiva à Grodno, en Lituanie, puis à Lublin et enfin à Kremeniec. Après avoir pris la place du Maharal à la tête de la communauté de Prague, il s’installe finalement à Posen où il finit ses jours. Son oeuvre intitulée Layouch Malkhout (Vêtements royaux), ou simplement Levouchim tout court, comporte une dizaine de volumes, principalement de Halakha. Le sixième, Levouche ha-Ora, est une explication du commentaire biblique de Rachi.

YAFFE, Mordekhaï Gimpel I    I
Né en 1820 dans le district de Kaunas/Kovno, décédé en 1892

talmid hakham important, il a étudié dans la grande yéchiva de Wolozhyne en même temps que le rav Yisraèl Salanter et le Netsiv. Il est rav trente ans à Rouzhani, dans le district de Grodno. Il quitte l’Europe pour s’installer dans une petite bourgade à côté de Pétah Tiqva, Yehoud. Il publie entre autres le Tekhéleth Mordekhaï, sur le commentaire du Ramban sur la Tora.

YÉCHÂYA, Di Trani, (Riaz) I    I
né à Trani en 1235, décédé à Trani en 1300

(initiales de R’ Yéchâya Aharone zal), fils de Èliyahou, dit le Jeune. On ne sait presque rien de sa biographie et même la plupart de ses oeuvres n’existent qu’en manuscrit. Ses hidouchim (innovations halakhiques) sont connues par des citations dans des ouvrages d’autres auteurs. Il était le petit-fils de l’Ancien.

YÉCHÂYA Ménahem Mendel, (Maharam) 1590 I    I

Son nom exact semble être R’ Yéchâya Ménahem Mendel. Fils de R’ Yitshaq, lequel était le gendre de R’ Avigdor, il prend son nom comme patronyme, phénomène courant à cette époque. Il est rav dans plusieurs communautés polonaises avant de diriger celle de Cracovie. L’une des personnalités les plus marquantes de sa génération, il prend d’importantes décisions rabbiniques.

YÉCHÂYA, Di Trani Ha-Zaqèn I    I
né à Trani (Italie) en 1180, décédé à Trani en 1260

fils de Mali, dit Yéchâya l’Ancien, il voyage dans tout le bassin méditerranéen et passe quelque temps en Grèce et en Érèts Yisraèl. Maintient des contacts continus avec les Sages d’Allemagne. Connu principalement pour ses commentaires extensifs et ses pessaqim (décisions halakhiques) sur le Talmoud et, entre autres, un commentaire sur le Houmache, le Pérouche Rabbénou Yéchâya, imprimé dans les Miqraot Guédolot, ainsi que le commentaire sur les Prophètes et Hagiographes publié sous son nom à Jérusalem en 1959, doivent apparemment être attribués à son petit-fils R’ Yéchâyahou bèn Èliyahou Di Trani.

YEHOUDA, Arié né en 1571, décédé en 1648 I    I

fils de Yitshaq de Modène. Il a une très grande influence sur le public italien. Il est originaire d’une famille française qui s’est illustrée dans les sciences. Il a surtout vécu à Venise, où il faisait partie des rabbanim de la ville et y est décédé. Il s’est souvent trouvé en discussion avec la chrétienté, et a par ailleurs publié un Choulhan Haroukh destiné à présenter aux Français et aux Anglais les lois de la Tora. Opposé à la croyance dans les gilgoulim, la métempsychose, il change d’avis à la fin de ses jours, ayant vu un enfant d’un mois réciter le Qriyath Chemaâ avant de rendre l’âme. Il rédige une dizaine d’ouvrages, parmi lesquels son Ari Nohem.

YÉHOUDA, Ha-Léwi I    I
né à Tolède en 1085, mort en Érèts Yisraèl en 1145

un des plus grands poètes et penseurs d’Israël, connu aussi par les Arabes sous le nom de Abou El Hassan El Levi, il est influencé par la double culture juive et arabe. Ses poèmes sont parmi les plus beaux qui aient été écrits par un poète juif, et plusieurs ont été introduits dans la liturgie. Les Sionides, chants dans lesquels le poète exalte sa nostalgie de la Terre Sainte, sont restées très célèbres. Le Livre du Kouzari, , qui a pour cadre l’histoire de la conversion au judaïsme du roi des Khazars (ancienne peuplade vivant au Sud de la Russie), présente le dialogue de ce roi tour à tour avec un philosophe, un savant chrétien, un sage de l’Islam et avec un rabbin. Le dialogue avec le rabbin constitue l’essentiel du livre. Yéhouda Ha-Léwi critique les tendances trop rationalistes du judaïsme espagnol; il insiste sur l’élection d’Israël, due à son intimité avec Dieu, sur le caractère particulier de la Terre Sainte, et oppose enfin le D’ieu d’Israël au Dieu des philosophes.

YÉHOUDA IBN HAYOUG I    I
né à Fès, Maroc, env. 950

fils de David, élève de R’ Ménahem ben Saruk, après avoir défendu avec succès une maîtrise en théories grammaticales, il devient l’autorité incontestée dans cette matière, et il applique, au fil des ans, sa propre théorie grammaticale. Il correspond, à ce sujet, avec les sages et les écoles de Terre Sainte, particulièrement ceux de Tibériade. Bien que les premières écoles reconnaissent les racines de deux lettres, et même d’une lettre, Ibn Hayoug prouve que tous les mots dérivent de racines de trois lettres. Pour cette découverte, il est acclamé par tous, et R’ Chélomo ibn Parchon, auteur de Makhebet Ha-Âroukh, écrit sur lui que le Tout Puissant a révélé à R’ Yéhouda ce qui était caché même à R’ Saadia Gaon. Après avoir lu son livre, les écoles de Babylone proclament Nous n’avons encore rien vu d’aussi bon en provenance de l’ouest. C’est ce qu’il y a de mieux dans le monde entier! Ibn Hayoug a rédigé quatre ouvrages : Séfer Ha-Noah, également appelé Sefer Osios HaNoah VeHameshech sur les verbes faibles (qui perdent des lettres dans les conjugaisons) et leurs racines; Sefer Poalè Ha-Keifel sur les verbes qui doublent les racines des lettres; Sefer Ha-Nikoud, sur les voyelles; et Sefer Ha-Rikchah. En dépit de certaines critiques, tous les grammairiens hébraïques suivants ont basé leur travail sur celui de Ibn Hayoug.

YÉHOUDA De Barcelone, (Ha-Bartseloni) I    I
né à Barcelone en 1100

fils de Barzilaï l’un des Sages d’Espagne de la fin du 11ème siècle, d’une famille juive aristocratique dont les membres portaient le titre de Prince de génération en génération. De tous ses contemporains, nul ne l’égale dans la connaissance encyclopédique de la littérature des Gaonim, laquelle forme le fond et la base de son grand oeuvre halakhique qui malheureusement ne nous est pas parvenu dans son intégralité. Son seul ouvrage qui a survécu à l’injure des siècles est un commentaire sur le Séfère Yétsira (un texte de base de la Qabbala). On y reconnaît son génie et ses vastes connaissances tant toraniques que philosophiques ou scientifiques.

YÉHOUDA LOEW ou Lèwaï, (Maharal de Prague) I    I
Né à Poznan (Pologne) en 1526, mort à Prague en 1609

fils de Bétsal’èl, talmudiste, qabbaliste, savant et penseur il est un des plus grands maîtres du Judaïsme européen de son temps. Son savoir illimité dans tous les domaines sacrés et profanes, ses initiatives pour garantir l’avenir du peuple juif, notamment sur le plan éducatif, la profondeur de sa pensée font de lui un personnage hors de l’ordinaire. Ses oeuvres sont nombreuses dont Nétsah Yisraèl, , Tif’èrèt Yisraèl, , Guévourot Ha-Chèm, ‘, Béèr ha-Gola, , Nétivot Ôlam, , Dèrèkh ha-Hayim, , ses commentaires sur les Aggadot du Talmoud ainsi que Gour Aryè, , sur le commentaire de Rachi sur la Tora.

YÉHOUDA, Ibn Tibbon I    I
né à Grenade (Espagne) en 1120, mort à Lunel (France) en 1190

fils de Chaoul, médecin et philosophe, premier traducteur des ouvrages de philosophie juive d’arabe en hébreu. Il traduit notamment l’Emounot We-Déot de Saâdia, les Devoirs des Coeurs de Bahiya, le Kouzari de Yéhouda Ha-Léwi. Il a laissé, par testament, des instructions à son fils Chémouèl (1150-1230), lui aussi médecin, philosophe et traducteur (Nous lui devons, entre autres, la traduction du Guide des Égarés de Maïmonide).

YÉHOUDA Hé-Hassid environ 1150, 1217 I    I

fils de Chémouèl, un des grands moralistes juifs et, d’une manière générale, l’un des plus profonds maîtres en matière d’éthique. Appartenant à une famille originaire d’Italie, c’est en Allemagne, à Regensburg, qu’il a cependant vécu. Il était renommé pour ses qualités morales et religieuses (d’où son surnom hé-hassid, le pieux). Son ouvrage, le Séfère Hassidime, , est un guide de vie morale et religieuse.

YISRAÈL LIPKINE De Salant I    I
né en Lituanie en 1810, décédé à Königsberg en 1883

connu sous le nom de R’ Yisraèl Salanter, personnalité hors du commun qui marqua profondément les dernières générations. Fondateur de l’école du Moussar, qui insiste sur l’importance de l’élévation spirituelle de l’homme par un constant et profond travail de réflexion morale sur soi. Refuse de devenir le rav de Brisk, pourtant l’une des communautés les plus importantes de Lituanie, mais dirige une yéchiva à Vilna où son influence était grande, puis à Kovno/Kaunas, et passe la fin de ses jours en Allemagne pour des raisons de santé. Il vit deux ans en France où il tente d’insuffler un regain de spiritualité aux Juifs de l’Est qui s’y sont installés. Son influence est décisive sur les yéchivot lituaniennes qu’il marque, malgré de vives oppositions au départ, d’une empreinte profonde, en particulier par l’introduction de l’étude du Moussar. N’a pas laissé d’ouvrages personnels, mais son disciple, R’ Yitshaq Blazer, transmettra une partie de son message dans Or Yisraèl, père du mouvement préconisant l’approfondissement des livres de morale religieuse. Chef spirituel de la Yéchiva de Vilna, en Lituanie, puis de celle de Kovno, il enseigne la nécessité d’éliminer les défauts que l’homme découvre dans son caractère, et de viser à toujours s’améliorer. Son enseignement est contenu dans plusieurs recueils.

YISRAÈL De Cheklov décédé en 1839 I    I

parmi les plus importants élèves du Gaone de Vilna, il monte en Èrets Yisraèl en 1809 avec tout un groupe d’élèves du Gaone et s’installe à Safèd. Il décède en 1839 après avoir lutté de toutes ses forces pour le renouveau du yichouv d’Érèts Yisraèl et malgré de tragiques épreuves personnelles.

YITSHAQ, Al-Fassi, (Rif) I    I
né près de Constantine en Algérie en 1013, mort à Lucena (Espagne) en 1103

fils de Yaâqov ha-Kohèn; l’un des plus importants décisionnaires de la deuxième génération après les Guéonim de Babèl. Il étudie à Kairouan (Tunisie), puis il vit à Fès (Maroc) où il demeure jusqu’en 1088, d’où son surnom, Alfasi, et son acronyme, RIF, initiales de Rabbi Isaac Fasi). En 1088, quittant Fès après 40 années de service à cause de la dénonciation d’un riche notable de Fès, il est accueilli en Espagne et remplace, à la tête de la prestigieuse académie talmudique de Lucéna, R’ Yitshaq Ibn Guiyat qui venait de décéder et laisse ensuite sa place à son élève R’ Yaâqov Migache. Son ouvrage consiste en une compilation des lois juridiques de la Guémara, une collection de 320 responsa, et son magnifique ouvrage Sefer HaHalacha, version abrégée du Talmud. Les décisions du Rif forment la base du code de Rambam qui signale lui-même y avoir puisé. Quand on sait que le Chulhan Arukh de Yosef Caro est basé sur le code de Rambam, on peut réaliser combien formidable est l’influence du Rif sur la halacha contemporaine. Parmi les disciples du Rif se trouvent, son fils R’ Yaâqov, R’ Baroukh Élbilia, R’ Yéhouda ha-Léwi.

YITSHAQ Sagi Nahor I    I
Posquières (France) 1200

cabbaliste, il est né aveugle et est appelé, justement à cause de sa cétité, Sagi Nahor (plein de lumière). Malgré ce handicap, il est un des plus grands propagateurs de la Qabbale en Provence et en Espagne, et R’ Bachya (Vayeishev) le nomme le père de la Qabbale. Son père, Ravaad III, lui inculque son instruction de la manière mystique par laquelle, depuis Mochè sur le Mont Sinaï, on enseigne oralement à des disciples d’élite. À son tour, R’ Yitshaq révèle cet enseignement à de nombreux disciples, parmi lesquels R’ Ezra et R’ Azriel de Gérone. Ses disciples notent ses interprétations, (certaines sont manuscrites), parmi lesquelles un commentaire de Sefèr Yetsira et un autre sur les prières.

YITSHAQ, Bèn Chèchét Pérfét, (Ribache) I    I
né à Barcelone (Espagne) en 1326, mort à Alger (Algérie) en 1407

rabbin légiste né à Barcelone. Disciple du Rane R’ Pérèts ha-Kohen, Grand Rabbin à Saragosse, mais quitte ce poste pour celui de Grand Rabbin de Calatayud. Ensuite, il s’établit à Valence et s’occupa d’une école talmudique. Contraint de quitter l’Espagne en raison des persécutions soulevées par le prédicateur Ferrant Martinez, il s’installe à Alger ou il y devient Grand Rabbin. Il est l’auteur de poésies, d’élégies, de commentaires sur le Pentateuque et le Talmoud et l’auteur d’un recueil de 417 réponses sur la Halakha. Important décisionnaire et commentateur, très influencé par le Rambam, il s’oppose pourtant à la philosophie d’Aristote.

YITZHAQ DE LÉON I    I
décédé en Espagne en 1491

disciple de R’ Yitzhaq Kanpanton (le Gaon de Castille) et collègue de R’ Yitzhaq Abohab II, il dirige une académie importante et a de nombreux disciples. R’ Yossèf Qaro le cite comme étant le grand lion et l’appelle notre grand professeur. Aucun de ses ouvrages n’a été publié, mais un responsum qui lui a été attribué a été préservé dans la collection Chiva Ênayim (1745), sur le rôle des minhag sur des points importants de la halakha. Un disciple de R’ Yitzhaq a également rédigé un responsum qui défend son opinion. Le grand respect dans lequel R’ Yitzhaq est tenu est dû à ce responsum qui le cite comme un homme de D’ieu. Suivant le Séfère Youhassin, R’ Yitzhaq est considéré comme un travailleur miraculeux qui a vécu jusqu’à un âge très avancé.

YOM TOV Achevili, (Ritba) vers 1320 I    I

fils de Abraham, R’ Yom Tov bèn Abraham (Achvili) de Séville. L’un des plus importants commentateurs espagnols du Talmoud. Disciple du Racheba et Ra’ah, il s’intéresse autant à la philosophie qu’à la Qabbale, mais rares sont ses écrits dans ces domaines qui nous soient parvenus. Ouvrage essentiel : un commentaire classique sur la Guemara.

YONA de Gérone, (Gérondi) I    I
né à Gérone (Espagne) en 1180, mort à Tolède en 1263

fils d’Abraham, rabbin espagnol, disciple de R’ Chélomo de Montpellier, violent adversaire de Maïmonide et de la philosophie en général. Cependant, quand les émissaires de l’Église brûlent non seulement les livres de Maïmonide mais également des éditions du Talmoud, il voit dans cet incident une punition céleste de sa lutte contre l’auteur du Guide des Égarés. Il se rétracte alors, publiquement et ne manque pas une occasion d’affirmer la vérité de l’enseignement maïmonidien. Son livre principal, Chaârè Téchouva, insiste sur la notion de repentir.

YOSSEF, Ibn Chemtov I    I
né en 1400, décédé en 1460

philosophe espagnol, commentateur de la Bible, né dans une famille opposée à la conception philosophique du Rambam. Proche de la cour royale, il a l’occasion d’être confronté à de nombreuses discussions publiques. Ouvrage essentiel : Kevod Elokim.

YOSSÈF, Ibn Âqnine I    I
né à Ceuta (Maroc) en 1160, mort en 1226

fils de Yéhouda; disciple de Rambam, il est considéré comme l’un des sages d’Égypte où il a vécu et où il est décédé. C’est à son intention que le Rambam a écrit son Moré Nevoukhim. Philosophe et médecin, il a laissé une oeuvre du nom de Maamar be Mehouyay hametsihouth veéhouth sidour hadevarim miménou vehidouch haholam.

YOSSÈF, Mordekhaï d’Izbetsie 1801, 1854 I    I

Disciple de R’ Bounam et de R’ Mendel de Kotzk, il suivra une inspiration proche de ce dernier dans son ouvrage, Mél ha-Chiloâh.

YOSSÈF, Ibn Migache, (Ri Migache) I    I
né à Seville en 1077, mort en Espagne en 1141

fils de Méir ha-Léwi, talmudiste et enseignant, il étudie avec le Rif durant 14 années. Ce dernier, bien que son fils Yaâqov soit un sage éminent, désigne Ri Migache comme son successeur. À la tête de la renommée académie de Lucéna, Ri Migache enseigne à de nombreux élèves dont R’ Maimon, père du Rambam. Ayant assimilé l’enseignement de R’ Yossèf reçu de son père, R’ Maimon, Rambam le cite comme mon Maître alors qu’il avait six ans lors du décès de Ri Migache. Il rédige Chéélot ou Téchouvot HaRi Migash, responsa, ainsi que de nombreux commentaires sur le Talmoud, dont Baba Batra et Shevuos.

YOSSÈF, Ibn Lèv, (Mahari Ibn Lèv) I    I
né à Monastir en 1500, mort à Constantinople en 1580

Monastir ou Bitolj en Herzégovine (ex-Yougoslavie), fils de David, un des plus grands décisionnaires rabbiniques de la Turquie du 16ème siècle. Dayane à Salonique, d’un tempérament fougueux, prenant toujours la défense du pauvre et de l’opprimé, il se fait des ennemis mortels, surtout parmi les riches et les puissants qui se vengent de lui en faisant assassiner un de ses fils, âgé de 28 ans. Ce drame ayant été suivi de la noyade accidentelle de son fils cadet, il s’exile à Constantinople où il devient roche Yéchiva chez Dona Gracia Nassi. Il y finit ses jours.

ZACUT, Abraham I    I
né à Salamanque (Espagne) en 1440, décédé à Damas (Syrie) en 1515

(on prononce également son nom Zacuta); fils de Chemouèl, il est le descendant d’une famille renommée qui vint en Espagne après l’expulsion des Juifs de France en 1306. Son ancêtre, R’ Mochè Zacut, était le disciple de R’ Yéhouda ben Acher (descendant direct de Roche). R’ Abraham atteste que ses ancêtres résistèrent aux persécutions religieuses de Castille (en 1391) au service de D’ieu et de la Tora. Le renommé kabbaliste, R’ Abraham ben Eliezer Ha Lévi, auteur de Maamar Mesharei Kitrin, était son beau-frère. Disciple de son père et de R’ Yitzhaq Abohab II, il poursuit si bien des études de mathématiques et d’astronomie, qu’il est nommé professeur de l’Université de Salamanque. Ses tables d’astronomie sont considérées comme les plus avancées de son temps, et, au cours de ses voyages, sont utilisées par Christophe Colomb dont elles sauvent la vie pendant sa troisième expédition en Amérique. Les indiens d’Hispaniola, refusant de lui vendre de la nourriture, les tables prévoyant une éclipse de lune le 29 février 1504, Christophe Colomb les menaça de faire disparaître la lune. Après l’expulsion d’Espagne en 1492, R’ Abraham s’installe au Portugal où il est nommé astronome de la Cour du Roi Jean II, et de son successeur, Emmanuel I. C’est lui qui donne à Vasco de Gama, pour son fameux voyage aux Indes, ses toutes nouvelles tables d’astronomie améliorées. En 1497, les Juifs sont chassés du Portugal, et R’ Abraham fuit, cette fois, vers l’Afrique du Nord. Il arrive à Tunis où il rédige son oeuvre la plus importqnte, Sefer Yuchasin (1566), chronique sur l’histoire juive depuis la Création jusqu’à cette date. Il émigre ensuite en Turquie puis à Damas où il réside jusqu’à sa mort.

ZALMAN, Eliyahou, (Gaone de Vilna) I    I
né à Vilna en 1720, 1798

fils de Chélomo, connu aussi sous le pseudonime de Gra, l’une des plus importantes autorités du une des plus hautes autorités rabbiniques de l’époque moderne. Ses connaissances, dans le domaine du Talmoud comme dans celui de la Qabbale, étaient immenses. Il écrit peu d’ouvrages systématiques, mais ses disciples notent ses remarques sur la Bible, le Talmoud et les écrits sacrés. Opposé au hassidisme qu’il combat parce que, selon lui, ce mouvement accorde peu d’importance à l’étude. Ses ouvrages : Evène Chéléma, , renferme ses recommandations morales; Qol Èliyahou, , Commentaire sur la Bible et sur le livre de Iyob, Dévar Èliyahou, commentaire sur le Choulhane ÂroukhChémot Èliyahou; commentaire sur la Michena et sur Michelè.

ZEVIN, Chélomo Yossèf I    I
né à Kazimirov (Biélorussie) en 1890, décédé à Jérusalem en 1978

il étudie à la Yéchiva de Mir sous la direction de Rav Eliyahou Baroukh Kamai, puis à Bobrouïsk, auprès de Rav Chemaria Noah Schneerson. Dès l’âge de dix-huit ans, il entreprend une correspondance qu’il poursuit toute sa vie, avec les plus fameux gaonim du temps, tels que Rav Yossèf Rosen de Rogatchov ou Rav Yéhiel Mikhel Epstein de Slobodska. Il exerce, après son père, les fonctions de rabbin de Kazimirov, et oeuvre également dans plusieurs autres communautés de Russie. Jouant par ailleurs un rôle politique, il est élu au titre de représentant juif à l’Assemblée nationale ukrainienne. Après la révolution bolchevique, en dépit de la répression dont fait l’objet la vie juive religieuse, il poursuit ses activités de rabbin et obtient, en compagnie de Rav Yéhezkel Abnramsky, l’autorisation de publier Yagdil Tora, un manuscrit traitant de Tora, paru en 1928 mais très vite interdit. En 1934, il part s’installer en Èrets Yisraèl et publie abondamment un hebdomadaire de littérature halakhique contemporaine, des études critiques, divers essais sur l’application de la Halakha à tous les aspects de la vie moderne, et des enseignements relatifs au rituel des fêtes. Il conçoit en outre et entreprend la publication de la monumentale Encyclopédie talmudique qui rassemble, sous forme de notices, l’intégralité de la littérature talmudique. Sa contribution à la littérature halakhique et à la diffusion de ces récits hassidiques, dont il est le compilateur, est publiquement saluée en 1959 par l’attribution du Prix Israël pour la Littérature religieuse. Parallèlement à cette activité, Rav Zevin est membre du Grand Conseil Rabbinique d’Israël, et dispense chez lui des chiourim hebdomadaires. À sa mort à Jérusalem en 1978, il a su gagner l’estime et l’admiration générales.

ZIV Ziessel SimhI    I
né à Kelm en 1824, décédé en 1892

grand talmudiste, il est l’un des piliers de l’école du moussar, de la morale; à force d’avoir travaillé sa personnalité, jamais il ne perdait son calme. Excellent pédagogue, il lance le Talmud Tora de Kelm, qui sera l’un des bastions de l’étude du moussar. Suite à des démêlés avec les autorités, R’ Simha Ziessel change son nom de famille de Braude en Ziv, et transfère le Talmud Tora à Groubin où cette institution devient l’une des plus célèbres de Russie. R’ Simha Ziessel aura une influence prépondérante sur l’ensemble des cadres des Yéchivoth de son temps. En 1886, sa maladie ne lui permettant plus de diriger sa Yéchiva, il la ferme. Il est décédé quelques années plus tard.